Doriathrin - la langue maternelle de Lúthien

Doriathrin - la langue maternelle de Lúthien
par Helge K. Fauskanger*



Aussi appellé (dans LR:375) : Doriathric
Tout ce qu’on connait de la langue de Doriath c’est environ quatre-vingts mots qui se trouvent dans les Etymologies dans LR:347-400, plus un ou deux mots du chapitre 21 du Silmarillion. Pourtant, il fut un temps où c’était la langue parlée à la cour du Roi Thingol, qui régna sur le Beleriand pendant quatre mille années du Soleil et engendra « le plus beau des Enfants d’Ilúvatar qui fut ou ne sera jamais » (Silm. ch. 4). Le doriathrin devait être la langue maternelle de Lúthien Tinúviel. Lorsque plus tard elle apprit la langue natale humaine de Beren, celui-ci lui demande en effet pourquoi elle s’embarassait avec cela, « puisque sa propre langue était plus riche et plus belle » (PM:369).
Le doriathrin doit-il être considéré comme une langue elfique à part entière ou comme une forme de sindarin ? Les Etymologies furent écrites longtemps avant que Tolkien ne réalise enfin que la langue aux sonorités galloises de sa mythologie n’était pas la langue que les Noldor avaient importée avec eux de Valinor, comme il l’avait pensé pendant trente ans, mais la langue des Elfes Gris de la Terre du Milieu. Ainsi, tout à coup, le sindarin et le doriathrin furent amenés à être bien plus proches qu’auparavant. Le doriathrin en tant que langue distincte survécut-il à cette révision majeure ? Plus tard, Tolkien parle du « sindarin de Doriath » (PM:369). Mais dans le Silmarillion, incluant les parties qui furent révisées après que Tolkien eut complété le SdA, des noms et des phrases de doriathrin persistent : Mablung, Nauglamîr, Dagnir Glaurunga, Dior. Au moins en ce qui concerne ces noms, le doriathrin des Etymologies semble avoir perduré jusque dans la forme tardive de la mythologie. Peut-être que la langue doriathrine entrevue dans les Etymologies peut passer pour une forme archaïque de sindarin, bien qu’elle semble posséder certaines particularités qui lui soient propres et être différente de l’« Old Noldorin » (vieux noldorin, lire vieux sindarin) des Etymologies. Le doriathrin appartient clairement à la même branche de telerin commun qui conduit au sindarin, mais il semble qu’il ait formé sa propre branche bien avant que le gris-elfique classique ne fusse atteint, et il est moins différencié du telerin commun que le sindarin ne l’est. Mais ce qui distingue une langue à part entière d’un dialecte est souvent dicté par des facteurs extra-linguistiques. Peut-être que par décision politique, le doriathrin est-il une forme de sindarin, la langue des sujets de Thingol – bien que le roi méprisait le dialecte nordique du gris-elfique (PM:369,372).
La chanson de Lúthien dans The Lays of Beleriand p. 354 semble cependant être du pur sindarin. (Ici, une source post-SdA est reproduite). Pour cela et d’autres raisons, certaines personnes compétentes pensent que le doriathrin des Etymologies – qui est la langue dont il est question dans cet article – n’est plus une langue « valide » dans la mythologie tel que Tolkien âgé en vint à envisager son scénario linguistique. Selon ce point de vue, la langue de Doriath devrait maintenant être simplement considérée comme une variante particulièrement archaïque du sindarin que nous connaissons du SdA, et le doriathrin des Etymologies devrait en grande partie être écarté en tant que notion obsolète – à l’exception de quelques noms, donnés ci-dessus, que Tolkien transféra à l’évidence vers le sindarin lorsqu’il mit au rebut le doriathrin en tant que langue distincte. Aucune conclusion vraiment bien arrêtée ne peut être atteinte dans ce domaine (voir, cependant, l’entrée roth dans la liste de mots ci-dessous). La langue traitée ici fut au moins la langue de Doriath à une étape du scénario en perpétuelle évolution de Tolkien.
Un commentaire d’une source tardive sur la langue du Royaume Caché peut être cité ici : « Le parler de Doriath […] était, même à l’époque de Túrin, plus antique que ceux utilisés ailleurs. Une chose (comme l’observa Mîm) dont Túrin ne se débarrassa jamais, en dépit de ses griefs envers Doriath, fut le parler qu’il avait acquis durant son éducation là-bas. Bien qu’étant un Humain, il parlait comme un Elfe du Royaume Caché, ce qui est comme si un Homme devait apparaître maintenant, dont le parler et l’instruction reçus jusqu’à l’âge d’homme auraient été ceux de quelque pays reculé où l’anglais serait resté plus proche de celui de la cour d’Elisabeth I que d’Elisabeth II. » (WJ:312).

LA STRUCTURE DU DORIATHRIN
En ce qui concerne la structure du doriathrin, on peut noter ce qui suit : alors que le sindarin exprime les relations génitives uniquement par l’ordre des mots (Ennyn Durin « Portes [de] Durin »), le doriathrin préserve encore un génitif distinct en -a. On peut le voir dans l’inscription que des Elfes de Doriath gravèrent sur la pierre de la tombe de Túrin : Túrin Turambar Dagnir Glaurunga, « Túrin Turambar Fléau de Glaurung » (traduit dans l’index du Silmarillion). Selon Tolkien, le génitif sindarin sans désinence représente probablement des formes infléchies dans l’ancienne langue, aussi, à cet égard, un locuteur du sindarin normal trouverait effectivement le doriathrin archaïque.
Selon les Etymologies, racine NAUK, le « génitif [doriathrin] en -a(n) précédait » le mot qu’il gouverne. Le mot traité ici est Nauglamîr « le Collier des Nains », littéralement *« des Nains collier » 1 (naugla + mîr). Pourtant l’ordre des mots décrit ici ne peut pas être le seul possible ; cf. Dagnir Glaurunga.
La terminaison génitive plurielle était -ion, comme dans region « de houx » (aussi le nom Region). Cf. le quenya -ion comme dans Silmarillion « (histoire) des Silmarils ». Mais cette terminaison -ion pourrait avoir été réinterprétée comme une terminaison signifiant pays ou région ; cf. le sindarin Eregion.
Alors que le sindarin forme typiquement le pluriel des noms en changeant les voyelles dans le style anglais man/men ou goose/geese2, le doriathrin possède une terminaison plurielle -in. Les changements de voyelles en sindarin (comme en anglais) sont à l’origine un phénomène d’inflexion3 déclenché par une ancienne terminaison plurielle qui contenait la voyelle i, aussi, une fois de plus, le doriathrin peut être qualifié d’archaïque comparé au sindarin :
Eld « Elfe, Elda », pl. Eldin
orth « montagne », pl. orthin
roth « caverne », pl. rodhin (la qualité voisée de la consonne finale de la racine ROD est préservée intervocaliquement – peut-être le doriathrin ne permet-il pas les spirantes voisées en position finale).
urch « orque », pl. urchin
Il y a aussi regorn « houx », pl. regin (reg-orn est littéralement « houx-arbre », et la terminaison plurielle est directement suffixée à la racine reg « houx » ; cf. aussi le génitif pluriel region). Cette terminaison plurielle ne doit pas être confondue avec la terminaison adjectivale vue dans ngorthin « horrible » de ngorth « horreur » (variante -en dans lóm « écho », lómen « résonnant, retentissant »).
Le doriathrin ne semble pas posséder les inflexions caractéristiques du sindarin normal. Le i dans la syllabe finale d’urchin ne cause pas de changement du u en y par assimilation ; comparer au sindarin orch, pl. yrch (représentant des formes archaïques comme urkô, pl. urkî ou urkôi).
Cependant, les Etymologies suggèrent au moins que le doriathrin était semblable au sindarin à un égard. Parfois, des formes doubles sont inscrites dans les Etymologies : Dolmed et Ndolmed (le nom d’une montagne), gol et ngol « sage, magique », gold et ngold « Noldo », golo et ngolo « magie, science, savoir ». Les racines sont NDOL et NGOL, aussi les formes alternatives reflètent-elles la combinaison initiale originale. Peut-être que, comme en sindarin, la combinaison originale influence la forme utilisée après certaines particules ; cf. le sindarin golodh « Noldo », mais i ngolodh « le Noldo ». Pareillement, le doriathrin gold pourrait apparaître comme ngold dans certaines circonstances.
Un mot doriathrin soulève une question singulière : les Elfes de Doriath avaient-ils rejeté le système numérique duodécimal quendien (basé sur le nombre 12) en faveur d’un système décimal comme le notre ? Selon WJ:423, tous les Elfes, de tous temps, comptaient par douze ; pourtant le nom Menegroth est traduit « les Mille Cavernes » (selon LR:384 s.v. ROD les éléments sont meneg + roth, à l’évidence = « mille + caverne »). Mais dans le système duodécimal, le chiffre 1000 n’a rien de spécial. Il serait exprimé par 6-11-4 (c.-à-d. 6 x 144 + 11 x 12 + 4 x 1). Mille ne serait pas du tout un « chiffre rond ». Le premier nombre à quatre chiffres dans le système duodécimal est 1728 (12 x 12 x 12). Ce serait un « grand nombre » proverbial pour quelqu’un habitué à penser en termes duodécimaux, tout comme 1000 l’est pour nous. Se pourrait-il que la traduction de « Mille Cavernes » soit idiomatique et en fait inexacte, et que Menegroth signifie réellement « 1728 cavernes » ? S’il en est ainsi, la traduction correcte ne fonctionnerait pas en anglais4.
LISTE DE MOTS DORiATHRIN avec notes etymologiques
Note : les mots primitifs « reconstruits » par Tolkien lui-même sont donnés sans astérisque ici.
-a : terminaison génitive, vue dans Dagnir Glaurunga « Fléau de Glaurung ». La terminaison génitive de l’eldarin commun primitif était -hô > -ô, qui dérivait d’un « élément adverbial ancien » HO signifiant « loin, [venant, issu] de, parmi » (WJ:368). L’entrée correspondante dans les Etymologies bien plus anciennes semble être 3O (3Ô) « [venant, issu] de, loin, d’entre, parmi, hors de » (LR:360). Se pourrait-il que le -ô primitif soit devenu -a en doriathrin ? Il y a quelques mots d’ilkorin qui sembleraient présenter le même développement, et, tel que Tolkien imaginait les choses quand il écrivit les Etymologies, l’ilkorin et le doriathrin étaient étroitement apparentés (les deux possèdent la terminaison génitive –a). Dans la terminaison génitive plurielle -ion, l’élément « génitif » (< 3O ou HO) apparaît comme o ; voir -ion.
argad : « à l’extérieur de la clôture », l’extérieur, le dehors (LR:358 s.v. GAT(H), aussi LR:349 s.v. AR2). A Doriath, « la clôture » fait bien sûr référence à l’Anneau de Melian. Le préfixe ar- signifie « à l’extérieur, au dehors », dérivé de la racine AR2, elle-même non définie dans les Etymologies, mais l’appendice du Silmarillion donne ar- « en dehors, à côté ». Le second élément est gad « clôture, barrière » (q.v.).
argador : manifestement le nom doriathrin des terres à l’extérieur de Doriath (GAT(H), cf. ELED). Composé d’argad et dor (q.v.), d’où *« à l’extérieur-(de la) clôture-pays », *« pays extérieur ».
cwindor : « narrateur » (LR:366 s.v. KWET). C’est un mot douteux selon la conception tardive de Tolkien ; dans la branche d’eldarin à laquelle le doriathrin appartient, le KW primitif devint P très longtemps auparavant dans l’histoire linguistique elfique (WJ:375 cf. 407 note 5). Lire *pindor ? En tout cas, Tolkien précisa que cwindor vient de kwentro « narrateur », c.-à-d. une variante avec infixion nasale de la racine KWET- « dire » combinée avec la terminaison masculine/agentale -ro (cf. Dior issu de ndeuro). Le o dans cwindor se développa probablement pour éviter un groupement consonnantique final, puisque la forme en eldarin commun aurait été *kwentr après la perte du -o final court (et –a, -e). Dans notre petit corpus, seul ce mot nous fournit la preuve du changement nt > nd. Curieusement, ici le e devient i. Il semble que ce changement se produit devant des groupes de consonnes commençant par une nasale ; cf. nîw « nez », issu de NEÑ-WI (probablement via une forme intermédiaire *niñw- avant que le ñ soit perdu et le i allongé en î en compensation).
dagnir : *« tueur » (Silmarillion, fin du chapitre 21). Certains prétendent qu’il s’agirait de sindarin normal et ne devrait pas assimilé au doriathrin des Etymologies. Les éléments doivent clairement être rattachés aux racines NDAK « tuer, mettre à mort » (LR:375) et NDER, forme renforcée de DER, « homme » (LR:375). Comme en sindarin, les occlusives sourdes post-vocaliques deviennent sonores, d’où k > g dans NDAK > dag-. Nous aurions pu nous attendre à ce que NDER donne *dir, *ndir plutôt que nir ; peut-être que le nd original devient un n après une consonne au milieu d’un composé (et de même m, n pour mb et ng antérieurs ?).
dair : « ombre des arbres ». Dérivé d’une racine DAY « ombre » (LR:354) ; la forme primitive devait probablement être *dairê (cf. l’adjectif quenya laira « ombragé, ombreux », manifestement dérivé de *dairâ).
Dairon : nom propre = sindarin Daeron (LR:354 s.v. DAY). Le premier élément devrait évidemment être assimilé à dair ci-dessus ; le nom Dairon est en tout cas dérivé de la même racine. L’appendice du Simarillion, entée dae, définit cet élément comme « ombre » et note qu’il apparaît « peut-être » dans le sindarin Daeron. La terminaison masculine -on est bien attestée dans diverses langues eldarines ; Dairon pourrait représenter une forme primitive *Dairondo.
Denithor : « Denethor », nom masculin qui dans LR:188 est dérivé de ndani-thârô « sauveur des Dani » (= Nandor, Elfes Verts). Le second élément thârô « sauveur » ne peut être aisément rapproché d’un des éléments listés dans les Etymologies ; THAR « à travers, au-delà » (LR:392) semble incapable de produire le sens « sauveur », à moins qu’un thârô soit littéralement quelqu’un qui emmène quelque chose ou quelqu’un au-delà du danger. Thârô ressemble à une formation agentale primitive fréquente. En tout cas, des années plus tard, Tolkien fournit une étymologie tout à fait différente du nom Denethor ; dans WJ:412 (où aucune forme doriathrine n’est mentionnée) il est dit qu’il signifie « agile-et-maigre », de dene- « fin et fort, flexible, agile, souple », et thara- « grand (ou long) et mince, élancé ». (Ces éléments ne peuvent être rattachés à rien d’autre dans le corpus publié.)
Dior : « Successeur » (nom masc.). La forme primitive donnée est ndeuro, c.-à-d. la racine NDEW « suivre, venir derrière » + la terminaison masculine agentale -ro (plus souvent -rô). Le changement eu > io n’est attesté que dans ce mot. Il pourrait y avoir une forme alternative (dialectale ?) *Ndior avec l’occlusive nasale initiale originale nd intacte ; cf.Ndolmed à côté de Dolmed (le premier élément étant dérivé de la racine NDOL).
Dolmed : « Tête Mouillée » (nom d’une montagne ; aussi Ndolmed) (LR:376 s.v. NDOL, LR:373 s.v. MIZD). Noter que l’ordre des éléments dans le composé est réellement « Tête-Mouillée »5. Dol, ndol « tête » pourrait venir de *ndôla (d’où le quenya nóla) ou – plus probablement – de *ndolô, dont est dérivé le vieux sindarin ndolo. Concernant l’élément -med « mouillé », voir méd.
dôn : « arrière, dos » (nom). Un dérivé de la racine NDAN « arrière » (à l’évidence en tant que préposition plutôt que nom). On pourrait supposer que la forme primitive était *ndân- avec une voyelle finale perdue. Pour un autre exemple d’un â long devenant ô, cf. drôg « loup » dérivé de d’râk.
dor : « terre, pays », isolé à partir d’Argador, Eglador, Lómendor (q.v.). Dans les Etymologies, les mots eldarins pour « terre, pays » dérivent de la racine NDOR « demeurer, rester, se reposer, habiter » (LR:376). Aucun mot doriathrin n’est listé, mais dor devait avoir la même origine que le mot sindarin identique : la forme primitive ndorê. Noter, néanmoins, que des années plus tard Tolkien fit dériver les mots eldarins pour « terre, pays » d’une racine DORO « desséché, dur, ferme » (WJ:413). Cependant, cette source ultérieure confirme que la forme en quendien primitif était ndorê, dont on pense maintenant qu’elle était formée par l’enrichissement initial d > nd. Celle-ci est définie par « la terre ferme, sèche, par opposition à l’eau ou le marécage », développant ultérieurement le sens de « terre en général par opposition à la mer », et finalement aussi « une terre » en tant que région particulière, « avec des limites plus ou moins définies ». (Les frontières d’Eglador, c.-à-d. Doriath, étaient évidemment très bien définies par l’anneau de Melian.)
dorn : « chêne ». Derivé d’une racine DORÓN, simplement définie comme « chêne » ; le quenya norno et le sindarin doron indiquent tous deux une forme primitive *dorónô. Pour un autre exemple de doriathrin perdant à la fois la deuxième et troisième voyelles dans un mot de cette structure, cf. gold issu de ngolodô ; cf. aussi gald à partir de galadâ.
drôg : « loup ». Dérivé dans LR:354 d’une racine DARÁK, elle même non définie ; la forme primitive est donnée comme d’râk. Notre connaissance générale de la structure des mots primitifs, ainsi que le quenya ráca plutôt que **rák, suggère plutôt une forme primitive *d’râkâ. Mais la voyelle finale, si elle existât jamais, fut perdue en doriathrin, et le â fut arrondi pour produire ô (cf. dôn ci-dessus).
dunn : « noir ». Dérivé dans LR:355 d’une racine DUN « sombre, obscur (de couleur) » ; la forme primitive pourrait être *dunnâ avec la terminaison adjectivale -nâ (ou éventuellement la terminaison plus simple -â combinée avec la fortification médiale n > nn). Dans les Etymologies, le mot doriathrin dunn est aussi mentionné sous l’entrée ÑGOROTH, LR:377. L’adjectif (ou juste la racine) apparaît aussi comme un préfixe dun- dans dungorthin ; voir Nan Dungorthin.
durgul : « sorcellerie » (LR:377 s.v. ÑGOL). Le sens littéral est plutôt « savoir/magie noir(e) ». L’élément dur « sombre, obscur » n’est pas attesté ailleurs en doriathrin, mais comparer au sindarin dûr « sombre, obscur, morne », dérivé d’une racine DO3, DÔ (LR:354), non définie comme telle, mais ayant apparemment rapport avec la nuit. On doit présumer que dur dérive d’un adjectif *do3râ, *dôrâ (-râ étant une terminaison adjectivale fréquente). Le second élément, -gul, est dérivé d’une racine ÑGOL « sage, sagesse, être sage » (LR:377). A comparer avec le sindarin morgul – le doriathrin possède également mor(n)gul (q.v.), avec le même sens que durgul. Le second élément du sindarin morgul est commenté dans l’appendice du Silmarillion, à l’entrée gûl (à l’évidence basé sur le texte imprimé maintenant dans WJ:383) : « le mot sindarin [gûl] a vu son sens obscurci par son usage fréquent dans le mot composé ‘magie noire’. » Ce qui est manifestement la forme primitive de gûl est donnée dans PM:360 : ñgôlê, avec un allongement de la voyelle radicale et la terminaison -ê, souvent utilisé pour dériver des mots abstraits. – Il est probable que les deux éléments de durgul avaient des voyelles longues lorsqu’ils apparaissaient indépendamment : *dûr, *gûl, les voyelles préservant la quantité (mais pas la qualité) des ô des formes primitives *dôra et ngôlê. La voyelle de *dûr est apparemment raccourcie parce qu’elle est suivie par un groupe de consonnes dans ce composé, tandis que celle de *gûl l’est parce qu’elle n’est pas accentuée.
Eglador : « pays des Elfes », le nom doriathrin de Doriath (LR:356 s.v. ELED, aussi LR:358 s.v. GAT(H)). En ce qui concerne l’élément final, voir dor. L’élément egla- est le même que le quenya Elda, qui possède aussi un cognat doriathrin plus proche Eld (q.v.). Dans les Etymologies, Egla- et Eld- sont dérivés de la même racine ÉLED- « Peuple des Etoiles », qui doit clairement être considéré comme une forme étendue de la racine EL « étoile » (LR:355). Tolkien abandonna une étymologie plus ancienne qui associait plutôt ELED à LED « aller, voyager » (LR:368 cf. 356) ; ceci aurait identifié les Eldin (quenya Eldar) comme les Elfes qui s’embarquèrent dans la Grande Marche depuis Cuiviénen. Le doriathrin Eld était probablement censé descendre de *eledâ, tandis qu’egla- devait être dérivé d’*edelâ avec le d et le l transposé. Après la syncope6 du e médial, le d et le l furent en contact, et la séquence dl devint gl en doriathrin. Puisque les voyelles finales ne sont pas préservées en doriathrin, nous aurions pu nous attendre à ce qu’*edelâ donnât *egl plutôt qu’egla. Peut-être que le -a final fut préservé dans le mot composé Eglador parce qu’il n’était pas final ici, ou peut-être que le a est en fait la terminaison génitive doriathrine : *« Pays des Elfes ». Comparer à Nauglamîr *« collier des Nains », dont Tolkien affirma qu’il comprenait le -a génitif ; cf. aussi Goldamir « joyau-Noldo », Silmaril (le mot doriathrin pour Noldo étant gold, d’où *« Joyau de Noldo » (LR:375 s.v. NAUK, LR:377 s.v. ÑGOLOD).
el : « étoile », dérivé dans LR:355 d’une racine EL, simplement définie comme « étoile ». Selon WJ:360, la légende elfique dirait que les mots eldarins pour « étoile » doivent être rapprochés d’une exclamation primitive ele « voilà ! », « voyez ! » – censément ce que dirent les Elfes quand ils virent les étoiles pour la première fois (Cf. WJ:422). La forme primitive (en eldarin commun) est donnée dans WJ:360 comme êl.
[El-boron] : nom masc. (orthographié Elboron sans trait d’union dans LR:351 s.v. BARATH). Dans LR:353, El-boron est cité sous la racine BOR « endurer, supporter », mais ce nom fut rayé. Il était destiné à être le nom de l’un des fils de Dior, mais plus tard Tolkien appela plutôt le personnage en question Elrûn, qui devint finalement Elurín dans la version publiée du Silmarillion. Le premier élément d’El-boron est de toute évidence el « étoile » (q.v.) ; boron est apparemment la racine BOR avec la terminaison masculine -on, d’où « homme endurant/fidèle » : forme primitive *borondo.
Eld, pl. Eldin : « Elda, elfe » (ELED). Dans les Etymologies, ce nom dérivait d’une racine ÉLED « Peuple des Etoiles » (LR:356) ; voir Eglamar ci-dessus pour ce qui concerne la première étymologie d’Eld et des mots apparentés. Dans le scénario ultérieur de Tolkien, Eld descendrait d’eldâ, une formation adjectivale « associé ou se rapportant aux étoiles », dérivé d’ele (voir sous el) avec une fortification médiale l > ld et le -â adjectival (voir WJ:360). Ceci se réfère à l’histoire où « Oromë aimait les Quendi, et les nomma dans leur propre langue Eldar [véritable forme primitive Eldâi], le peuple des étoiles » – parce qu’il les trouva sous un ciel étoilé (Silmarillion ch. 3). Plus tard, ce mot ne fut plus appliqué à l’ensemble des Quendi, mais uniquement à ceux qui entamèrent la Marche pour Valinor, qu’ils y parviennent réellement ou non.
gad : « clôture, barrière », dérivé dans LR:358 d’une racine GAT(H) qui n’est elle-même pas définie ; d’autres dérivés, dans diverses langues, ont des sens comme « caverne, prison, cachot, souterrain ». On peut supposer que la forme primitive de gad était *gat- avec une voyelle finale perdue, mais comment une racine originellement en rapport avec les cavernes a-t-elle pu donner un mot pour « clôture » ? Devons nous supposer un développement sémantique « caverne » > « lieu dont on ne peut s’échapper » > « prison/cachot » > « région délimitée » > « région clôturée » > « clôture » ? Il doit être signalé que gad – et argad (q.v.) – sont des mots qui furent ajoutés à cette entrée après qu’elle fut écrite à l’origine ; suggèrent-ils un changement dans la conception de Tolkien ? Sous la même entrée, le sindarin/« noldorin » Doriath est interprété « Pays de la Caverne », l’élément final étant apparemment mis en adéquation avec le « noldorin » gath « caverne » (lénifié -ath). Plus tard, Tolkien interpréta Doriath comme « Pays de la Clôture » à la place, en référence à l’Anneau de Melian, le second élément étant alors assimilé à iâth, iath « clôture » (WJ:370, 378), mais ceci ne doit apparemment pas être associé avec cette entrée GAT(H).
galbreth < galdbreth : « hêtre ». Les Etymologies sont quelques peu ambiguës quant au statut de ce mot en doriathrin : LR:352 s.v. BERÉTH énonce que « le hêtre était appelé galdbreth […] en Falasse et neldor à Doriath » (voir neldor). Ici, galbreth semble être un mot falathrin plutôt que doriathrin. Cependant, l’entrée même où est donné le mot neldor (NEL, LR:376) affirme aussi que « le véritable nom Dor[iathrin] était galdbreth > galbreth ». La solution semble être que galbreth soit le véritable nom du hêtre à la fois en falathrin et en doriathrin et, qui plus est, le seul nom utilisé en falathrin, alors que le peuple de Doriath lui substituait habituellement le terme neldor – qui n’était pas tenu pour être le nom « correct » de cet arbre. Quel que soit le cas, galdbreth > galbreth comprend gald « arbre » (q.v. pour l’explication), tandis que l’élément final breth doit se référer à une racine BERÉTH (LR:352), non définie comme telle mais donnant uniquement des mots en rapport avec les hêtres. La forme primitive est donnée comme b’rethâ (vraisemblablement pour celle encore plus ancienne *beréthâ, avant la perte de la voyelle non accentuée) ; quand elle est utilisée pour former des noms, la terminaison -â désigne généralement des choses inanimées.
gald : « arbre » (LR:357 s.v. GALAD). Dans Letters:426, il est dit que la racine est GAL « pousser », intransitif, et dans UT:266, CLI 2:153 la forme primitive galadâ est définie par « grande croissance »7. Ce mot était utilisé pour les arbres massifs, tandis que les arbres plus fins étaient appelés ornê [doriathrin orn], bien que cette distinction ne fut pas maintenue de façon cohérente en quenya (langue dans laquelle les mots apparurent sous les formes alda et ornë) et fut totalement abandonnée en sindarin (galadh vs. orn, ce dernier était rare en tant que mot indépendant). Puisqu’il est dit que le doriathrin orn (q.v.) est utilisé particulièrement pour les hêtres (et pourrait indiquer n’importe quel arbre dans les composés), il se pourrait bien que Tolkien envisageait que gald ait acquis le même sens large que le quenya alda, et ne signifiait plus uniquement « arbre massif ». En effet, gal(d)breth est listé comme un nom du hêtre ; voir galbreth ci-dessus. – Dans les Etymologies, le quenya alda dérive d’une racine GALAD, simplement définie comme « arbre » (LR:357) ; celle-ci pourrait être envisagée comme une forme étendue de la racine GAL mentionnée dans Letters:426. Cependant, il est tentant de comparer la forme primitive galadâ issue de GAL avec ñgolodo « Noldo, (celui qui est) sage » issu de ÑGOL ; gala- pourrait être une forme d’ómataina8 de la racine GAL (avec la voyelle radicale suffixée), et -dâ pourrait être une terminaison comparable à la terminaison personnelle -dô dans ñgolodô, la terminaison -â se rapportant souvent à quelque chose d’inanimée tout comme la voyelle finale -ô indique très souvent un être (masculin) animé.
ganu : « mâle » (en tant que nom : un mâle, des Homme ou des Elfe, ou un animal mâle). Les voyelles finales sont rares en doriathrin, puisqu’elles furent abandonnées à un stade antérieur. Ceci pourrait ne pas être une véritable exception, puisque ce -u descend probablement d’une consonne : dans LR:360, ganu est dérivé d’une racine 3AN, simplement définie comme « mâle ». Si nous supposons un adjectif primitif *3anwâ « mâle » avec la terminaison adjectivale -wâ, bien attestée par ailleurs, celui-ci aurait pu produire *3anw, *ganw après la perte des voyelles finales, la semi-voyelle finale devenant alors une voyelle pleine -u (comparer à gelu ci-dessous). Il est intéressant de noter que cette dérivation impliquerait que ganu ne soit pas vraiment le cognat direct du quenya hanu du même sens ; hanu descendrait de *3anû avec la terminaison masculine -û, mais cela aurait sans doute donné *gan en doriathrin. Il semble que le sens de ganu ait glissé de l’adjectif (*3anwâ) vers le nom. – Dans le scénario des Etymologies, l’initiale primitive -3 (la spirante vélaire voisée, gh) devient g en doriathrin/ilkorin et en nandorin (danien). Comparer à garm, garth, gell, gelu ci-dessous. Dans des sources ultérieures, Tolkien reconstruisit la version primitive du son en question comme un h plutôt que 3 ; par exemple, le quenya ho, hó- « (venant) de » est dérivé d’une racine HO dans WJ:368, alors que le même mot était dérivé de 3O, 3Ô dans les Etymologies (voir LR:360). Tolkien, dans une source tardive, affirma que le h du quendien primitif « ne survécut que dans les dialectes d’Aman » (WJ:365), jetant ainsi un doute considérable sur la validité de ces formes doriathrines, ilkorines et nandorines dans son scénario ultérieur. Si ces mots doivent être acceptés, nous devrions assumer que Tolkien signifiait que le h du quendien primitif survécut en tant que H uniquement dans les dialectes d’Aman (tandis qu’il fut perdu ou changé en un son tout à fait différent, fusionnant avec un autre phonème, dans les langues non-amanyennes !).
garm : « loup ». A l’origine, dans LR:360, dérivé d’une racine non définie 3ARAM. D’autres formes données – telles que le sindarin garaf et le quenya harma – semblent indiquer une forme primitive *3aramâ. Cependant Tolkien supprima l’entrée 3ARAM ; il voulait sans doute éviter le conflit avec le quenya harma « trésor ». Néanmoins, le mot doriathrin garm réapparut dans LR:377, dérivant alors d’une racine ÑGAR(A)M. Cette racine n’est pas définie (tous ses dérivés signifient « loup »), bien que dans une origine lointaine elle pourrait être rattachée à ÑGAW « hurler » (LR:377), si ces deux racines sont des élaborations d’un élément très ancien *ÑGA. Alors que les mots doriathrin et sindarin garm et garaf restèrent les mêmes, le mot quenya est maintenant ñarmo, éliminant le conflit avec harma et indiquant une forme primitive *ñgaramô. La terminaison -ô dénote souvent un être animé, cf. par exemple morókô « ours » (LR:374 s.v. MORÓK). – Il est possible que le doriathrin garm ait une forme alternative *ngarm conservant l’occlusive nasale initiale d’origine ; cf. par exemple ngold en plus de gold (forme primitive ñgolodô).
garth : « royaume ». Dans LR:360, dérivé d’une racine 3AR « avoir, tenir », un royaume étant quelque chose qui est « tenu » ou possédé par un roi. Le cognat sindarin/« noldorin » est ardh ; ces deux mots suggèrent une forme primitive *3ard- avec une voyelle finale perdue (*3ardâ ?). Le groupe rd survint probablement par une fortification médiale r > rd, à moins que nous devions supposer une terminaison plus longue -dâ. Il semble qu’en doriathrin, le rd devint rdh, changé en -rth en position finale ; la forme pluriel de garth est probablement *gardhin plutôt que *garthin. Comparer à roth « caverne », pl. rodhin au lieu de **rothin, parce que la racine originale était ROD. La forme gardh- (garð-) apparaît réellement dans le mot composé garð-thurian « Royaume Caché » (lit.9) cité dans LR:393 s.v. THUR (il y est dit que le mot est ilkorin, mais il semble que Tolkien inclut parfois aussi le doriathrin sous cette appelation). Cela semble suggérer que garð- serait la forme normale de garth dans un composé, bien que dans ce cas le ð se fondit simplement avec le th suivant.
Garthurian : « Royaume Clôturé » (LR:360 s.v. 3AR) ou « Royaume Caché » (LR:393 s.v. THUR), un nom de Doriath. Comme indiqué ci-dessus, LR:393 indique que Garthurian est un mot composé de garth, gardh- « royaume » et d’un élément thurian « caché ». Ce dernier est manifestement une sorte de participe passé basé sur la racine THUR-, définie comme « entourer, cerner, clôturer, écarter, entourer d’une haie, cacher ». Pour expliquer la terminaison -ian nous devons sans doute supposer l’existence d’un verbe primitif *thurjâ- avec une terminaison verbale bien attestée (donnant le quenya -ya) ; à ce verbe la terminaison primitive adjectivale/participe passé -nâ a été ajoutée pour produire *thurjânâ, ce qui apparaitraît probablement sous la forme thurian en doriathrin.
gell : « ciel ». Dérivé d’une racine 3EL, simplement définie comme « ciel » (LR:360), dont il est dit qu’elle fut confondue avec EL « étoile » (cf. LR:355). Le cognat quenya hellë suggère que gell descende de *3ellê, une forme montrant une fortification médiale l > ll ; la terminaison -ê peut avoir le même sens « local » que dans ndorê « terre, pays » (voir dor).
gelu : « ciel-bleu ». Dérivé de le même racine 3EL « ciel » que gell ci-dessus ; le -u final démontre l’existence d’une terminaison adjectivale antérieure -wâ, le w devenant u après la perte de la voyelle finale : *3elwâ > *3elw > gelu. Comparer à hedhu issu de khithwa et ganu dérivé de *3anwâ. Le quenya helwa « bleu pâle » semble confirmer que gelu doive dériver de *3elwa.
gôl : « sage, magique » (aussi ngol, conservant l’occlusive nasale initiale d’origine). Dérivé d’une racine ÑGOL « sage, sagesse, être sage » (LR:377). Gôl est évidemment un cognat du quenya ñóla « sage, érudit » ; cela signifie clairement que la forme primitive était *ñgôlâ avec l’allongement de la voyelle radicale et la terminaison adjectivale fréquente -â suffixée. (On ne sait pas exactement pourquoi la voyelle ô est devenue courte dans la forme alternative ngol). Selon les Etymologies, gôl (non accentué -gol) est le second élément dans le nom composé Thingol (q.v.).
gold : « Noldo » (aussi ngold). (LR:377 s.v. ÑGOL). La forme primitive donnée est dans PM:360 et WJ:383 comme étant ñgolodô (MR:350 : ngolodô), dérivée de la racine mentionnée ci-dessus ÑGOL « sage, sagesse, être sage » (ainsi définie dans LR:377) ou « connaissance, sagesse, savoir » (WJ:383). La forme ñgolodô montre le redoublement de la voyelle radicale (ómataina) et la terminaison masculine des êtres animés -dô. Le nom de clan Noldor [doriathrin *Goldin] signifiait « maîtres du savoir » (MR:350) ou « les Sages » (WJ:383) (« mais sage dans le sens de ceux qui possèdent la connaissance, non dans le sens de ceux qui possèdent la sagacité ou un jugement sûr » – Index du Silmarillion, entrée Noldor).
Goldamir : « Joyau noldo » = Silmaril (LR:377 s.v. ÑGOL). Golda semblerait être le génitif de gold « Noldo » (q.v.) ; pour un autre exemple de génitif dans un mot composé, voir Nauglamîr (et probablement Eglador). Pour le second élément, voir mîr, mir.
golo : « magie, savoir » (aussi ngolo). Manifestement dérivé de la même racine ÑGOL que gold, ngol (q.v.). Ce mot était apparemment le cognat du quenya ñolwe « sagesse, savoir secret » (LR:377). La forme primitive serait *ñgolwê, -wê étant une terminaison abstraite. Le développement serait *ñgolwê > *ñgolwe > *ñgolw > *ñgolu > ngolo (> golo). Etrangement, le -w apparaît comme -u dans d’autres cas, tel que gelu (< *3elw < *3elwa) ; voir aussi ganu, hedhu. Devons nous supposer que le -wê original produit -o, tandis que le -wâ donne -u ? Cela est difficile à justifier en termes de phonologie diachronique10.
hedhu : (orthographié heðu dans la source) « brumeux, obscur, vague ». Dans LR:364, ce mot est dérivé de la racine KHITH (variante KHIS), définie comme « brume, brouillard ». La forme primitive est donnée comme khithwa (vraisemblablement *khithwâ au stade le plus ancien). La terminaison -wa, -wâ est adjectivale, cf. par exemple narwâ « rouge ardent, rouge feu » dérivé de la racine NAR1- « flamme, feu ». Dans hedhu, le -â final est perdu et le w qui précède s’est changé en une voyelle pleine u ; voir gelu et évidemment ganu pour d’autres exemples de ceci. La voyelle finale-â a manifestement infléchit le i en e avant qu’il soit perdu ; comparer à méd dérivé de mizdâ. Le kh initial devient h, comme en quenya et sindarin ; hedhu est notre seul exemple doriathrin à ce sujet. Le changement du th post-vocalique en son équivalent voisé dh n’est pas universel, comparer par exemple avec umboth « grande mare » issu de MBOTH. Peut-être que le th de khithwa devint voisé au contact du w suivant avant que cette consonne voisée ne se change en voyelle, le -u de hedhu. (Comme le nom Luthien le démontre, le fait que le th intervocalique devienne régulièrement dh en doriathrin ne peut être la solution).
-ion : semblerait être la terminaison génitive pluriel, cf. region « de houx ». Le quenya a la même terminaison ; dans cette langue elle représente la terminaison -i + o marque du génitif + n autre marque du pluriel. Voir WJ:368, 407 ; cf. LR:360 s.v. 3O. Nous pourrions supposer que la terminaison doriathrine a plus ou moins la même étymologie. Voir aussi -a (la terminaison du génitif singulier).
istel, istil : « lumière argentée », dont on dit que le mot était « appliqué par les Ilkorins à la lumière des étoiles, sans doute une forme Q[uenya] apprise de Melian » (LR:385 s.v. SIL). Bien que la racine soit donnée comme SIL « briller d’argent », la dérivation est tout à fait remarquable. Le s initial de la racine semble être renforcé en st (dans VT 39:9, il est dit que Fëanor cita des exemples de renforcement initial mettant en cause « les relations entre st- et s- initiaux »). La racine variante *STIL qui en résulte produit évidemment istil au moyen du « préfixe intensif i », qui est utilisé « là où i est la voyelle radicale » (LR:361 s.v. I-). Istel semble être une simple variante ; peut-être que le second i devient un e par dissimilation du premier.
laur : « or ». Dérivé dans LR:368 d’une racine LÁWAR (LR:368) ; la forme primitive est donnée comme laurê. La terminaison -ê indique parfois les substances, cf. des mots primitifs comme srawê « chair » ou rossê « rosée, pluie fine » (MR:350, Letters:282). Il semble que laurê, d’où vient le quenya laurë, se rapporte correctement à la lumière dorée plutôt qu’à l’or en tant que métal (qui est malta en quenya, peut-être *malt ou *malth en doriathrin).
líw : « poisson », dérivé dans LR:369 d’une racine LIW, elle même non définie. Une forme primitive est donnée comme liñwi, montrant un infixe nasal ; le ñ a été abandonné dans le dérivé doriathrin, mais la voyelle précédente a apparemment été allongée en compensation. (Comparer à nîw « nez » issu de neñ-wi).
lóm : « écho », dérivé dans LR:367 d’une racine LAM, où elle n’est pas définie, mais cf. WJ:416 : « LAMA […] se rapporte aux sons, particulièrement aux sons vocaux, mais n’était appliqué qu’à ceux qui étaient confus ou inarticulés » (LAMA = LAM avec ómataina, la voyelle radicale suffixée). Le cognat quenya de lóm, láma, indique clairement une forme primitive *lâmâ. Pour un autre exemple d’un â long devenant ó en doriathrin, cf. drôg « loup » dérivé de d’râk.
lómen : « résonnant, retentissant » (aussi lómin). Dérivé de la même racine que lóm ci-dessus (ou peut-être plutôt du nom *lâmâ lui-même, puisque le ó doit descendre d’un â long), la forme primitive étant à l’évidence *lâminâ (cf. le quenya lámina). La terminaison adjectivale -inâ, apparemment une forme plus longue de la terminaison très fréquente -nâ, est « reconstruite » par Tolkien dans quelques adjectifs (ex. smalinâ « jaune », LR:386 s.v. SMAL). En doriathrin, la terminaison -inâ devient -en ; la voyelle finale originale a infléchit le i qui précède en e avant qu’elle ne soit perdue (pour un autre exemple d’inflexion en A produisant E à partir de I, cf. méd « humide, mouillé » à partir de mizdâ). L’adjectif lómen est aussi attesté dans le mot composé Lómendor *« Pays Résonnant », cf. aussi la variante lómin (lâmina avec le -a court final qui disparut avant qu’il ne puisse infléchir le i en e ?) dans Lóminorthin *« Montagnes Résonnantes » (LR:367 s.v. LAM, ainsi que LR:358 s.v. GLAM ; voir dor, orth pour des discussions sur les éléments finaux dans ces composés).
luin : « pâle ». La forme primitive est donnée comme lugni « bleu », c.-à-d. la racine LUG2 (LR:370, non définie) avec une terminaison -ni non attestée ailleurs, bien quel le -i soit une terminaison apparaissant dans de nombreux adjectifs de couleurs primitifs. Remarquer comment le g devant une autre consonne devient i et produit une diphtongue avec la voyelle précédente. (Lorsque dagnir, q.v., ne devient pas **dainir, c’est à l’évidence parce que ce g n’est pas original, mais provient d’un k : racine NDAK, LR:375. Cf. le fait que Tolkien changea Luithien en Lúthien, réalisant/décidant que le uk dans la forme primitive luktiênê ne devenait pas ui).
lung : « lourd » (cf. Mablung « main lourde »). Dans LR:370, dérivé de la racine LUG1, elle même non définie, mais la forme primitive de cet adjectif est donnée comme lungâ, montrant un infixe nasal et le -â adjectival. Nous aurions pu penser que le -â final original aurait causé une inflexion, de sorte que la forme doriathrin aurait plutôt été *long ; comparer à lost issu de *lustâ (voir Mablost). Des exemples de l’ilkorin suggèrent que devant un groupement de consonnes commençant par une nasale, l’inflexion n’a pas lieu, ce qui semble être également le cas en doriathrin.
luth : « magie »?, « charme, sortilège »? (aucune glose n’est donné en rapport avec le nom Luthien « enchanteresse »). Dérivé dans LR:370 d’une racine LUK « magie, enchantement » ; nous devons probablement supposer une forme primitive *lukt- avec une voyelle finale perdue (le quenya luhta- « enchanter, charmer, ensorceler » doit venir de *luktâ-).
Luthien : « enchanteresse », Lúthien (forme doriathrine changée par Tolkien à partir de Luithien ; voir luin ci-dessus à propos de cette forme alternative). Dérivé d’une racine LUK « magie, enchantement » (LR:370) ; la forme primitive est donnée comme étant luktiênê. La terminaison -nê est évidemment la contrepartie féminine du masculin -nô, tandis que luktiê pourrait être une formation abstraite *« enchantement » basé sur un verbe *luktâ- « enchanter » (voir luth ci-dessus). Luktiênê pourrait donc signifier littéralement « enchantement-femme », d’où « enchanteresse ».
mab : « main », dans LR:371, dérivé d’une racine MAP- « empoigner, saisir » ; la forme primitive est donnée comme mapâ. Quand la terminaison -â est utilisée pour dériver des noms, elle dénote typiquement des choses inanimées.
Mablung : « Main Lourde » (nom masc., l’ordre des éléments est réellement *« Main lourde »11). Mentionné dans LR:370 sous la racine LUG1 ; composé de mab et lung (q.v.).
Mablost : « Main Vide » (nom de Beren qui revint à Doriath sans le Silmaril ; sindarin Camlost). Dans les Etymologies, le mot Mablost est mentionné sous l’entrée de la racine KAB « creux » (LR:361), mais alors que cette racine est à propos pour le premier élément du sindarin Camlost, elle n’a rien à voir avec le mot doriathrin. Mablost est clairement un composé de mab « main » (q.v.) et d’un adjectif lost « vide », se référant évidemment à la racine LUS (elle-même non définie, LR:370), d’où vient le mot quenya lusta « vide ». Cet adjectif haut-elfique implique une forme primitive *lustâ. Le u original est devenu o en doriathrin, ce qui est facilement expliqué comme étant le résultat d’une inflexion causée par le -â final original avant qu’il ne soit perdu (mais voir lung).
méd : « humide, mouillé », aussi -med dans Dolmed. Dans LR:373, méd est dérivé d’une racine MIZD qui n’est pas définie, mais Christopher Tolkien est incontestablement dans le vrai en observant que les racines MISK (produisant des mots pour « humide, mouillé ») et MITH (donnant des mots pour « brume humide » et « gris ») sont probablement apparentées à MIZD. La forme primitive de méd est donnée comme mizdâ, le suffixe -â étant une terminaison adjectivale très courante. Le z est abandonné dans le mot doriathrin, mais la voyelle précédente est apparemment allongée en compensation. Remarquer que le z disparut à l’évidence après que le d post-vocalique se changea en dh (cf. par exemple radhon « est, orient » à partir de la racine RAD), ou sinon mizdâ serait plutôt devenu **médh. Non seulement la quantité de la voyelle radicale change, mais aussi sa qualité, i devenant é. Ceci est à l’évidence dû à une inflexion causée par le -â final original ; comparer à hedhu à partir de khithwa et mettre en contraste avec míd dérivé de mizdê, où la qualité de la voyelle radicale n’a pas changé (puisque -ê ne cause pas d’inflexion).
meneg : « mille » (?) (isolé de Menegroth, q.v. pour la référence). En ce qui concerne les problèmes avec meneg signifiant « mille » si les Elfes utilisaient un système duodécimal, voir l’article principal ci-dessus. On devrait normalement s’attendre à ce que l’élément meneg descende d’une forme comme *menekê (voyelle finale incertaine), mais aucune racine qui aurait pu produire un tel mot avec un tel sens n’est connue. La racine MEN donnant des mots pour « lieu, place, endroit » (LR:372), est probablement tout à fait hors de propos.
Menegroth : « les mille cavernes » (?). Inscrit dans LR:384 sous ROD, composé de meneg et roth (q.v.).
míd : « humidité ». Dérivé d’une racine MIZD (LR:373) ; voir méd pour davantage d’explications sur cette base. La forme primitive est donnée comme mizdê ; la terminaison -ê indique parfois les substances (voir laur pour des exemples).
mîr, mir : « joyau, objet précieux » (isolé de Nauglamîr et Goldamir, q.v.). Le quenya et l’ancien sindarin mírë indiquent une forme primitive *mîrê ; la racine MIR listée dans LR:373 n’est pas définie comme telle.
morngul, morgul : « sorcellerie » (LR:377 s.v. ÑGOL). Pour une discussion du second élément gul, voir durgul. Le sens littéral de mor(n)gul est clairement « sombre savoir », « magie noire ». L’élément morn- dérive manifestement de la racine elfique bien connue pour « sombre, noir », MOR (Letters:382, non définie dans LR:373). Un mot sindarin morn « noir » est cité dans LR:373 s.v. MOR (dans la version publiée de LR, morn est erronément donné comme « moru », une erreur de lecture). Le cognat quenya morna implique une forme primitive mornâ avec la terminaison adjectivale fréquente -nâ, et cette forme primitive est réellement « reconstruite » par Tolkien lui-même dans Letters:382. Morngul eut, à l’évidence, tendance à devenir morgul ; cf. Letters:427, où Tolkien explique que le sindarin Borgil représente born « chaud, rouge » + gil « étoile » – « le groupe tri consonantique étant alors réduit en rg ». Des réductions similaires avaient manifestement lieu en doriathrin.
moth : « mare, étang » (comparer avec umboth). Dérivé d’une racine MBOTH, elle même non définie (LR:373). Le quenya motto et le sindarin both impliquent tous deux une forme primitive *mbottô ; il semble qu’en doriathrin, comme en sindarin, le tt primitif devienne th. Cependant, il est surprenant que le mb initial donne m plutôt que **b. Puisque nd- produit d- (comme dôn à partir de *ndân-) et ng- donne g- (comme dans garm à partir de *ñgaramô), nous aurions pu nous attendre à ce que le mb soit désanalisé. Au lieu de cela, c’est l’occlusive b qui est absorbé par la nasale.
muil : « crépuscule, ombre, imprécision ». Dérivé dans LR:374 d’une racine MUY, non définie comme telle ; les dérivés tournent autour de concepts tels que caché, voilé, secret. Muil est manifestement le cognat du quenya muilë « discretion », indiquant une forme primitive *muilê. La terminaison -lê est typiquement abstraite, aussi « imprécision » est probablement le terme qui reflète le mieux le sens original ; « crépuscule » et « ombre » sont des applications plus concrètes de l’abstraction sous-jacente.
muilin : « voilé » (dans Umboth Muilin « Mare/Etang Voilé », q.v. pour la référence). Adjectif dérivé du nom muil (voir ci-dessus), la forme primitive est probablement *muilina. La terminaison adjectivale -in est aussi attestée dans lómin (variante de lómen, q.v.) et dans ngorthin (q.v.).
Nan Dungorthin, Nandungorthin : « Vallée de l’Horreur Noire » (LR:355 s.v. DUN, LR:374 s.v. NAD). Nan « vallée » n’est à l’évidence qu’une variante plus courte de nand (q.v.). Dungorthin est ngorthin « horrible » (q.v. pour davantage d’explications) avec le préfixe dun- « noir » ; voir dunn. Remarquer que dungorthin semble être à proprement parler un adjectif ; le sens littéral de Nan Dungorthin serait *« Vallée Noire-Horrible », non pas « Vallée de l’Horreur Noire ».
nand : « champ, vallée », à l'évidence un équivalent de la forme plus courte nan « vallée » dans Nan Dungorthin (voir ci-dessus). Tous deux sont dérivés de la racine non définie NAD listée dans LR:374 ; le quenya nanda « pré inondé » semble indiquer une forme primitive *nandâ avec un infixe nasal et la terminaison -â, indiquant manifestement ici simplement quelque chose d’inanimé.
nass : « tissu ». Dérivé dans LR:375 d’une racine NAT « lacer, tisser, nouer », qui est comparée à NUT « nouer, attacher » (LR:378). Le quenya natsë implique une forme primitive *natsê.
naugol : « nain » (naugl- quand une terminaison y est ajoutée, comme le génitif naugla dans Nauglamîr, q.v.). Dérivé dans LR:375 d’une racine NAUK, changée en NÁWAK ; ces racines n’étant pas définies en tant que telles. Bien des années plus tard, Tolkien fit dériver le quenya nauco « nain » d’une racine NUKU « nain, rabougri, qui n’a pas atteint sa pleine croissance ou réalisation, qui fait défaut à certains critères ou normes »12 (WJ:413) ; le NAUK des Etymologies peut passer pour une version de cette racine avec un A infixé. Il est dit (dans LR:375) que naugol est une forme diminutive, et nous devons probablement supposer une forme primitive *naukle. Pour une terminaison diminutive -le, comparer à nen-le « ruisseau » à partir de la racine NEN se référant à l’eau (LR:376) ; le sens littéral serait quelque chose comme *« petite eau ». Cf. aussi la terminaison diminutive -llë dans le quenya ñandellë « petite harpe » (LR:377 s.v. ÑGAN/ÑGANAD, cf. ñandë « harpe »). *Naukle deviendrait *naukl en eldarin commun, le l étant probablement syllabique ; plus tard une voyelle o se développa devant lui. Des développements similaires sont bien attestés en sindarin. Quand le l ne constitue pas une syllabe à lui tout seul, comme dans le génitif naugla, aucune voyelle supplémentaire n’était insérée devant lui.
Nauglamîr : « Le Collier des Nains », littéralement *« des Nains-trésor/joyau ». (LR:375 s.v. NAUK). Naugla est le génitif de naugol « nain » (q.v.). En ce qui concerne le second élément, voir mîr, mir.
Ndolmed : « Tête Mouillée » (nom d’une montagne, aussi Dolmed, q.v. pour l’étymologie) (LR:376 s.v. NDOL).
neldor : « hêtre » ; cf. Neldoreth, le nom d’une forêt (LR:376 s.v. NEL, NEL-ED ; LR:352 s.v. BERÉTH). Le premier élément, neld, signifie « trois », un mot qui n’est pas attesté indépendamment (mais le quenya neldë et le sindarin neledh indiquent tous deux une forme primitive *neledê, qui produirait neld en doriathrin). Tolkien suggère (dans LR:376) que neldor soit un composé de neld et orn, c.-à-d. « trois » et « arbre » (voir orn) ; cela se référerait correctement au « grand hêtre à trois troncs de Thingol » = le Hirilorn où Lúthien fut emprisonnée. Le nom Neldoreth semble aussi faire allusion correctement/originellement à cet arbre unique. La terminaison -eth pourrait représenter la terminaison féminine -ittâ mentionnée dans PM:345 (il y est dit qu’elle était à l’origine de la terminaison sindarine -eth).
ngol : « sage, magique » (LR:377 s.v. ÑGOL). Aussi gôl, q.v. pour la discussion.
ngold : « Noldo » (LR:377 s.v. ÑGOL). Aussi gold, q.v. pour la discussion.
ngolo : « magie, savoir » (LR:377 s.v. ÑGOL). Aussi golo, q.v. pour la discussion.
ngorth : « horreur », dérivé dans LR:377 de la racine ÑGOROTH, aussi définie comme « horreur ». Le mot sindarin correspondant listé là, goroth, implique une forme primitive *ñgoroth-, avec sans doute une voyelle finale qui fut perdue plus tard. (Cependant, dans une source ultérieure, Tolkien donne le mot sindarin comme gorth et le dérive de la racine ÑGUR « horreur » : WJ:415. Si nous supposons une forme primitive *ñgurtâ, celle-ci pourrait toujours produire ngorth en doriathrin, bien qu’elle ne puisse devenir goroth en sindarin). Ngorth a sans doute une forme alternative *gorth, l’occlusive initiale originale étant désanalisée ; cf. des doubles formes tells que ngold / gold.
ngorthin : « horrible » (ÑGOROTH). Apparemment censé être dérivé de *ngorothina ; la terminaison adjectivale -ina se rencontre dans de nombreuses « formes reconstruites », telles que ngolwina « sage, érudit dans les arts profonds » (LR:377 s.v. ÑGOL). Avec le préfixe dun- « noir » dans dungorthin, voir Nan Dungorthin.
nivon : « en avant, ouest ». Dérivé de la racine NIB « face, front, devant » (LR:378 ; ce mot est également listé sous la racine RAD, LR:382). La terminaison -on (forme primitive -ondo) est habituellement masculine dans les langues eldarines, mais ici elle semble être simplement nominale. Certains composés ne laissent apparaître que le préfixe niv- pour « ouest », cf. Nivrim, Nivrost. En ce qui concerne la sémantique impliquée dans la dérivation d’un mot pour « ouest » à partir d’une racine signifiant « face, front, devant », comparer avec l’appendice E du SdA : « [les directions] O, S, E, N […] étaient, dans les Terres Occidentales, nommées dans cet ordre, en commençant par l’ouest, et en se tenant face à lui. »
Nivrim : « Marche de l’Ouest », une région de Doriath (LR:378 s.v. NIB, LR:383 s.v. RÎ). Littéralement *« Frontière Ouest », c.-à.d. rim « limite, bord, frontière » (q.v.) avec le préfixe niv- « ouest » ; voir nivon.
Nivrost : « Vallée de l’Ouest » (LR:378 s.v. NIB, LR:384 s.v. ROS2), c.-à-d. rost (q.v.) avec le préfixe niv- « ouest » ; voir nivon.
nîw : « nez ». Dérivé dans LR:376 de NEÑ-WI, apparemment une racine NEÑ avec un suffixe que l’on ne trouve nulle part ailleurs. NEÑ-WI est simplement défini comme « nez ». Le ñ est abandonné dans le mot doriathrin, mais la voyelle précédente est apparemment allongée en compensation ; comparer à lîw « poisson » issu de liñwi. La voyelle originale e devient ici i. Ce changement fut probablement déclenché par la nasale suivante ñ, avant qu’elle ne soit perdue ; comparer avec kwentaro produisant cwindor (dans ce cas, la nasale suivant le e persiste).
orn : « haut arbre » (particulièrement = hêtre, mais en tant qu’élément final dans un mot composé = n’importe quel arbre) (LR:379 s.v. ORO, OR-NI). La racine ORO est en rapport avec des concepts tels que « en haut, vers le haut ; lever ; haut, grand » ; elle est comparée à RÔ « se lever » (LR:384; cf. le quenya Rómen « est », c.-à-d. la direction où le Soleil se lève). Il semble que dans les Etymologies, Tolkien envisagea la forme primitive de orn comme étant *orni. (ÓR-NI, LR:379). Cependant, UT:266, CLI 2:153 donne la forme primitive ornê. Remarquer que orn est défini comme « haut arbre » : UT:266, CLI 2:153 confirme que ce mot s’appliquait essentiellement aux arbres élancés, tandis que les arbres plus massifs et de grande envergure étaient appelés galadâ « grande croissance » (doriathrin gald).
orth : « montagne », pl. orthin. Dérivé dans LR:379 de la même racine ORO que orn (voir ci-dessus) ; une forme allongée ÓROT « hauteur, montagne » est aussi listée, et orth pourrait se référer à quelque chose comme *orotô (cf. le vieux sindarin oroto). Quand le r et le t se retrouvèrent en contact après la syncope13, le groupe rt en résultant devint rth (comme en sindarin – toute occlusive sourde pourrait produire cela après les liquides14 r, l : cf. UT:265, CLI 2:150, note de bas de page). – Le pluriel orthin apparaît aussi dans Lóminorthin *« Montagnes Résonnantes » (LR:367 s.v. LAM) ; voir lómen.
radhon : « est », dérivé dans LR :382 d’une racine RAD « dos, arrière, retour ». La terminaison -on (forme primitive -ondo) est habituellement masculine dans les langues eldarines, mais ici elle semble être simplement nominale. Certains composés ne laissent apparaître que le préfixe radh- pour « est », cf. Radhrim, Radhrost. En ce qui concerne la sémantique impliquée dans la dérivation d’un mot pour « est » à partir de d’une racine signifiant « dos, arrière », comparer avec l’appendice E du SdA : « [les directions] O, S, E, N […] étaient, dans les Terres Occidentales, nommées dans cet ordre, en commençant par l’ouest, et en se tenant face à lui. » – et donc avec le dos à l’est.
Radhrim : « Marche de l’Est », une région de Doriath (LR:382 s.v. RAD, LR:383 s.v. RÎ). Littéralement *« Frontière Est », c.-à-d. rim « limite, bord, frontière » (q.v.) avec le préfixe radh- « est » ; voir radhon.
Radhrost : « Vallée de l’Est » (LR:382 s.v. RAD, LR:384 s.v. ROS2), rost (q.v.) avec le préfixe radh- « est » ; voir radhon.
regorn, pl. regin, gén. pl. region : « houx », aussi le toponyme Region. Dérivé dans LR:356 d’une racine ERÉK « épine », cependant, aucun e initial n’apparaît dans les mots doriathrins (compare avec le sindarin ereg « houx » et le quenya erca « piquant, épine »). Le e initial non accentué pourrait avoir été perdu en doriathrin ; cependant, il est aussi possible qu’ERÉK soit une version avec voyelle radicale préfixée d’une racine plus simple *REK, et que c’est cette racine qui est reflétée dans le mot doriathrin. Regorn (lit. « arbre-houx ») ne signifie que cela15, comprenant orn « arbre » (q.v.), tandis que le pl. regin et le gén. pl. region sont formés directement à partir de la racine.
rim : « limite, bord, frontière », dérivé dans LR:383 d’une racine non définie RÎ ; le quenya ríma indique une forme primitive *rîmâ avec une terminaison -mâ très fréquente, utilisée pour former des noms qualifiant des choses inanimées (habituellement des objets façonnés, très souvent des outils). Remarquer que la voyelle radicale longue î dans *rîmâ a été raccourcie dans rim ; comparer au raccourcissement de la voyelle longue originale dans roth < rôda. Le mot rim apparaît dans des composés comme Nivrim, Radhrim (q.v. pour les références ; ces mots sont traduits « Marche de l’Ouest » et « Marche de l’Est », mais il semble que rim ne signifie pas à proprement parler « marche »).
ring : « étang ou lac froid (dans les montagnes) ». Dérivé dans LR:383 d’une racine RINGI « froid » ; la forme primitive serait simplement *ringi (cf. le quenya ringë).
rost : « plaine, large terre entre des montagnes ». Dérivé dans LR:384 de la racine ROS2. La forme primitive serait *rost- avec une voyelle finale, perdue ultérieurement ; aucune étymologie précise ne peut être avancée puisque Tolkien ne définit pas la racine et ne fit dériver que ce mot unique de celle-ci, sans cognat dans les autres langues elfiques. Aussi attesté dans les composés comme Nivrost, Radhrost (q.v. ; ce dernier est traduit « Vallée de l’Est », fournissant le sens supplémentaire « vallée » pour rost).
roth : « caverne, grotte », pl. rodhin. Dérivé dans LR:384 d’une racine ROD, simplement définie comme « caverne, grotte » ; Tolkien esquisse un développement rôda > rôdh > rôth (et par la suite la voyelle fut manifestement raccourcie, donnant roth ; cf. rim ci-dessus). Remarquer que le dh ne peut à l'évidence pas apparaîtrre en position finale, aussi devient-il th (mais reste dh quand une terminaison est ajoutée de sorte que le son n’est plus final, d’où le pl. rodhin au lieu de **rothin). Composé dans Menegroth (q.v.) – on notera que dans une source tardive, il est dit que l’élément final du nom Menegroth est groth, représentant une forme primitive grottâ, dérivé d’une racine groto « creuser, excaver, creuser un tunnel » (WJ:414). En sindarin, groth ou roth ne peuvent pas être dérivés d’une racine ROD, comme c’est le cas pour le doriathrin roth. Tolkien (souhaitant garder le nom Menegroth établi depuis longtemps) inventa-t-il une nouvelle étymologie pour le mot parce qu’il vint alors à envisager la langue de Doriath simplement comme une forme de sindarin, rendant obsolète la langue doriathrine distincte des Etymologies ?
Thingol : (nom masc.). Dérivé de la racine THIN (LR:392), non définie en tant que telle, mais il est suggéré qu’elle soit une variante de TIN « étinceler, scintiller, émettre de fins rayons (d’argent, pâles) ». THIN produit des mots pour « gris, pâle, soirée, s’effacer ». Cette entrée dans les Etymologies implique que le nom de Thingol dans la langue primitive était *Thindô *« Le Gris » (la forme primitive n’est pas donnée comme telle, mais comparer avec le quenya Sindo et le telerin Findo). Une forme *Thindô donnerait Thind en doriathrin (celle-ci est donné comme une forme ilkorine dans LR:392 ; le terme ilkorin semble parfois inclure le doriathrin plutôt que dénoter une langue indépendante). Mais selon la même source, Thind fut plus tard appelé Thingol, un nom composé de Thind (Thin-) et gôl (-gol), ce dernier élément signifiant « sage » (voir gôl pour davantage d’explications). Cependant, Tolkien rejeta ensuite cette explication du second élément dans le nom Thingol. Dans les sources ultérieures, le nom Thingol est interprété « Cape Grise » (déjà ainsi dans l’appendice A du SdA : « Lúthien Tinúviel était la fille du Roi Thingol au Gris Mantel […] »). Dans MR:385, il est dit que le second élément de Thingol (quenya Sindikollo) est kolla, qui est défini par « porté, particulièrement [quand il est utilisé comme un nom] un vêtement ou une cape ». (Le -a final de kolla est remplacée par la terminaison masculine -o dans le nom Sindikollo). Il semble que kolla soit un mot quenya ; la forme primitive peut être donnée, avec hésitation, comme *kolnâ, c.-à-d. une racine *KOL « porter » (cf. le quenya colindo « porteur » dans Cormacolindor « Porteurs de l’Anneau », SdA3:VI ch. 4, traduit dans Letters:308) avec la terminaison adjectivale/participe passé -nâ. Si la forme masculinisée kollo descend d’un mot qui existait déjà dans la langue primitive, ce serait *kolnô. Tandis que la forme primitive *Thindikolnô donnerait Sindikollo (ou *Sindicoldo) en quenya, il n’est pas certain qu’elle deviendrait Thingol dans le doriathrin des Etymologies. En sindarin, une langue qui lénifie le k (c) initial en g quand un mot apparaît comme second élément dans un composé, *kolnâ ou *kolnô deviendrait effectivement -gol dans cette position. En ce qui concerne la présence ou l’absence de lénition dans le doriathrin des Etymologies, il y a peu d’évidence dans un sens ou dans l’autre (voir, cependant, Thuringwethil ci-dessous), mais comparer avec l’ilkorin basgorn « pain rond » (bast « pain » + corn « rond »), montrant la lénition C > G.
Thuringwethil : « (femme de l’) ombre secrète ». Dérivé dans LR:393 d’une racine THUR- « entourer, cerner, clôturer, garder, défendre, entourer d’une haie, cacher ». Le premier élément, thurin (*thurina ?) est apparemment une variante de l’ilkorin thúren « gardé, caché » (*thûrinâ ?). Gwethil semblerait signifier « femme-ombre », devant clairement se référer à la racine WATH « ombre » (LR:397). Remarquer que, comme en sindarin, le w- initial primitif apparaît comme gw- en doriathrin ; mais à la différence du système sindarin, le g initial n’est paslénifié en zéro dans les mots composés (sous THUR, la forme sindarine/« noldorine » de Thuringwethil est donnée comme Dolwethil, et non pas **Dolgwethil). La voyelle radicale de WATH à été infléchie en e dans gwethil ; l’inflexion serait causée par le i de la terminaison -il, qui semblerait être une sorte de terminaison féminine (cf. peut-être le quenya -il dans tavaril « dryade » [à mettre en contraste avec le masc. tavaron], LR:391 s.v. TÁWAR).
umboth « grand(e) mare, étang », Umboth Muilin « étang voilé » (toponyme) (LR:372 s.v. MBOTH, LR:374 s.v. MUY; voir muilin pour une discussion du second élément de ce nom). Umboth « grand étang » aurait la même origine que la forme parallèle both « mare, étang », c’est-à-dire *mbottô (voir both). Umboth pourrait sembler inclure un préfixe, mais il représente sans doute simplement un autre développement de mbottô : une forme où le m en vint à constituer une syllabe par elle-même (*m’bottô) et une voyelle se développa finalement devant cette consonne syllabique. Des développements parallèles sont connus en quenya, telerin et sindarin, comme quand ñgólê avec un ñ syllabique devient ingolë en quenya, engole en telerin et angol en sindarin (la forme doriathrine serait-elle *ungol ?). Voir l’entrée engole dans la liste des mots incluse dans l’article sur le telerin pour les références.
urch, pl. urchin : « orque ». Dans les Etymologies, la forme primitive de ce mot est donnée comme órku (défini comme « gobelin »), dérivé d’une racine non définie ÓROK (LR:379). Cette racine pourrait être comprise comme une variante avec voyelle radicale préfixée de ROK « cheval », en supposant qu’à l’origine elle se référait au destrier du monstrueux « Cavalier noir sur son cheval sauvage » qui chassait les Elfes près de Cuiviénen, la racine ROK étant à l’origine associée aux créatures de Melkor. Cependant, Tolkien fit dériver ultérieurement les mots elfiques pour « Orque » de la racine RUKU ayant rapport avec la peur (WJ:389) et fit une liste de formes primitives hypothétiques : urku, uruku, urkô. Toutes celles-ci donneraient probablement urch en doriathrin. Remarquer que, comme en sindarin, le c devient ch après un r ; toute occlusive sourde peut produire cela après les liquides r, l (cf. UT:265, CLI 2:150, note de bas de page).

NOTES DE TRADUCTION
1 Ici le texte original est *« Dwarf's Necklace », une formulation génitive typiquement anglaise qui n’est pas traduisible en français. [NdT]
2 Ce phénomène existe aussi en français, mais il est assez rare : animal/animaux. [NdT]
3 Aussi nommé umlaut, un cas particulier de métaphonie (voir le glossaire linguistique). [NdT]
4 Ou en français. [NdT]
5 L’ordre utilisé par Helge pour traduire Dolmed, l’ordre normal en anglais, est Wet Head (lit. « Mouillée Tête »), alors que l’ordre des éléments dans le composé est dol-méd, Head-Wet (« Tête Mouillée »). [NdT]
6 syncope : retranchement d’un phonème ou d’une syllabe à l’intérieur d’un mot.
7 Modification de la traduction française qui donne « belle venue » pour great growth. [NdT]
8 « extension vocalique », l’addition à la racine d’une voyelle identique à la voyelle radicale (sundóma) (WJ:371, 417). [NdT]
9 L’auteur souligne que la traduction littérale est realm-hidden, au lieu de l’ordre anglais usuel hidden realm, donné par Tolkien (voir également la note 5). [NdT]
10 diachronique : relatif à la diachronie (caractère des phénomènes linguistiques considérés du point de vue de leur évolution dans le temps). [NdT]
11 La traduction de Tolkien est Heavy-hand, mais Helge souligne que l’ordre réel des éléments de ce composé est Hand-heavy (voir aussi les notes 5 et 9). [NdT]
12 La formulation originale est : « dwarf, stunted, not reaching full growth or achievement, failing of some mark or standard ». [NdT]
13 Voir note 6. [NdT]
14 liquides : nom donné aux consonnes l, m, n, r, dont l’émission après une autre consonne et dans la même syllable (ex. « craie », « clef », « calme », etc.), se fait aisément (à la manière d’un fluide qui s’écoulerait facilement). Noter cependant que, selon les sources, certaines définitions des liquides n’incluent que l et r, les autres consonnes (m et n) étant considérées commes des nasales, distinctes des liquides. [NdT]
15 L’anglais holly-tree (lit. *« houx-arbre ») employé ici est normalement traduit simplement par « houx » en français. [NdT]

* Traduction française pour Ardalambion.fr par Stéphane Landais, révisée par Sébastien Bertho, avec l’aimable autorisation de l'auteur. Les inexactitudes et les éventuelles erreurs sont entièrement de la responsabilité du traducteur. Les autres articles non traduits de Helge sont disponibles en anglais sur son site Ardalambion, une véritable référence pour ceux qui s'intéressent aux langues inventées par Tolkien.
Index d'Ardalambion.fr


Doriathrin - la langue maternelle de Lúthien
par Helge K. Fauskanger*


Aussi appellé (dans LR:375) : Doriathric
Tout ce qu’on connait de la langue de Doriath c’est environ quatre-vingts mots qui se trouvent dans les Etymologies dans LR:347-400, plus un ou deux mots du chapitre 21 du Silmarillion. Pourtant, il fut un temps où c’était la langue parlée à la cour du Roi Thingol, qui régna sur le Beleriand pendant quatre mille années du Soleil et engendra « le plus beau des Enfants d’Ilúvatar qui fut ou ne sera jamais » (Silm. ch. 4). Le doriathrin devait être la langue maternelle de Lúthien Tinúviel. Lorsque plus tard elle apprit la langue natale humaine de Beren, celui-ci lui demande en effet pourquoi elle s’embarassait avec cela, « puisque sa propre langue était plus riche et plus belle » (PM:369).
Le doriathrin doit-il être considéré comme une langue elfique à part entière ou comme une forme de sindarin ? Les Etymologies furent écrites longtemps avant que Tolkien ne réalise enfin que la langue aux sonorités galloises de sa mythologie n’était pas la langue que les Noldor avaient importée avec eux de Valinor, comme il l’avait pensé pendant trente ans, mais la langue des Elfes Gris de la Terre du Milieu. Ainsi, tout à coup, le sindarin et le doriathrin furent amenés à être bien plus proches qu’auparavant. Le doriathrin en tant que langue distincte survécut-il à cette révision majeure ? Plus tard, Tolkien parle du « sindarin de Doriath » (PM:369). Mais dans le Silmarillion, incluant les parties qui furent révisées après que Tolkien eut complété le SdA, des noms et des phrases de doriathrin persistent : Mablung, Nauglamîr, Dagnir Glaurunga, Dior. Au moins en ce qui concerne ces noms, le doriathrin des Etymologies semble avoir perduré jusque dans la forme tardive de la mythologie. Peut-être que la langue doriathrine entrevue dans les Etymologies peut passer pour une forme archaïque de sindarin, bien qu’elle semble posséder certaines particularités qui lui soient propres et être différente de l’« Old Noldorin » (vieux noldorin, lire vieux sindarin) des Etymologies. Le doriathrin appartient clairement à la même branche de telerin commun qui conduit au sindarin, mais il semble qu’il ait formé sa propre branche bien avant que le gris-elfique classique ne fusse atteint, et il est moins différencié du telerin commun que le sindarin ne l’est. Mais ce qui distingue une langue à part entière d’un dialecte est souvent dicté par des facteurs extra-linguistiques. Peut-être que par décision politique, le doriathrin est-il une forme de sindarin, la langue des sujets de Thingol – bien que le roi méprisait le dialecte nordique du gris-elfique (PM:369,372).
La chanson de Lúthien dans The Lays of Beleriand p. 354 semble cependant être du pur sindarin. (Ici, une source post-SdA est reproduite). Pour cela et d’autres raisons, certaines personnes compétentes pensent que le doriathrin des Etymologies – qui est la langue dont il est question dans cet article – n’est plus une langue « valide » dans la mythologie tel que Tolkien âgé en vint à envisager son scénario linguistique. Selon ce point de vue, la langue de Doriath devrait maintenant être simplement considérée comme une variante particulièrement archaïque du sindarin que nous connaissons du SdA, et le doriathrin des Etymologies devrait en grande partie être écarté en tant que notion obsolète – à l’exception de quelques noms, donnés ci-dessus, que Tolkien transféra à l’évidence vers le sindarin lorsqu’il mit au rebut le doriathrin en tant que langue distincte. Aucune conclusion vraiment bien arrêtée ne peut être atteinte dans ce domaine (voir, cependant, l’entrée roth dans la liste de mots ci-dessous). La langue traitée ici fut au moins la langue de Doriath à une étape du scénario en perpétuelle évolution de Tolkien.
Un commentaire d’une source tardive sur la langue du Royaume Caché peut être cité ici : « Le parler de Doriath […] était, même à l’époque de Túrin, plus antique que ceux utilisés ailleurs. Une chose (comme l’observa Mîm) dont Túrin ne se débarrassa jamais, en dépit de ses griefs envers Doriath, fut le parler qu’il avait acquis durant son éducation là-bas. Bien qu’étant un Humain, il parlait comme un Elfe du Royaume Caché, ce qui est comme si un Homme devait apparaître maintenant, dont le parler et l’instruction reçus jusqu’à l’âge d’homme auraient été ceux de quelque pays reculé où l’anglais serait resté plus proche de celui de la cour d’Elisabeth I que d’Elisabeth II. » (WJ:312).
LA STRUCTURE DU DORIATHRIN
En ce qui concerne la structure du doriathrin, on peut noter ce qui suit : alors que le sindarin exprime les relations génitives uniquement par l’ordre des mots (Ennyn Durin « Portes [de] Durin »), le doriathrin préserve encore un génitif distinct en -a. On peut le voir dans l’inscription que des Elfes de Doriath gravèrent sur la pierre de la tombe de Túrin : Túrin Turambar Dagnir Glaurunga, « Túrin Turambar Fléau de Glaurung » (traduit dans l’index du Silmarillion). Selon Tolkien, le génitif sindarin sans désinence représente probablement des formes infléchies dans l’ancienne langue, aussi, à cet égard, un locuteur du sindarin normal trouverait effectivement le doriathrin archaïque.
Selon les Etymologies, racine NAUK, le « génitif [doriathrin] en -a(n) précédait » le mot qu’il gouverne. Le mot traité ici est Nauglamîr « le Collier des Nains », littéralement *« des Nains collier » 1 (naugla + mîr). Pourtant l’ordre des mots décrit ici ne peut pas être le seul possible ; cf. Dagnir Glaurunga.
La terminaison génitive plurielle était -ion, comme dans region « de houx » (aussi le nom Region). Cf. le quenya -ion comme dans Silmarillion « (histoire) des Silmarils ». Mais cette terminaison -ion pourrait avoir été réinterprétée comme une terminaison signifiant pays ou région ; cf. le sindarin Eregion.
Alors que le sindarin forme typiquement le pluriel des noms en changeant les voyelles dans le style anglais man/men ou goose/geese2, le doriathrin possède une terminaison plurielle -in. Les changements de voyelles en sindarin (comme en anglais) sont à l’origine un phénomène d’inflexion3 déclenché par une ancienne terminaison plurielle qui contenait la voyelle i, aussi, une fois de plus, le doriathrin peut être qualifié d’archaïque comparé au sindarin :
Eld « Elfe, Elda », pl. Eldin
orth « montagne », pl. orthin
roth « caverne », pl. rodhin (la qualité voisée de la consonne finale de la racine ROD est préservée intervocaliquement – peut-être le doriathrin ne permet-il pas les spirantes voisées en position finale).
urch « orque », pl. urchin
Il y a aussi regorn « houx », pl. regin (reg-orn est littéralement « houx-arbre », et la terminaison plurielle est directement suffixée à la racine reg « houx » ; cf. aussi le génitif pluriel region). Cette terminaison plurielle ne doit pas être confondue avec la terminaison adjectivale vue dans ngorthin « horrible » de ngorth « horreur » (variante -en dans lóm « écho », lómen « résonnant, retentissant »).
Le doriathrin ne semble pas posséder les inflexions caractéristiques du sindarin normal. Le i dans la syllabe finale d’urchin ne cause pas de changement du u en y par assimilation ; comparer au sindarin orch, pl. yrch (représentant des formes archaïques comme urkô, pl. urkî ou urkôi).
Cependant, les Etymologies suggèrent au moins que le doriathrin était semblable au sindarin à un égard. Parfois, des formes doubles sont inscrites dans les Etymologies : Dolmed et Ndolmed (le nom d’une montagne), gol et ngol « sage, magique », gold et ngold « Noldo », golo et ngolo « magie, science, savoir ». Les racines sont NDOL et NGOL, aussi les formes alternatives reflètent-elles la combinaison initiale originale. Peut-être que, comme en sindarin, la combinaison originale influence la forme utilisée après certaines particules ; cf. le sindarin golodh « Noldo », mais i ngolodh « le Noldo ». Pareillement, le doriathrin gold pourrait apparaître comme ngold dans certaines circonstances.
Un mot doriathrin soulève une question singulière : les Elfes de Doriath avaient-ils rejeté le système numérique duodécimal quendien (basé sur le nombre 12) en faveur d’un système décimal comme le notre ? Selon WJ:423, tous les Elfes, de tous temps, comptaient par douze ; pourtant le nom Menegroth est traduit « les Mille Cavernes » (selon LR:384 s.v. ROD les éléments sont meneg + roth, à l’évidence = « mille + caverne »). Mais dans le système duodécimal, le chiffre 1000 n’a rien de spécial. Il serait exprimé par 6-11-4 (c.-à-d. 6 x 144 + 11 x 12 + 4 x 1). Mille ne serait pas du tout un « chiffre rond ». Le premier nombre à quatre chiffres dans le système duodécimal est 1728 (12 x 12 x 12). Ce serait un « grand nombre » proverbial pour quelqu’un habitué à penser en termes duodécimaux, tout comme 1000 l’est pour nous. Se pourrait-il que la traduction de « Mille Cavernes » soit idiomatique et en fait inexacte, et que Menegroth signifie réellement « 1728 cavernes » ? S’il en est ainsi, la traduction correcte ne fonctionnerait pas en anglais4.
LISTE DE MOTS DORiATHRIN avec notes etymologiques
Note : les mots primitifs « reconstruits » par Tolkien lui-même sont donnés sans astérisque ici.
-a : terminaison génitive, vue dans Dagnir Glaurunga « Fléau de Glaurung ». La terminaison génitive de l’eldarin commun primitif était -hô > -ô, qui dérivait d’un « élément adverbial ancien » HO signifiant « loin, [venant, issu] de, parmi » (WJ:368). L’entrée correspondante dans les Etymologies bien plus anciennes semble être 3O (3Ô) « [venant, issu] de, loin, d’entre, parmi, hors de » (LR:360). Se pourrait-il que le -ô primitif soit devenu -a en doriathrin ? Il y a quelques mots d’ilkorin qui sembleraient présenter le même développement, et, tel que Tolkien imaginait les choses quand il écrivit les Etymologies, l’ilkorin et le doriathrin étaient étroitement apparentés (les deux possèdent la terminaison génitive –a). Dans la terminaison génitive plurielle -ion, l’élément « génitif » (< 3O ou HO) apparaît comme o ; voir -ion.
argad : « à l’extérieur de la clôture », l’extérieur, le dehors (LR:358 s.v. GAT(H), aussi LR:349 s.v. AR2). A Doriath, « la clôture » fait bien sûr référence à l’Anneau de Melian. Le préfixe ar- signifie « à l’extérieur, au dehors », dérivé de la racine AR2, elle-même non définie dans les Etymologies, mais l’appendice du Silmarillion donne ar- « en dehors, à côté ». Le second élément est gad « clôture, barrière » (q.v.).
argador : manifestement le nom doriathrin des terres à l’extérieur de Doriath (GAT(H), cf. ELED). Composé d’argad et dor (q.v.), d’où *« à l’extérieur-(de la) clôture-pays », *« pays extérieur ».
cwindor : « narrateur » (LR:366 s.v. KWET). C’est un mot douteux selon la conception tardive de Tolkien ; dans la branche d’eldarin à laquelle le doriathrin appartient, le KW primitif devint P très longtemps auparavant dans l’histoire linguistique elfique (WJ:375 cf. 407 note 5). Lire *pindor ? En tout cas, Tolkien précisa que cwindor vient de kwentro « narrateur », c.-à-d. une variante avec infixion nasale de la racine KWET- « dire » combinée avec la terminaison masculine/agentale -ro (cf. Dior issu de ndeuro). Le o dans cwindor se développa probablement pour éviter un groupement consonnantique final, puisque la forme en eldarin commun aurait été *kwentr après la perte du -o final court (et –a, -e). Dans notre petit corpus, seul ce mot nous fournit la preuve du changement nt > nd. Curieusement, ici le e devient i. Il semble que ce changement se produit devant des groupes de consonnes commençant par une nasale ; cf. nîw « nez », issu de NEÑ-WI (probablement via une forme intermédiaire *niñw- avant que le ñ soit perdu et le i allongé en î en compensation).
dagnir : *« tueur » (Silmarillion, fin du chapitre 21). Certains prétendent qu’il s’agirait de sindarin normal et ne devrait pas assimilé au doriathrin des Etymologies. Les éléments doivent clairement être rattachés aux racines NDAK « tuer, mettre à mort » (LR:375) et NDER, forme renforcée de DER, « homme » (LR:375). Comme en sindarin, les occlusives sourdes post-vocaliques deviennent sonores, d’où k > g dans NDAK > dag-. Nous aurions pu nous attendre à ce que NDER donne *dir, *ndir plutôt que nir ; peut-être que le nd original devient un n après une consonne au milieu d’un composé (et de même m, n pour mb et ng antérieurs ?).
dair : « ombre des arbres ». Dérivé d’une racine DAY « ombre » (LR:354) ; la forme primitive devait probablement être *dairê (cf. l’adjectif quenya laira « ombragé, ombreux », manifestement dérivé de *dairâ).
Dairon : nom propre = sindarin Daeron (LR:354 s.v. DAY). Le premier élément devrait évidemment être assimilé à dair ci-dessus ; le nom Dairon est en tout cas dérivé de la même racine. L’appendice du Simarillion, entée dae, définit cet élément comme « ombre » et note qu’il apparaît « peut-être » dans le sindarin Daeron. La terminaison masculine -on est bien attestée dans diverses langues eldarines ; Dairon pourrait représenter une forme primitive *Dairondo.
Denithor : « Denethor », nom masculin qui dans LR:188 est dérivé de ndani-thârô « sauveur des Dani » (= Nandor, Elfes Verts). Le second élément thârô « sauveur » ne peut être aisément rapproché d’un des éléments listés dans les Etymologies ; THAR « à travers, au-delà » (LR:392) semble incapable de produire le sens « sauveur », à moins qu’un thârô soit littéralement quelqu’un qui emmène quelque chose ou quelqu’un au-delà du danger. Thârô ressemble à une formation agentale primitive fréquente. En tout cas, des années plus tard, Tolkien fournit une étymologie tout à fait différente du nom Denethor ; dans WJ:412 (où aucune forme doriathrine n’est mentionnée) il est dit qu’il signifie « agile-et-maigre », de dene- « fin et fort, flexible, agile, souple », et thara- « grand (ou long) et mince, élancé ». (Ces éléments ne peuvent être rattachés à rien d’autre dans le corpus publié.)
Dior : « Successeur » (nom masc.). La forme primitive donnée est ndeuro, c.-à-d. la racine NDEW « suivre, venir derrière » + la terminaison masculine agentale -ro (plus souvent -rô). Le changement eu > io n’est attesté que dans ce mot. Il pourrait y avoir une forme alternative (dialectale ?) *Ndior avec l’occlusive nasale initiale originale nd intacte ; cf.Ndolmed à côté de Dolmed (le premier élément étant dérivé de la racine NDOL).
Dolmed : « Tête Mouillée » (nom d’une montagne ; aussi Ndolmed) (LR:376 s.v. NDOL, LR:373 s.v. MIZD). Noter que l’ordre des éléments dans le composé est réellement « Tête-Mouillée »5. Dol, ndol « tête » pourrait venir de *ndôla (d’où le quenya nóla) ou – plus probablement – de *ndolô, dont est dérivé le vieux sindarin ndolo. Concernant l’élément -med « mouillé », voir méd.
dôn : « arrière, dos » (nom). Un dérivé de la racine NDAN « arrière » (à l’évidence en tant que préposition plutôt que nom). On pourrait supposer que la forme primitive était *ndân- avec une voyelle finale perdue. Pour un autre exemple d’un â long devenant ô, cf. drôg « loup » dérivé de d’râk.
dor : « terre, pays », isolé à partir d’Argador, Eglador, Lómendor (q.v.). Dans les Etymologies, les mots eldarins pour « terre, pays » dérivent de la racine NDOR « demeurer, rester, se reposer, habiter » (LR:376). Aucun mot doriathrin n’est listé, mais dor devait avoir la même origine que le mot sindarin identique : la forme primitive ndorê. Noter, néanmoins, que des années plus tard Tolkien fit dériver les mots eldarins pour « terre, pays » d’une racine DORO « desséché, dur, ferme » (WJ:413). Cependant, cette source ultérieure confirme que la forme en quendien primitif était ndorê, dont on pense maintenant qu’elle était formée par l’enrichissement initial d > nd. Celle-ci est définie par « la terre ferme, sèche, par opposition à l’eau ou le marécage », développant ultérieurement le sens de « terre en général par opposition à la mer », et finalement aussi « une terre » en tant que région particulière, « avec des limites plus ou moins définies ». (Les frontières d’Eglador, c.-à-d. Doriath, étaient évidemment très bien définies par l’anneau de Melian.)
dorn : « chêne ». Derivé d’une racine DORÓN, simplement définie comme « chêne » ; le quenya norno et le sindarin doron indiquent tous deux une forme primitive *dorónô. Pour un autre exemple de doriathrin perdant à la fois la deuxième et troisième voyelles dans un mot de cette structure, cf. gold issu de ngolodô ; cf. aussi gald à partir de galadâ.
drôg : « loup ». Dérivé dans LR:354 d’une racine DARÁK, elle même non définie ; la forme primitive est donnée comme d’râk. Notre connaissance générale de la structure des mots primitifs, ainsi que le quenya ráca plutôt que **rák, suggère plutôt une forme primitive *d’râkâ. Mais la voyelle finale, si elle existât jamais, fut perdue en doriathrin, et le â fut arrondi pour produire ô (cf. dôn ci-dessus).
dunn : « noir ». Dérivé dans LR:355 d’une racine DUN « sombre, obscur (de couleur) » ; la forme primitive pourrait être *dunnâ avec la terminaison adjectivale -nâ (ou éventuellement la terminaison plus simple -â combinée avec la fortification médiale n > nn). Dans les Etymologies, le mot doriathrin dunn est aussi mentionné sous l’entrée ÑGOROTH, LR:377. L’adjectif (ou juste la racine) apparaît aussi comme un préfixe dun- dans dungorthin ; voir Nan Dungorthin.
durgul : « sorcellerie » (LR:377 s.v. ÑGOL). Le sens littéral est plutôt « savoir/magie noir(e) ». L’élément dur « sombre, obscur » n’est pas attesté ailleurs en doriathrin, mais comparer au sindarin dûr « sombre, obscur, morne », dérivé d’une racine DO3, DÔ (LR:354), non définie comme telle, mais ayant apparemment rapport avec la nuit. On doit présumer que dur dérive d’un adjectif *do3râ, *dôrâ (-râ étant une terminaison adjectivale fréquente). Le second élément, -gul, est dérivé d’une racine ÑGOL « sage, sagesse, être sage » (LR:377). A comparer avec le sindarin morgul – le doriathrin possède également mor(n)gul (q.v.), avec le même sens que durgul. Le second élément du sindarin morgul est commenté dans l’appendice du Silmarillion, à l’entrée gûl (à l’évidence basé sur le texte imprimé maintenant dans WJ:383) : « le mot sindarin [gûl] a vu son sens obscurci par son usage fréquent dans le mot composé ‘magie noire’. » Ce qui est manifestement la forme primitive de gûl est donnée dans PM:360 : ñgôlê, avec un allongement de la voyelle radicale et la terminaison -ê, souvent utilisé pour dériver des mots abstraits. – Il est probable que les deux éléments de durgul avaient des voyelles longues lorsqu’ils apparaissaient indépendamment : *dûr, *gûl, les voyelles préservant la quantité (mais pas la qualité) des ô des formes primitives *dôra et ngôlê. La voyelle de *dûr est apparemment raccourcie parce qu’elle est suivie par un groupe de consonnes dans ce composé, tandis que celle de *gûl l’est parce qu’elle n’est pas accentuée.
Eglador : « pays des Elfes », le nom doriathrin de Doriath (LR:356 s.v. ELED, aussi LR:358 s.v. GAT(H)). En ce qui concerne l’élément final, voir dor. L’élément egla- est le même que le quenya Elda, qui possède aussi un cognat doriathrin plus proche Eld (q.v.). Dans les Etymologies, Egla- et Eld- sont dérivés de la même racine ÉLED- « Peuple des Etoiles », qui doit clairement être considéré comme une forme étendue de la racine EL « étoile » (LR:355). Tolkien abandonna une étymologie plus ancienne qui associait plutôt ELED à LED « aller, voyager » (LR:368 cf. 356) ; ceci aurait identifié les Eldin (quenya Eldar) comme les Elfes qui s’embarquèrent dans la Grande Marche depuis Cuiviénen. Le doriathrin Eld était probablement censé descendre de *eledâ, tandis qu’egla- devait être dérivé d’*edelâ avec le d et le l transposé. Après la syncope6 du e médial, le d et le l furent en contact, et la séquence dl devint gl en doriathrin. Puisque les voyelles finales ne sont pas préservées en doriathrin, nous aurions pu nous attendre à ce qu’*edelâ donnât *egl plutôt qu’egla. Peut-être que le -a final fut préservé dans le mot composé Eglador parce qu’il n’était pas final ici, ou peut-être que le a est en fait la terminaison génitive doriathrine : *« Pays des Elfes ». Comparer à Nauglamîr *« collier des Nains », dont Tolkien affirma qu’il comprenait le -a génitif ; cf. aussi Goldamir « joyau-Noldo », Silmaril (le mot doriathrin pour Noldo étant gold, d’où *« Joyau de Noldo » (LR:375 s.v. NAUK, LR:377 s.v. ÑGOLOD).
el : « étoile », dérivé dans LR:355 d’une racine EL, simplement définie comme « étoile ». Selon WJ:360, la légende elfique dirait que les mots eldarins pour « étoile » doivent être rapprochés d’une exclamation primitive ele « voilà ! », « voyez ! » – censément ce que dirent les Elfes quand ils virent les étoiles pour la première fois (Cf. WJ:422). La forme primitive (en eldarin commun) est donnée dans WJ:360 comme êl.
[El-boron] : nom masc. (orthographié Elboron sans trait d’union dans LR:351 s.v. BARATH). Dans LR:353, El-boron est cité sous la racine BOR « endurer, supporter », mais ce nom fut rayé. Il était destiné à être le nom de l’un des fils de Dior, mais plus tard Tolkien appela plutôt le personnage en question Elrûn, qui devint finalement Elurín dans la version publiée du Silmarillion. Le premier élément d’El-boron est de toute évidence el « étoile » (q.v.) ; boron est apparemment la racine BOR avec la terminaison masculine -on, d’où « homme endurant/fidèle » : forme primitive *borondo.
Eld, pl. Eldin : « Elda, elfe » (ELED). Dans les Etymologies, ce nom dérivait d’une racine ÉLED « Peuple des Etoiles » (LR:356) ; voir Eglamar ci-dessus pour ce qui concerne la première étymologie d’Eld et des mots apparentés. Dans le scénario ultérieur de Tolkien, Eld descendrait d’eldâ, une formation adjectivale « associé ou se rapportant aux étoiles », dérivé d’ele (voir sous el) avec une fortification médiale l > ld et le -â adjectival (voir WJ:360). Ceci se réfère à l’histoire où « Oromë aimait les Quendi, et les nomma dans leur propre langue Eldar [véritable forme primitive Eldâi], le peuple des étoiles » – parce qu’il les trouva sous un ciel étoilé (Silmarillion ch. 3). Plus tard, ce mot ne fut plus appliqué à l’ensemble des Quendi, mais uniquement à ceux qui entamèrent la Marche pour Valinor, qu’ils y parviennent réellement ou non.
gad : « clôture, barrière », dérivé dans LR:358 d’une racine GAT(H) qui n’est elle-même pas définie ; d’autres dérivés, dans diverses langues, ont des sens comme « caverne, prison, cachot, souterrain ». On peut supposer que la forme primitive de gad était *gat- avec une voyelle finale perdue, mais comment une racine originellement en rapport avec les cavernes a-t-elle pu donner un mot pour « clôture » ? Devons nous supposer un développement sémantique « caverne » > « lieu dont on ne peut s’échapper » > « prison/cachot » > « région délimitée » > « région clôturée » > « clôture » ? Il doit être signalé que gad – et argad (q.v.) – sont des mots qui furent ajoutés à cette entrée après qu’elle fut écrite à l’origine ; suggèrent-ils un changement dans la conception de Tolkien ? Sous la même entrée, le sindarin/« noldorin » Doriath est interprété « Pays de la Caverne », l’élément final étant apparemment mis en adéquation avec le « noldorin » gath « caverne » (lénifié -ath). Plus tard, Tolkien interpréta Doriath comme « Pays de la Clôture » à la place, en référence à l’Anneau de Melian, le second élément étant alors assimilé à iâth, iath « clôture » (WJ:370, 378), mais ceci ne doit apparemment pas être associé avec cette entrée GAT(H).
galbreth < galdbreth : « hêtre ». Les Etymologies sont quelques peu ambiguës quant au statut de ce mot en doriathrin : LR:352 s.v. BERÉTH énonce que « le hêtre était appelé galdbreth […] en Falasse et neldor à Doriath » (voir neldor). Ici, galbreth semble être un mot falathrin plutôt que doriathrin. Cependant, l’entrée même où est donné le mot neldor (NEL, LR:376) affirme aussi que « le véritable nom Dor[iathrin] était galdbreth > galbreth ». La solution semble être que galbreth soit le véritable nom du hêtre à la fois en falathrin et en doriathrin et, qui plus est, le seul nom utilisé en falathrin, alors que le peuple de Doriath lui substituait habituellement le terme neldor – qui n’était pas tenu pour être le nom « correct » de cet arbre. Quel que soit le cas, galdbreth > galbreth comprend gald « arbre » (q.v. pour l’explication), tandis que l’élément final breth doit se référer à une racine BERÉTH (LR:352), non définie comme telle mais donnant uniquement des mots en rapport avec les hêtres. La forme primitive est donnée comme b’rethâ (vraisemblablement pour celle encore plus ancienne *beréthâ, avant la perte de la voyelle non accentuée) ; quand elle est utilisée pour former des noms, la terminaison -â désigne généralement des choses inanimées.
gald : « arbre » (LR:357 s.v. GALAD). Dans Letters:426, il est dit que la racine est GAL « pousser », intransitif, et dans UT:266, CLI 2:153 la forme primitive galadâ est définie par « grande croissance »7. Ce mot était utilisé pour les arbres massifs, tandis que les arbres plus fins étaient appelés ornê [doriathrin orn], bien que cette distinction ne fut pas maintenue de façon cohérente en quenya (langue dans laquelle les mots apparurent sous les formes alda et ornë) et fut totalement abandonnée en sindarin (galadh vs. orn, ce dernier était rare en tant que mot indépendant). Puisqu’il est dit que le doriathrin orn (q.v.) est utilisé particulièrement pour les hêtres (et pourrait indiquer n’importe quel arbre dans les composés), il se pourrait bien que Tolkien envisageait que gald ait acquis le même sens large que le quenya alda, et ne signifiait plus uniquement « arbre massif ». En effet, gal(d)breth est listé comme un nom du hêtre ; voir galbreth ci-dessus. – Dans les Etymologies, le quenya alda dérive d’une racine GALAD, simplement définie comme « arbre » (LR:357) ; celle-ci pourrait être envisagée comme une forme étendue de la racine GAL mentionnée dans Letters:426. Cependant, il est tentant de comparer la forme primitive galadâ issue de GAL avec ñgolodo « Noldo, (celui qui est) sage » issu de ÑGOL ; gala- pourrait être une forme d’ómataina8 de la racine GAL (avec la voyelle radicale suffixée), et -dâ pourrait être une terminaison comparable à la terminaison personnelle -dô dans ñgolodô, la terminaison -â se rapportant souvent à quelque chose d’inanimée tout comme la voyelle finale -ô indique très souvent un être (masculin) animé.
ganu : « mâle » (en tant que nom : un mâle, des Homme ou des Elfe, ou un animal mâle). Les voyelles finales sont rares en doriathrin, puisqu’elles furent abandonnées à un stade antérieur. Ceci pourrait ne pas être une véritable exception, puisque ce -u descend probablement d’une consonne : dans LR:360, ganu est dérivé d’une racine 3AN, simplement définie comme « mâle ». Si nous supposons un adjectif primitif *3anwâ « mâle » avec la terminaison adjectivale -wâ, bien attestée par ailleurs, celui-ci aurait pu produire *3anw, *ganw après la perte des voyelles finales, la semi-voyelle finale devenant alors une voyelle pleine -u (comparer à gelu ci-dessous). Il est intéressant de noter que cette dérivation impliquerait que ganu ne soit pas vraiment le cognat direct du quenya hanu du même sens ; hanu descendrait de *3anû avec la terminaison masculine -û, mais cela aurait sans doute donné *gan en doriathrin. Il semble que le sens de ganu ait glissé de l’adjectif (*3anwâ) vers le nom. – Dans le scénario des Etymologies, l’initiale primitive -3 (la spirante vélaire voisée, gh) devient g en doriathrin/ilkorin et en nandorin (danien). Comparer à garm, garth, gell, gelu ci-dessous. Dans des sources ultérieures, Tolkien reconstruisit la version primitive du son en question comme un h plutôt que 3 ; par exemple, le quenya ho, hó- « (venant) de » est dérivé d’une racine HO dans WJ:368, alors que le même mot était dérivé de 3O, 3Ô dans les Etymologies (voir LR:360). Tolkien, dans une source tardive, affirma que le h du quendien primitif « ne survécut que dans les dialectes d’Aman » (WJ:365), jetant ainsi un doute considérable sur la validité de ces formes doriathrines, ilkorines et nandorines dans son scénario ultérieur. Si ces mots doivent être acceptés, nous devrions assumer que Tolkien signifiait que le h du quendien primitif survécut en tant que H uniquement dans les dialectes d’Aman (tandis qu’il fut perdu ou changé en un son tout à fait différent, fusionnant avec un autre phonème, dans les langues non-amanyennes !).
garm : « loup ». A l’origine, dans LR:360, dérivé d’une racine non définie 3ARAM. D’autres formes données – telles que le sindarin garaf et le quenya harma – semblent indiquer une forme primitive *3aramâ. Cependant Tolkien supprima l’entrée 3ARAM ; il voulait sans doute éviter le conflit avec le quenya harma « trésor ». Néanmoins, le mot doriathrin garm réapparut dans LR:377, dérivant alors d’une racine ÑGAR(A)M. Cette racine n’est pas définie (tous ses dérivés signifient « loup »), bien que dans une origine lointaine elle pourrait être rattachée à ÑGAW « hurler » (LR:377), si ces deux racines sont des élaborations d’un élément très ancien *ÑGA. Alors que les mots doriathrin et sindarin garm et garaf restèrent les mêmes, le mot quenya est maintenant ñarmo, éliminant le conflit avec harma et indiquant une forme primitive *ñgaramô. La terminaison -ô dénote souvent un être animé, cf. par exemple morókô « ours » (LR:374 s.v. MORÓK). – Il est possible que le doriathrin garm ait une forme alternative *ngarm conservant l’occlusive nasale initiale d’origine ; cf. par exemple ngold en plus de gold (forme primitive ñgolodô).
garth : « royaume ». Dans LR:360, dérivé d’une racine 3AR « avoir, tenir », un royaume étant quelque chose qui est « tenu » ou possédé par un roi. Le cognat sindarin/« noldorin » est ardh ; ces deux mots suggèrent une forme primitive *3ard- avec une voyelle finale perdue (*3ardâ ?). Le groupe rd survint probablement par une fortification médiale r > rd, à moins que nous devions supposer une terminaison plus longue -dâ. Il semble qu’en doriathrin, le rd devint rdh, changé en -rth en position finale ; la forme pluriel de garth est probablement *gardhin plutôt que *garthin. Comparer à roth « caverne », pl. rodhin au lieu de **rothin, parce que la racine originale était ROD. La forme gardh- (garð-) apparaît réellement dans le mot composé garð-thurian « Royaume Caché » (lit.9) cité dans LR:393 s.v. THUR (il y est dit que le mot est ilkorin, mais il semble que Tolkien inclut parfois aussi le doriathrin sous cette appelation). Cela semble suggérer que garð- serait la forme normale de garth dans un composé, bien que dans ce cas le ð se fondit simplement avec le th suivant.
Garthurian : « Royaume Clôturé » (LR:360 s.v. 3AR) ou « Royaume Caché » (LR:393 s.v. THUR), un nom de Doriath. Comme indiqué ci-dessus, LR:393 indique que Garthurian est un mot composé de garth, gardh- « royaume » et d’un élément thurian « caché ». Ce dernier est manifestement une sorte de participe passé basé sur la racine THUR-, définie comme « entourer, cerner, clôturer, écarter, entourer d’une haie, cacher ». Pour expliquer la terminaison -ian nous devons sans doute supposer l’existence d’un verbe primitif *thurjâ- avec une terminaison verbale bien attestée (donnant le quenya -ya) ; à ce verbe la terminaison primitive adjectivale/participe passé -nâ a été ajoutée pour produire *thurjânâ, ce qui apparaitraît probablement sous la forme thurian en doriathrin.
gell : « ciel ». Dérivé d’une racine 3EL, simplement définie comme « ciel » (LR:360), dont il est dit qu’elle fut confondue avec EL « étoile » (cf. LR:355). Le cognat quenya hellë suggère que gell descende de *3ellê, une forme montrant une fortification médiale l > ll ; la terminaison -ê peut avoir le même sens « local » que dans ndorê « terre, pays » (voir dor).
gelu : « ciel-bleu ». Dérivé de le même racine 3EL « ciel » que gell ci-dessus ; le -u final démontre l’existence d’une terminaison adjectivale antérieure -wâ, le w devenant u après la perte de la voyelle finale : *3elwâ > *3elw > gelu. Comparer à hedhu issu de khithwa et ganu dérivé de *3anwâ. Le quenya helwa « bleu pâle » semble confirmer que gelu doive dériver de *3elwa.
gôl : « sage, magique » (aussi ngol, conservant l’occlusive nasale initiale d’origine). Dérivé d’une racine ÑGOL « sage, sagesse, être sage » (LR:377). Gôl est évidemment un cognat du quenya ñóla « sage, érudit » ; cela signifie clairement que la forme primitive était *ñgôlâ avec l’allongement de la voyelle radicale et la terminaison adjectivale fréquente -â suffixée. (On ne sait pas exactement pourquoi la voyelle ô est devenue courte dans la forme alternative ngol). Selon les Etymologies, gôl (non accentué -gol) est le second élément dans le nom composé Thingol (q.v.).
gold : « Noldo » (aussi ngold). (LR:377 s.v. ÑGOL). La forme primitive donnée est dans PM:360 et WJ:383 comme étant ñgolodô (MR:350 : ngolodô), dérivée de la racine mentionnée ci-dessus ÑGOL « sage, sagesse, être sage » (ainsi définie dans LR:377) ou « connaissance, sagesse, savoir » (WJ:383). La forme ñgolodô montre le redoublement de la voyelle radicale (ómataina) et la terminaison masculine des êtres animés -dô. Le nom de clan Noldor [doriathrin *Goldin] signifiait « maîtres du savoir » (MR:350) ou « les Sages » (WJ:383) (« mais sage dans le sens de ceux qui possèdent la connaissance, non dans le sens de ceux qui possèdent la sagacité ou un jugement sûr » – Index du Silmarillion, entrée Noldor).
Goldamir : « Joyau noldo » = Silmaril (LR:377 s.v. ÑGOL). Golda semblerait être le génitif de gold « Noldo » (q.v.) ; pour un autre exemple de génitif dans un mot composé, voir Nauglamîr (et probablement Eglador). Pour le second élément, voir mîr, mir.
golo : « magie, savoir » (aussi ngolo). Manifestement dérivé de la même racine ÑGOL que gold, ngol (q.v.). Ce mot était apparemment le cognat du quenya ñolwe « sagesse, savoir secret » (LR:377). La forme primitive serait *ñgolwê, -wê étant une terminaison abstraite. Le développement serait *ñgolwê > *ñgolwe > *ñgolw > *ñgolu > ngolo (> golo). Etrangement, le -w apparaît comme -u dans d’autres cas, tel que gelu (< *3elw < *3elwa) ; voir aussi ganu, hedhu. Devons nous supposer que le -wê original produit -o, tandis que le -wâ donne -u ? Cela est difficile à justifier en termes de phonologie diachronique10.
hedhu : (orthographié heðu dans la source) « brumeux, obscur, vague ». Dans LR:364, ce mot est dérivé de la racine KHITH (variante KHIS), définie comme « brume, brouillard ». La forme primitive est donnée comme khithwa (vraisemblablement *khithwâ au stade le plus ancien). La terminaison -wa, -wâ est adjectivale, cf. par exemple narwâ « rouge ardent, rouge feu » dérivé de la racine NAR1- « flamme, feu ». Dans hedhu, le -â final est perdu et le w qui précède s’est changé en une voyelle pleine u ; voir gelu et évidemment ganu pour d’autres exemples de ceci. La voyelle finale-â a manifestement infléchit le i en e avant qu’il soit perdu ; comparer à méd dérivé de mizdâ. Le kh initial devient h, comme en quenya et sindarin ; hedhu est notre seul exemple doriathrin à ce sujet. Le changement du th post-vocalique en son équivalent voisé dh n’est pas universel, comparer par exemple avec umboth « grande mare » issu de MBOTH. Peut-être que le th de khithwa devint voisé au contact du w suivant avant que cette consonne voisée ne se change en voyelle, le -u de hedhu. (Comme le nom Luthien le démontre, le fait que le th intervocalique devienne régulièrement dh en doriathrin ne peut être la solution).
-ion : semblerait être la terminaison génitive pluriel, cf. region « de houx ». Le quenya a la même terminaison ; dans cette langue elle représente la terminaison -i + o marque du génitif + n autre marque du pluriel. Voir WJ:368, 407 ; cf. LR:360 s.v. 3O. Nous pourrions supposer que la terminaison doriathrine a plus ou moins la même étymologie. Voir aussi -a (la terminaison du génitif singulier).
istel, istil : « lumière argentée », dont on dit que le mot était « appliqué par les Ilkorins à la lumière des étoiles, sans doute une forme Q[uenya] apprise de Melian » (LR:385 s.v. SIL). Bien que la racine soit donnée comme SIL « briller d’argent », la dérivation est tout à fait remarquable. Le s initial de la racine semble être renforcé en st (dans VT 39:9, il est dit que Fëanor cita des exemples de renforcement initial mettant en cause « les relations entre st- et s- initiaux »). La racine variante *STIL qui en résulte produit évidemment istil au moyen du « préfixe intensif i », qui est utilisé « là où i est la voyelle radicale » (LR:361 s.v. I-). Istel semble être une simple variante ; peut-être que le second i devient un e par dissimilation du premier.
laur : « or ». Dérivé dans LR:368 d’une racine LÁWAR (LR:368) ; la forme primitive est donnée comme laurê. La terminaison -ê indique parfois les substances, cf. des mots primitifs comme srawê « chair » ou rossê « rosée, pluie fine » (MR:350, Letters:282). Il semble que laurê, d’où vient le quenya laurë, se rapporte correctement à la lumière dorée plutôt qu’à l’or en tant que métal (qui est malta en quenya, peut-être *malt ou *malth en doriathrin).
líw : « poisson », dérivé dans LR:369 d’une racine LIW, elle même non définie. Une forme primitive est donnée comme liñwi, montrant un infixe nasal ; le ñ a été abandonné dans le dérivé doriathrin, mais la voyelle précédente a apparemment été allongée en compensation. (Comparer à nîw « nez » issu de neñ-wi).
lóm : « écho », dérivé dans LR:367 d’une racine LAM, où elle n’est pas définie, mais cf. WJ:416 : « LAMA […] se rapporte aux sons, particulièrement aux sons vocaux, mais n’était appliqué qu’à ceux qui étaient confus ou inarticulés » (LAMA = LAM avec ómataina, la voyelle radicale suffixée). Le cognat quenya de lóm, láma, indique clairement une forme primitive *lâmâ. Pour un autre exemple d’un â long devenant ó en doriathrin, cf. drôg « loup » dérivé de d’râk.
lómen : « résonnant, retentissant » (aussi lómin). Dérivé de la même racine que lóm ci-dessus (ou peut-être plutôt du nom *lâmâ lui-même, puisque le ó doit descendre d’un â long), la forme primitive étant à l’évidence *lâminâ (cf. le quenya lámina). La terminaison adjectivale -inâ, apparemment une forme plus longue de la terminaison très fréquente -nâ, est « reconstruite » par Tolkien dans quelques adjectifs (ex. smalinâ « jaune », LR:386 s.v. SMAL). En doriathrin, la terminaison -inâ devient -en ; la voyelle finale originale a infléchit le i qui précède en e avant qu’elle ne soit perdue (pour un autre exemple d’inflexion en A produisant E à partir de I, cf. méd « humide, mouillé » à partir de mizdâ). L’adjectif lómen est aussi attesté dans le mot composé Lómendor *« Pays Résonnant », cf. aussi la variante lómin (lâmina avec le -a court final qui disparut avant qu’il ne puisse infléchir le i en e ?) dans Lóminorthin *« Montagnes Résonnantes » (LR:367 s.v. LAM, ainsi que LR:358 s.v. GLAM ; voir dor, orth pour des discussions sur les éléments finaux dans ces composés).
luin : « pâle ». La forme primitive est donnée comme lugni « bleu », c.-à-d. la racine LUG2 (LR:370, non définie) avec une terminaison -ni non attestée ailleurs, bien quel le -i soit une terminaison apparaissant dans de nombreux adjectifs de couleurs primitifs. Remarquer comment le g devant une autre consonne devient i et produit une diphtongue avec la voyelle précédente. (Lorsque dagnir, q.v., ne devient pas **dainir, c’est à l’évidence parce que ce g n’est pas original, mais provient d’un k : racine NDAK, LR:375. Cf. le fait que Tolkien changea Luithien en Lúthien, réalisant/décidant que le uk dans la forme primitive luktiênê ne devenait pas ui).
lung : « lourd » (cf. Mablung « main lourde »). Dans LR:370, dérivé de la racine LUG1, elle même non définie, mais la forme primitive de cet adjectif est donnée comme lungâ, montrant un infixe nasal et le -â adjectival. Nous aurions pu penser que le -â final original aurait causé une inflexion, de sorte que la forme doriathrin aurait plutôt été *long ; comparer à lost issu de *lustâ (voir Mablost). Des exemples de l’ilkorin suggèrent que devant un groupement de consonnes commençant par une nasale, l’inflexion n’a pas lieu, ce qui semble être également le cas en doriathrin.
luth : « magie »?, « charme, sortilège »? (aucune glose n’est donné en rapport avec le nom Luthien « enchanteresse »). Dérivé dans LR:370 d’une racine LUK « magie, enchantement » ; nous devons probablement supposer une forme primitive *lukt- avec une voyelle finale perdue (le quenya luhta- « enchanter, charmer, ensorceler » doit venir de *luktâ-).
Luthien : « enchanteresse », Lúthien (forme doriathrine changée par Tolkien à partir de Luithien ; voir luin ci-dessus à propos de cette forme alternative). Dérivé d’une racine LUK « magie, enchantement » (LR:370) ; la forme primitive est donnée comme étant luktiênê. La terminaison -nê est évidemment la contrepartie féminine du masculin -nô, tandis que luktiê pourrait être une formation abstraite *« enchantement » basé sur un verbe *luktâ- « enchanter » (voir luth ci-dessus). Luktiênê pourrait donc signifier littéralement « enchantement-femme », d’où « enchanteresse ».
mab : « main », dans LR:371, dérivé d’une racine MAP- « empoigner, saisir » ; la forme primitive est donnée comme mapâ. Quand la terminaison -â est utilisée pour dériver des noms, elle dénote typiquement des choses inanimées.
Mablung : « Main Lourde » (nom masc., l’ordre des éléments est réellement *« Main lourde »11). Mentionné dans LR:370 sous la racine LUG1 ; composé de mab et lung (q.v.).
Mablost : « Main Vide » (nom de Beren qui revint à Doriath sans le Silmaril ; sindarin Camlost). Dans les Etymologies, le mot Mablost est mentionné sous l’entrée de la racine KAB « creux » (LR:361), mais alors que cette racine est à propos pour le premier élément du sindarin Camlost, elle n’a rien à voir avec le mot doriathrin. Mablost est clairement un composé de mab « main » (q.v.) et d’un adjectif lost « vide », se référant évidemment à la racine LUS (elle-même non définie, LR:370), d’où vient le mot quenya lusta « vide ». Cet adjectif haut-elfique implique une forme primitive *lustâ. Le u original est devenu o en doriathrin, ce qui est facilement expliqué comme étant le résultat d’une inflexion causée par le -â final original avant qu’il ne soit perdu (mais voir lung).
méd : « humide, mouillé », aussi -med dans Dolmed. Dans LR:373, méd est dérivé d’une racine MIZD qui n’est pas définie, mais Christopher Tolkien est incontestablement dans le vrai en observant que les racines MISK (produisant des mots pour « humide, mouillé ») et MITH (donnant des mots pour « brume humide » et « gris ») sont probablement apparentées à MIZD. La forme primitive de méd est donnée comme mizdâ, le suffixe -â étant une terminaison adjectivale très courante. Le z est abandonné dans le mot doriathrin, mais la voyelle précédente est apparemment allongée en compensation. Remarquer que le z disparut à l’évidence après que le d post-vocalique se changea en dh (cf. par exemple radhon « est, orient » à partir de la racine RAD), ou sinon mizdâ serait plutôt devenu **médh. Non seulement la quantité de la voyelle radicale change, mais aussi sa qualité, i devenant é. Ceci est à l’évidence dû à une inflexion causée par le -â final original ; comparer à hedhu à partir de khithwa et mettre en contraste avec míd dérivé de mizdê, où la qualité de la voyelle radicale n’a pas changé (puisque -ê ne cause pas d’inflexion).
meneg : « mille » (?) (isolé de Menegroth, q.v. pour la référence). En ce qui concerne les problèmes avec meneg signifiant « mille » si les Elfes utilisaient un système duodécimal, voir l’article principal ci-dessus. On devrait normalement s’attendre à ce que l’élément meneg descende d’une forme comme *menekê (voyelle finale incertaine), mais aucune racine qui aurait pu produire un tel mot avec un tel sens n’est connue. La racine MEN donnant des mots pour « lieu, place, endroit » (LR:372), est probablement tout à fait hors de propos.
Menegroth : « les mille cavernes » (?). Inscrit dans LR:384 sous ROD, composé de meneg et roth (q.v.).
míd : « humidité ». Dérivé d’une racine MIZD (LR:373) ; voir méd pour davantage d’explications sur cette base. La forme primitive est donnée comme mizdê ; la terminaison -ê indique parfois les substances (voir laur pour des exemples).
mîr, mir : « joyau, objet précieux » (isolé de Nauglamîr et Goldamir, q.v.). Le quenya et l’ancien sindarin mírë indiquent une forme primitive *mîrê ; la racine MIR listée dans LR:373 n’est pas définie comme telle.
morngul, morgul : « sorcellerie » (LR:377 s.v. ÑGOL). Pour une discussion du second élément gul, voir durgul. Le sens littéral de mor(n)gul est clairement « sombre savoir », « magie noire ». L’élément morn- dérive manifestement de la racine elfique bien connue pour « sombre, noir », MOR (Letters:382, non définie dans LR:373). Un mot sindarin morn « noir » est cité dans LR:373 s.v. MOR (dans la version publiée de LR, morn est erronément donné comme « moru », une erreur de lecture). Le cognat quenya morna implique une forme primitive mornâ avec la terminaison adjectivale fréquente -nâ, et cette forme primitive est réellement « reconstruite » par Tolkien lui-même dans Letters:382. Morngul eut, à l’évidence, tendance à devenir morgul ; cf. Letters:427, où Tolkien explique que le sindarin Borgil représente born « chaud, rouge » + gil « étoile » – « le groupe tri consonantique étant alors réduit en rg ». Des réductions similaires avaient manifestement lieu en doriathrin.
moth : « mare, étang » (comparer avec umboth). Dérivé d’une racine MBOTH, elle même non définie (LR:373). Le quenya motto et le sindarin both impliquent tous deux une forme primitive *mbottô ; il semble qu’en doriathrin, comme en sindarin, le tt primitif devienne th. Cependant, il est surprenant que le mb initial donne m plutôt que **b. Puisque nd- produit d- (comme dôn à partir de *ndân-) et ng- donne g- (comme dans garm à partir de *ñgaramô), nous aurions pu nous attendre à ce que le mb soit désanalisé. Au lieu de cela, c’est l’occlusive b qui est absorbé par la nasale.
muil : « crépuscule, ombre, imprécision ». Dérivé dans LR:374 d’une racine MUY, non définie comme telle ; les dérivés tournent autour de concepts tels que caché, voilé, secret. Muil est manifestement le cognat du quenya muilë « discretion », indiquant une forme primitive *muilê. La terminaison -lê est typiquement abstraite, aussi « imprécision » est probablement le terme qui reflète le mieux le sens original ; « crépuscule » et « ombre » sont des applications plus concrètes de l’abstraction sous-jacente.
muilin : « voilé » (dans Umboth Muilin « Mare/Etang Voilé », q.v. pour la référence). Adjectif dérivé du nom muil (voir ci-dessus), la forme primitive est probablement *muilina. La terminaison adjectivale -in est aussi attestée dans lómin (variante de lómen, q.v.) et dans ngorthin (q.v.).
Nan Dungorthin, Nandungorthin : « Vallée de l’Horreur Noire » (LR:355 s.v. DUN, LR:374 s.v. NAD). Nan « vallée » n’est à l’évidence qu’une variante plus courte de nand (q.v.). Dungorthin est ngorthin « horrible » (q.v. pour davantage d’explications) avec le préfixe dun- « noir » ; voir dunn. Remarquer que dungorthin semble être à proprement parler un adjectif ; le sens littéral de Nan Dungorthin serait *« Vallée Noire-Horrible », non pas « Vallée de l’Horreur Noire ».
nand : « champ, vallée », à l'évidence un équivalent de la forme plus courte nan « vallée » dans Nan Dungorthin (voir ci-dessus). Tous deux sont dérivés de la racine non définie NAD listée dans LR:374 ; le quenya nanda « pré inondé » semble indiquer une forme primitive *nandâ avec un infixe nasal et la terminaison -â, indiquant manifestement ici simplement quelque chose d’inanimé.
nass : « tissu ». Dérivé dans LR:375 d’une racine NAT « lacer, tisser, nouer », qui est comparée à NUT « nouer, attacher » (LR:378). Le quenya natsë implique une forme primitive *natsê.
naugol : « nain » (naugl- quand une terminaison y est ajoutée, comme le génitif naugla dans Nauglamîr, q.v.). Dérivé dans LR:375 d’une racine NAUK, changée en NÁWAK ; ces racines n’étant pas définies en tant que telles. Bien des années plus tard, Tolkien fit dériver le quenya nauco « nain » d’une racine NUKU « nain, rabougri, qui n’a pas atteint sa pleine croissance ou réalisation, qui fait défaut à certains critères ou normes »12 (WJ:413) ; le NAUK des Etymologies peut passer pour une version de cette racine avec un A infixé. Il est dit (dans LR:375) que naugol est une forme diminutive, et nous devons probablement supposer une forme primitive *naukle. Pour une terminaison diminutive -le, comparer à nen-le « ruisseau » à partir de la racine NEN se référant à l’eau (LR:376) ; le sens littéral serait quelque chose comme *« petite eau ». Cf. aussi la terminaison diminutive -llë dans le quenya ñandellë « petite harpe » (LR:377 s.v. ÑGAN/ÑGANAD, cf. ñandë « harpe »). *Naukle deviendrait *naukl en eldarin commun, le l étant probablement syllabique ; plus tard une voyelle o se développa devant lui. Des développements similaires sont bien attestés en sindarin. Quand le l ne constitue pas une syllabe à lui tout seul, comme dans le génitif naugla, aucune voyelle supplémentaire n’était insérée devant lui.
Nauglamîr : « Le Collier des Nains », littéralement *« des Nains-trésor/joyau ». (LR:375 s.v. NAUK). Naugla est le génitif de naugol « nain » (q.v.). En ce qui concerne le second élément, voir mîr, mir.
Ndolmed : « Tête Mouillée » (nom d’une montagne, aussi Dolmed, q.v. pour l’étymologie) (LR:376 s.v. NDOL).
neldor : « hêtre » ; cf. Neldoreth, le nom d’une forêt (LR:376 s.v. NEL, NEL-ED ; LR:352 s.v. BERÉTH). Le premier élément, neld, signifie « trois », un mot qui n’est pas attesté indépendamment (mais le quenya neldë et le sindarin neledh indiquent tous deux une forme primitive *neledê, qui produirait neld en doriathrin). Tolkien suggère (dans LR:376) que neldor soit un composé de neld et orn, c.-à-d. « trois » et « arbre » (voir orn) ; cela se référerait correctement au « grand hêtre à trois troncs de Thingol » = le Hirilorn où Lúthien fut emprisonnée. Le nom Neldoreth semble aussi faire allusion correctement/originellement à cet arbre unique. La terminaison -eth pourrait représenter la terminaison féminine -ittâ mentionnée dans PM:345 (il y est dit qu’elle était à l’origine de la terminaison sindarine -eth).
ngol : « sage, magique » (LR:377 s.v. ÑGOL). Aussi gôl, q.v. pour la discussion.
ngold : « Noldo » (LR:377 s.v. ÑGOL). Aussi gold, q.v. pour la discussion.
ngolo : « magie, savoir » (LR:377 s.v. ÑGOL). Aussi golo, q.v. pour la discussion.
ngorth : « horreur », dérivé dans LR:377 de la racine ÑGOROTH, aussi définie comme « horreur ». Le mot sindarin correspondant listé là, goroth, implique une forme primitive *ñgoroth-, avec sans doute une voyelle finale qui fut perdue plus tard. (Cependant, dans une source ultérieure, Tolkien donne le mot sindarin comme gorth et le dérive de la racine ÑGUR « horreur » : WJ:415. Si nous supposons une forme primitive *ñgurtâ, celle-ci pourrait toujours produire ngorth en doriathrin, bien qu’elle ne puisse devenir goroth en sindarin). Ngorth a sans doute une forme alternative *gorth, l’occlusive initiale originale étant désanalisée ; cf. des doubles formes tells que ngold / gold.
ngorthin : « horrible » (ÑGOROTH). Apparemment censé être dérivé de *ngorothina ; la terminaison adjectivale -ina se rencontre dans de nombreuses « formes reconstruites », telles que ngolwina « sage, érudit dans les arts profonds » (LR:377 s.v. ÑGOL). Avec le préfixe dun- « noir » dans dungorthin, voir Nan Dungorthin.
nivon : « en avant, ouest ». Dérivé de la racine NIB « face, front, devant » (LR:378 ; ce mot est également listé sous la racine RAD, LR:382). La terminaison -on (forme primitive -ondo) est habituellement masculine dans les langues eldarines, mais ici elle semble être simplement nominale. Certains composés ne laissent apparaître que le préfixe niv- pour « ouest », cf. Nivrim, Nivrost. En ce qui concerne la sémantique impliquée dans la dérivation d’un mot pour « ouest » à partir d’une racine signifiant « face, front, devant », comparer avec l’appendice E du SdA : « [les directions] O, S, E, N […] étaient, dans les Terres Occidentales, nommées dans cet ordre, en commençant par l’ouest, et en se tenant face à lui. »
Nivrim : « Marche de l’Ouest », une région de Doriath (LR:378 s.v. NIB, LR:383 s.v. RÎ). Littéralement *« Frontière Ouest », c.-à.d. rim « limite, bord, frontière » (q.v.) avec le préfixe niv- « ouest » ; voir nivon.
Nivrost : « Vallée de l’Ouest » (LR:378 s.v. NIB, LR:384 s.v. ROS2), c.-à-d. rost (q.v.) avec le préfixe niv- « ouest » ; voir nivon.
nîw : « nez ». Dérivé dans LR:376 de NEÑ-WI, apparemment une racine NEÑ avec un suffixe que l’on ne trouve nulle part ailleurs. NEÑ-WI est simplement défini comme « nez ». Le ñ est abandonné dans le mot doriathrin, mais la voyelle précédente est apparemment allongée en compensation ; comparer à lîw « poisson » issu de liñwi. La voyelle originale e devient ici i. Ce changement fut probablement déclenché par la nasale suivante ñ, avant qu’elle ne soit perdue ; comparer avec kwentaro produisant cwindor (dans ce cas, la nasale suivant le e persiste).
orn : « haut arbre » (particulièrement = hêtre, mais en tant qu’élément final dans un mot composé = n’importe quel arbre) (LR:379 s.v. ORO, OR-NI). La racine ORO est en rapport avec des concepts tels que « en haut, vers le haut ; lever ; haut, grand » ; elle est comparée à RÔ « se lever » (LR:384; cf. le quenya Rómen « est », c.-à-d. la direction où le Soleil se lève). Il semble que dans les Etymologies, Tolkien envisagea la forme primitive de orn comme étant *orni. (ÓR-NI, LR:379). Cependant, UT:266, CLI 2:153 donne la forme primitive ornê. Remarquer que orn est défini comme « haut arbre » : UT:266, CLI 2:153 confirme que ce mot s’appliquait essentiellement aux arbres élancés, tandis que les arbres plus massifs et de grande envergure étaient appelés galadâ « grande croissance » (doriathrin gald).
orth : « montagne », pl. orthin. Dérivé dans LR:379 de la même racine ORO que orn (voir ci-dessus) ; une forme allongée ÓROT « hauteur, montagne » est aussi listée, et orth pourrait se référer à quelque chose comme *orotô (cf. le vieux sindarin oroto). Quand le r et le t se retrouvèrent en contact après la syncope13, le groupe rt en résultant devint rth (comme en sindarin – toute occlusive sourde pourrait produire cela après les liquides14 r, l : cf. UT:265, CLI 2:150, note de bas de page). – Le pluriel orthin apparaît aussi dans Lóminorthin *« Montagnes Résonnantes » (LR:367 s.v. LAM) ; voir lómen.
radhon : « est », dérivé dans LR :382 d’une racine RAD « dos, arrière, retour ». La terminaison -on (forme primitive -ondo) est habituellement masculine dans les langues eldarines, mais ici elle semble être simplement nominale. Certains composés ne laissent apparaître que le préfixe radh- pour « est », cf. Radhrim, Radhrost. En ce qui concerne la sémantique impliquée dans la dérivation d’un mot pour « est » à partir de d’une racine signifiant « dos, arrière », comparer avec l’appendice E du SdA : « [les directions] O, S, E, N […] étaient, dans les Terres Occidentales, nommées dans cet ordre, en commençant par l’ouest, et en se tenant face à lui. » – et donc avec le dos à l’est.
Radhrim : « Marche de l’Est », une région de Doriath (LR:382 s.v. RAD, LR:383 s.v. RÎ). Littéralement *« Frontière Est », c.-à-d. rim « limite, bord, frontière » (q.v.) avec le préfixe radh- « est » ; voir radhon.
Radhrost : « Vallée de l’Est » (LR:382 s.v. RAD, LR:384 s.v. ROS2), rost (q.v.) avec le préfixe radh- « est » ; voir radhon.
regorn, pl. regin, gén. pl. region : « houx », aussi le toponyme Region. Dérivé dans LR:356 d’une racine ERÉK « épine », cependant, aucun e initial n’apparaît dans les mots doriathrins (compare avec le sindarin ereg « houx » et le quenya erca « piquant, épine »). Le e initial non accentué pourrait avoir été perdu en doriathrin ; cependant, il est aussi possible qu’ERÉK soit une version avec voyelle radicale préfixée d’une racine plus simple *REK, et que c’est cette racine qui est reflétée dans le mot doriathrin. Regorn (lit. « arbre-houx ») ne signifie que cela15, comprenant orn « arbre » (q.v.), tandis que le pl. regin et le gén. pl. region sont formés directement à partir de la racine.
rim : « limite, bord, frontière », dérivé dans LR:383 d’une racine non définie RÎ ; le quenya ríma indique une forme primitive *rîmâ avec une terminaison -mâ très fréquente, utilisée pour former des noms qualifiant des choses inanimées (habituellement des objets façonnés, très souvent des outils). Remarquer que la voyelle radicale longue î dans *rîmâ a été raccourcie dans rim ; comparer au raccourcissement de la voyelle longue originale dans roth < rôda. Le mot rim apparaît dans des composés comme Nivrim, Radhrim (q.v. pour les références ; ces mots sont traduits « Marche de l’Ouest » et « Marche de l’Est », mais il semble que rim ne signifie pas à proprement parler « marche »).
ring : « étang ou lac froid (dans les montagnes) ». Dérivé dans LR:383 d’une racine RINGI « froid » ; la forme primitive serait simplement *ringi (cf. le quenya ringë).
rost : « plaine, large terre entre des montagnes ». Dérivé dans LR:384 de la racine ROS2. La forme primitive serait *rost- avec une voyelle finale, perdue ultérieurement ; aucune étymologie précise ne peut être avancée puisque Tolkien ne définit pas la racine et ne fit dériver que ce mot unique de celle-ci, sans cognat dans les autres langues elfiques. Aussi attesté dans les composés comme Nivrost, Radhrost (q.v. ; ce dernier est traduit « Vallée de l’Est », fournissant le sens supplémentaire « vallée » pour rost).
roth : « caverne, grotte », pl. rodhin. Dérivé dans LR:384 d’une racine ROD, simplement définie comme « caverne, grotte » ; Tolkien esquisse un développement rôda > rôdh > rôth (et par la suite la voyelle fut manifestement raccourcie, donnant roth ; cf. rim ci-dessus). Remarquer que le dh ne peut à l'évidence pas apparaîtrre en position finale, aussi devient-il th (mais reste dh quand une terminaison est ajoutée de sorte que le son n’est plus final, d’où le pl. rodhin au lieu de **rothin). Composé dans Menegroth (q.v.) – on notera que dans une source tardive, il est dit que l’élément final du nom Menegroth est groth, représentant une forme primitive grottâ, dérivé d’une racine groto « creuser, excaver, creuser un tunnel » (WJ:414). En sindarin, groth ou roth ne peuvent pas être dérivés d’une racine ROD, comme c’est le cas pour le doriathrin roth. Tolkien (souhaitant garder le nom Menegroth établi depuis longtemps) inventa-t-il une nouvelle étymologie pour le mot parce qu’il vint alors à envisager la langue de Doriath simplement comme une forme de sindarin, rendant obsolète la langue doriathrine distincte des Etymologies ?
Thingol : (nom masc.). Dérivé de la racine THIN (LR:392), non définie en tant que telle, mais il est suggéré qu’elle soit une variante de TIN « étinceler, scintiller, émettre de fins rayons (d’argent, pâles) ». THIN produit des mots pour « gris, pâle, soirée, s’effacer ». Cette entrée dans les Etymologies implique que le nom de Thingol dans la langue primitive était *Thindô *« Le Gris » (la forme primitive n’est pas donnée comme telle, mais comparer avec le quenya Sindo et le telerin Findo). Une forme *Thindô donnerait Thind en doriathrin (celle-ci est donné comme une forme ilkorine dans LR:392 ; le terme ilkorin semble parfois inclure le doriathrin plutôt que dénoter une langue indépendante). Mais selon la même source, Thind fut plus tard appelé Thingol, un nom composé de Thind (Thin-) et gôl (-gol), ce dernier élément signifiant « sage » (voir gôl pour davantage d’explications). Cependant, Tolkien rejeta ensuite cette explication du second élément dans le nom Thingol. Dans les sources ultérieures, le nom Thingol est interprété « Cape Grise » (déjà ainsi dans l’appendice A du SdA : « Lúthien Tinúviel était la fille du Roi Thingol au Gris Mantel […] »). Dans MR:385, il est dit que le second élément de Thingol (quenya Sindikollo) est kolla, qui est défini par « porté, particulièrement [quand il est utilisé comme un nom] un vêtement ou une cape ». (Le -a final de kolla est remplacée par la terminaison masculine -o dans le nom Sindikollo). Il semble que kolla soit un mot quenya ; la forme primitive peut être donnée, avec hésitation, comme *kolnâ, c.-à-d. une racine *KOL « porter » (cf. le quenya colindo « porteur » dans Cormacolindor « Porteurs de l’Anneau », SdA3:VI ch. 4, traduit dans Letters:308) avec la terminaison adjectivale/participe passé -nâ. Si la forme masculinisée kollo descend d’un mot qui existait déjà dans la langue primitive, ce serait *kolnô. Tandis que la forme primitive *Thindikolnô donnerait Sindikollo (ou *Sindicoldo) en quenya, il n’est pas certain qu’elle deviendrait Thingol dans le doriathrin des Etymologies. En sindarin, une langue qui lénifie le k (c) initial en g quand un mot apparaît comme second élément dans un composé, *kolnâ ou *kolnô deviendrait effectivement -gol dans cette position. En ce qui concerne la présence ou l’absence de lénition dans le doriathrin des Etymologies, il y a peu d’évidence dans un sens ou dans l’autre (voir, cependant, Thuringwethil ci-dessous), mais comparer avec l’ilkorin basgorn « pain rond » (bast « pain » + corn « rond »), montrant la lénition C > G.
Thuringwethil : « (femme de l’) ombre secrète ». Dérivé dans LR:393 d’une racine THUR- « entourer, cerner, clôturer, garder, défendre, entourer d’une haie, cacher ». Le premier élément, thurin (*thurina ?) est apparemment une variante de l’ilkorin thúren « gardé, caché » (*thûrinâ ?). Gwethil semblerait signifier « femme-ombre », devant clairement se référer à la racine WATH « ombre » (LR:397). Remarquer que, comme en sindarin, le w- initial primitif apparaît comme gw- en doriathrin ; mais à la différence du système sindarin, le g initial n’est paslénifié en zéro dans les mots composés (sous THUR, la forme sindarine/« noldorine » de Thuringwethil est donnée comme Dolwethil, et non pas **Dolgwethil). La voyelle radicale de WATH à été infléchie en e dans gwethil ; l’inflexion serait causée par le i de la terminaison -il, qui semblerait être une sorte de terminaison féminine (cf. peut-être le quenya -il dans tavaril « dryade » [à mettre en contraste avec le masc. tavaron], LR:391 s.v. TÁWAR).
umboth « grand(e) mare, étang », Umboth Muilin « étang voilé » (toponyme) (LR:372 s.v. MBOTH, LR:374 s.v. MUY; voir muilin pour une discussion du second élément de ce nom). Umboth « grand étang » aurait la même origine que la forme parallèle both « mare, étang », c’est-à-dire *mbottô (voir both). Umboth pourrait sembler inclure un préfixe, mais il représente sans doute simplement un autre développement de mbottô : une forme où le m en vint à constituer une syllabe par elle-même (*m’bottô) et une voyelle se développa finalement devant cette consonne syllabique. Des développements parallèles sont connus en quenya, telerin et sindarin, comme quand ñgólê avec un ñ syllabique devient ingolë en quenya, engole en telerin et angol en sindarin (la forme doriathrine serait-elle *ungol ?). Voir l’entrée engole dans la liste des mots incluse dans l’article sur le telerin pour les références.
urch, pl. urchin : « orque ». Dans les Etymologies, la forme primitive de ce mot est donnée comme órku (défini comme « gobelin »), dérivé d’une racine non définie ÓROK (LR:379). Cette racine pourrait être comprise comme une variante avec voyelle radicale préfixée de ROK « cheval », en supposant qu’à l’origine elle se référait au destrier du monstrueux « Cavalier noir sur son cheval sauvage » qui chassait les Elfes près de Cuiviénen, la racine ROK étant à l’origine associée aux créatures de Melkor. Cependant, Tolkien fit dériver ultérieurement les mots elfiques pour « Orque » de la racine RUKU ayant rapport avec la peur (WJ:389) et fit une liste de formes primitives hypothétiques : urku, uruku, urkô. Toutes celles-ci donneraient probablement urch en doriathrin. Remarquer que, comme en sindarin, le c devient ch après un r ; toute occlusive sourde peut produire cela après les liquides r, l (cf. UT:265, CLI 2:150, note de bas de page).


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NOTES DE TRADUCTION
1 Ici le texte original est *« Dwarf's Necklace », une formulation génitive typiquement anglaise qui n’est pas traduisible en français. [NdT]
2 Ce phénomène existe aussi en français, mais il est assez rare : animal/animaux. [NdT]
3 Aussi nommé umlaut, un cas particulier de métaphonie (voir le glossaire linguistique). [NdT]
4 Ou en français. [NdT]
5 L’ordre utilisé par Helge pour traduire Dolmed, l’ordre normal en anglais, est Wet Head (lit. « Mouillée Tête »), alors que l’ordre des éléments dans le composé est dol-méd, Head-Wet (« Tête Mouillée »). [NdT]
6 syncope : retranchement d’un phonème ou d’une syllabe à l’intérieur d’un mot.
7 Modification de la traduction française qui donne « belle venue » pour great growth. [NdT]
8 « extension vocalique », l’addition à la racine d’une voyelle identique à la voyelle radicale (sundóma) (WJ:371, 417). [NdT]
9 L’auteur souligne que la traduction littérale est realm-hidden, au lieu de l’ordre anglais usuel hidden realm, donné par Tolkien (voir également la note 5). [NdT]
10 diachronique : relatif à la diachronie (caractère des phénomènes linguistiques considérés du point de vue de leur évolution dans le temps). [NdT]
11 La traduction de Tolkien est Heavy-hand, mais Helge souligne que l’ordre réel des éléments de ce composé est Hand-heavy (voir aussi les notes 5 et 9). [NdT]
12 La formulation originale est : « dwarf, stunted, not reaching full growth or achievement, failing of some mark or standard ». [NdT]
13 Voir note 6. [NdT]
14 liquides : nom donné aux consonnes l, m, n, r, dont l’émission après une autre consonne et dans la même syllable (ex. « craie », « clef », « calme », etc.), se fait aisément (à la manière d’un fluide qui s’écoulerait facilement). Noter cependant que, selon les sources, certaines définitions des liquides n’incluent que l et r, les autres consonnes (m et n) étant considérées commes des nasales, distinctes des liquides. [NdT]
15 L’anglais holly-tree (lit. *« houx-arbre ») employé ici est normalement traduit simplement par « houx » en français. [NdT]

* Traduction française pour Ardalambion.fr par Stéphane Landais, révisée par Sébastien Bertho, avec l’aimable autorisation de l'auteur. Les inexactitudes et les éventuelles erreurs sont entièrement de la responsabilité du traducteur. Les autres articles non traduits de Helge sont disponibles en anglais sur son site Ardalambion, une véritable référence pour ceux qui s'intéressent aux langues inventées par Tolkien.
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# Posté le mercredi 25 juillet 2007 10:07

Modifié le dimanche 29 juillet 2007 05:27

Les Etymologies : Index par mots elfiques

Les Etymologies : Index par mots elfiques
par Helge K. Fauskanger*

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Le premier index des Etymologies est une liste des définitions en anglais données dans cette oeuvre, de façon à ce que le mot elfique pour un concept donné soit facilement localisé 1 . Je le complète à présent avec un second index, listant tous les mots efiques dans les Etym. Alors que les mots elfiques sont plus faciles à retrouver que leur traduction en anglais, puisqu'ils possèdent au moins une ressemblance avec la racine dont ils sont dérivés, certains mots peuvent aussi se retrouver à des endroits inatendus. Par exemple, je suppose qu'il est loin d'être évident pour la plupart des gens que pour retrouver beaucoup de mots quenyas commençant en L il leur faudra chercher dans les racines commençant en D.
L'orthographe de Tolkien est retenue, même lorsqu'elle diffère de celle utilisée dans le SdA (comme k, q, ks au lieu de c, qu, x en quenya; autrement, je recommande l'orthographe du SdA). Les digraphes th, dh sont utilisés plutôt que les lettres spéciales (edh, thorn), qui sont parfois employées dans les Etym.
Les crochets marquent les mots qui furent rayés par Tolkien, ex.
[Barada] (T) BARÁD
Quand non seulement le mot, mais aussi la racine en question était rayée, l'entrée dans son ensemble est mise entre crochets :
[eske (Q) EZGE]
Dans les Etym, beaucoup de mots quenyas ont des génitifs en -en, -n. De tels mots sont cités pour démontré comment les mots se comportent lorsqu'ils sont déclinés; parfois la racine change. Cependant, alors qu'il écrivait le SdA, Tolkien révisa les terminaisons casuelles du quenya, et -(e)n devint la terminaison dative au lieu de génitive. En accord avec cette révision, les mots en question sont identifiés en tant que datifs (« dat. sing. ») dans cet index, bien que Tolkien les ait considérés comme des génitifs au moment où il écrivit les Etym.
Parfois, la forme antérieure et ultérieure d'un mot est donné dans les Etym (dans de nombreux cas, le changement a quelque chose à voir avec le nd sindarin devenant nn ou des assimilations similaires). J'ai employé le signe > pour « devenant ultérieurement » :
brand > brann (S) BARÁD
De la même façon, < signifie « qui était antérieurement... » :
brann < brand (S) BARÁD
Les abréviations utilisées sont les mêmes que dans l'autre index, mais elles peuvent être répétées ici :
A - Archaïque/Ancien/Ancestral/Astérisqué, utilisé pour identifier les formes primitives citées. De telles formes sont habituellement, bien que pas toujours, astérisquées comme « non attestées ». Noter que le texte A n'apparaît pas réellement dans le texte de LR. La plupart des mots « A » sont en fait des mots de QP, ou dans certains cas d'Eld (voir ci-dessous), mais ces abréviations sont rarement utilisées dans les Etymologies.
AS - Ancien Sindarin, ON (« Old Noldorin ») dans le texte original de LR (voir S ci-dessous).
Dan - Danien (Nandorin)
Dor - Doriathrin
Eld - Eldarin, présumablement Eldarin Commun , l'ancêtre commun de toutes les langues eldarines (par opposition à Avarin) - incluant les deux plus importantes, le quenya et le sindarin.
Ilk - Ilkorin, le langage des Eldar qui restèrent en Beleriand alors que les autres traversèrent la mer pour Aman. Les Ilkorindi correspondent donc aux Sindar dans la conception finale de Tolkiens, et de fait le statut de la langue ilkorine dans la mythologie mature est incertain : sa place doit avoir été usurpée par un autre langage quand Tolkien changea le « noldorin » en sindarin et transféra cette langue d'Aman en Terre-du-Milieu (voir S ci-dessous).
L - « Lindarin », lire : Vanyarin. Tolkien envisagea originellement Lindar comme le nom du Premier Clan, mais plus tard il devint le nom du Troisième Clan, les Teleri. Quoi qu'il en soit, cette abréviation n'apparaît que deux fois, sous ING et ÑOL.)
Oss - Ossiriandeb (n'apparaît qu'une fois, dans l'entrée LÁWAR).
Q - Quenya, « Qenya ».
QP - Quendien Primitif, la langue originale inventée par les Elfes à Cuiviénen, l'ancêtre ultime de toutes les langues elfiques (cf. A ci-dessus).
R - sens de la Racine, une définition appliquée à la racine primitive elle-même (c'est à dire à l'entrée elle-même). Noter qu'en réalité l'abréviation R n'apparaît pas dans le texte de LR.
S - Sindarin, Gris-Elfique. Dans le texte de LR, l'abréviation « N » est employée à la place : dans les années 30-40 Tolkien se cramponait encore à l'idée que la langue sonnant comme le gallois de sa mythologie était le Noldorin, le langage que les Noldor developpèrent en Valinor (alors que le quenya était la langue du Premier Clan seulement). Ce n'est que quand il fut sur le point de finir le SdA que Tolkien décida (ou réalisa) finalement que cette langue était plutôt le langues des Elfes Gris en Terre-du-Milieu. En accord avec cette révision nous employons l'abréviation S au lieu de N, et de même AS, Ancien Sindarin, là où le texte a ON pour Old Noldorin (« Ancien Noldorin »).
T - Telerin

Erreurs probables dans les Etymologies

par Helge K. Fauskanger*

Les Etymologies, publiées dans The Lost Road pp. 347-400 (pagination de la première édition), constituent notre principale source de vocabulaire elfique. Cependant, l'ultime expert des langues elfiques était mort depuis des années quand ces Etymologies furent éditées, et quelques erreurs semblent s'être glissées dans la transcription de son manuscrit original. Nous faisons ici allusion à de véritables erreurs de lecture ou à des coquilles d'impression, par opposition aux changements et aux révisions tardives effectués par J.R.R. Tolkien lui-même (incluant la révision intégrale de l'histoire de sa langue aux sonorités galloises : la totalité du "noldorin" soudainement changée en sindarin).
En relevant ces quelques erreurs potentielles dans les Etymologies telles qu'elles sont publiées dans The Lost Road, nous ne signifions nullement que Christopher Tolkien a effectué un travail peu soigneux en les préparant pour la publication. D'après ses notes, il apparaît clairement que les Etymologies forment est un document très difficile, rédigé avec une encre qui a mal resisté au temps, et contenant des couches et des couches de révisions et d'additions souvent assez embrouillées dès le début. Lorsqu'il le voulait, J.R.R. Tolkien pouvait faire preuve d'une très belle calligraphie, mais nous devons aussi rappeler que son écriture manuscrite était en revanche souvent tout sauf calligraphique; certains des exemplaires qui en ont été publiés peuvent uniquement être qualifiés de griffonnages. Tous les amoureux des langues inventées par Tolkien devraient être éternellement reconnaissants envers Christopher Tolkien pour avoir entrepris ce qui a du être un travail de transcription long, difficile et fastidieux : où en serions nous aujourd'hui sans les Etymologies ? C'est justement parce que Christopher Tolkien nous a fourni une telle quantité d'informations que nous sommes capables d'appréhender les règles générales d'évolution des sons dans ces langues et d'en extraire les quelques formes anormales. Les sections qui suivent peuvent paraître constituer une longue liste, mais les erreurs probables sont en réalité assez peu nombreuses, comparées au nombre total de mots.
1. Problèmes avec les n
La lettre n intervient dans un nombre relativement important d'erreurs potentielles de lecture, où elle est soit utilisée à la place d'une autre lettre, soit elle-même mal déchiffrée (lue comme r, ri ou u). Il lui arrive aussi dans un ou deux cas d'avoir été complètement omise. Il semble que l'écriture manuscrite de Tolkien ait été particulièrement délicate à déchiffrer, et plutôt ambiguë sur ce point.
Le quenya nyano « rat », de l'elfique primitif *nyadrô (radical NYAD), est certainement une erreur pour *nyaro, à mettre en parallèle avec son équivalent en sindarin, nâr. Il est vrai qu'un D primitif à l'initiale peut parfois donner un n en quenya par assimilation avec un autre n situé plus loin dans le mot (voir WJ:414), mais le d de *nyadrô n'est pas initial, et il n'y a aucun autre n ensuite dans ce mot. D'ailleurs, même si le n initial pouvait provoquer un changement du d en n, une forme intermédiaire *nyanrô aurait probablement produit *nyarro ou *nyarno, plutôt que nyano.
Un autre cas de confusion entre n et r apparaît dans le pluriel quenya ontani « parents », commun aux mots ontaro « parent, géniteur » et ontare « parente, génitrice », respectivement masculin et feminin (ONO). Ainsi que le suggèrent les formes singulières, il faudrait en fait lire ontari, lecture que nous confirme d'autre part SD:73. Mais SD et la version publiée du Seigneur des Anneaux indiquent que Tolkien a mis ce mot au rebut et a finalement décidé que « parent » se dirait nostari en quenya (singulier générique *nostar, masc.*nostaro et fem. *nostarë).
Sous le radical KHOR, nous rencontrons le verbe sindarin hoeno- ou heno- « commencer soudainement ». Il faudrait certainement le rectifier en *hoerio, *herio, où la séquence ri aura été prise pour un n. Le R final du radical ne peut en aucun cas donner un n en sindarin, et de nombreux verbes se terminent d'ailleurs par -io dans cette langue.
Un autre cas où un n est pris pour ri se trouve dans le verbe sindarin glin- « chanter ». La forme du radical, GLIR, nous assure pratiquement qu'il s'agit d'une erreur de lecture pour *gliri. Dans les Etymologies, de nombreux verbes font leur infinitif en -i, par exemple giri « frémir, trembler », du radical GIR.
Le mot sindarin egledhriur « éxilés » sous TÂ/TA3 devrait probablement être corrigé en *egledhruin.
Sous YA, nous lisons que « "vieux", délabré, usé (à propos d'une chose) se dit gem [GENG-WÂ]. Voir GYER ». Ainsi que nous pouvons le constater, Tolkien a lui-même inclus une référence à GYER, tandis que Christopher Tolkien a ajouté, de manière incorrecte (bien qu'avec les meilleurs intentions !) une référence à GENG-WÂ entre crochets. Bien entendu, il existe effectivement un mot gem sous le radical GENG-WÂ, mais il ne signifie pas « vieux » (pour une chose), mais « maladif » (qui ne peut de toute évidence que s'appliquer à des êtres vivants). Comme nous l'avons vu, Tolkien a ajouté lui-même la référence à GYER et non à GENG-WÂ ; or sous ce radical GYER nous trouvons le mot gern « usé, vieux (se disant d'une chose) ». Pour en finir rapidement avec une histoire qui commence à se faire longue : le mot gem de l'entrée YA est une erreur de lecture pour gern. S'étant mépris sur ce mot, Christopher Tolkien a alors naturellement pensé qu'il était apparenté avec le vrai mot gem que l'on trouve à l'entrée GENG-WÂ, mais ces mots ne signifient pas du tout la même chose.
Le verbe sindarin damna- « marteler », sous le radical NDAM, devrait peut-être être rectifié en *damma, à comparer avec son passé dammint.
De même, le verbe sindarin tamno- « cogner, frapper (à la porte) » dérivant de TAM devrait manifestement être rectifié en *tammo- ; le texte indique que la forme primitive est *tambâ-, et un b ne peut pas devenir un n en sindarin (sur le même modèle, la forme primitive de *damma- doit avoir été *ndamba-, dans la mesure où le mot quenya associé est namba-).
Le terme sindarin Dadhrin « Nandor », sous le radical NDAN, devrait probablement être corrigé en *Dadhrim, dans la mesure où -rim est la terminaison habituelle des noms de peuple ; voir RIM.
Sous le radical AM1, le pluriel du mot ilkorin aman « mère » est emuin. Il faudrait indubitablement lire *emnin, étant donnée la forme au singulier. Comparer l'ilkorin boron « homme », pluriel burnin et non **buruin (BOR). Les n de Tolkien étaient souvent similaires à ses u ; voir par exemple The Letters of J.R.R. Tolkien n°279, où le mot nin dans l'invocation a tiro nin (provenant du Seigneur des Anneaux) est mal orthographié niu.
Un cas similaire se rencontre dans le sindarin moru « noir » sous le radical MOR. Il faudrait lire morn comme dans The Letters of J.R.R. Tolkien, n°382 et 427 ; voir aussi mornedhel « Elfe noir » (morn + edhel) dans WJ:377.
Il en va de même pour le quenya leuka- « détacher, desserrer », dérivant de LEK « détacher, desserrer, libérer » et pour lequel il faudrait lire *lenka-. Les verbes présentent souvent une infixion nasale en quenya (considérer par exemple panta- « déployer », dérivant du radical PAT), mais une infixion en u pour donner leuka- à partir de LEK serait sans précédent. Heureusement, une alternative lehta-, de même signification, est aussi indiquée sous le radical LEK, de sorte que les écrivains peuvent utiliser ce verbe et complètement ignorer leuka- (d'autant qu'il existe par ailleurs un nom quenya leuca signifiant « serpent », selon une note de bas de page dans l'appendice E du Seigneur des Anneaux).
Le verbe sindarin hamnia « s'habiller » sous le radical KHAP devrait selon toute vraisemblance être rectifié en *hamma-, un m ayant été incorrectement lu comme ni. A rattacher au nom verbal correspondant, hammad « habillement ».
Sous le radical BOR nous trouvons un mot quenya vorogandele « chantant toujours le même refrain », mais le quenya n'autorise pas qu'un g apparaisse dans une telle position : cette consonne intervient uniquement dans la combinaison ng, ou ñg selon la graphie utilisée dans les Etymologies. Il faudrait donc à l'évidence lire *voroñgandele, à mettre en relation avec le radical ÑGAN et les mots qui en dérivent.
Un autre cas potentiel où une nasale viendrait à manquer se rencontre peut-être dans le mot quenya makar « commerçant, marchant » (MBAKH). Sur la base du verbe manka- « commercer » et du nom mankale « commerce », on peut raisonnablement se demander s'il ne faudrait pas lire *mankar au lieu de makar. Dans Le Seigneur des Anneaux, macar (makar) signifie « épéiste » (dans Menelmacar « *Epéiste du Ciel », Orion - voir la première note de bas de page dans l'appendice E).

2. Divers
Le sindarin rhinn « circulaire », à l'entrée RIN, devrait probablement être rectifié en *rhenn s'il est apparenté au quenya rinda (elfique primitif *rindâ, non attesté ; en sindarin, le â provoquerait une mutation par umlaut de la voyelle de base i en e, avant que la voyelle finale ne soit perdue). Peut-être l'éditeur a-t-il confondu *rhenn avec rhinn « cercle », mentionné sous la même entrée ?
La forme Duveledh « *Elfe Noir » (et non le pluriel « Elfes Noirs » comme pourrait l'indiquer une interprétation trop littérale de la formulation de l'entrée MOR) devrait indubitablement se lire *Dureledh : un des r de Tolkien aura été trop similaire à un v. À comparer avec duredhel sous DO3/DÔ ; cf. aussi Barad-Dûr, et non pas *Barad-Dûv, pour « Tour Sombre ». Mais dans WJ:377, un document postérieur de trente ans aux Etymologies traduit « Elfe Noir » par Mornedhel, et les anciennes formes Duveledh/*Dureledh/duredhel peuvent par conséquent être totalement ignorés.
La nom peleki « terrain clôturé » en vieux sindarin (ON) devrait certainement se lire *pelehi. Le radical est PEL(ES), et tandis qu'un S en sindarin peut dans certains cas être muté en h par lénition, il n'y a aucun (autre) cas connu où un s deviendrait un k. Un tel développement phonologique n'est d'ailleurs pas davantage probable.
Un cas semblable, mais mettant en jeu un erreur de lecture différente, se rencontre dans khelelia comme forme tardive du vieux sindarin khelesa « verre » (KHYEL(ES)). Khelelia devrait se lire *kheleha.
Le sindarin rhaes « corne » (RAS) semble être une erreur pour *rhass, à mettre en relation avec la forme -ras que l'on rencontre dans des noms comme Caradhras, ou encore avec le mot apparenté en quenya, rassë.
Le quenya raime « chasse » devrait manifestement être rectifié en *roime. Non seulement son radical est ROY, mais un autre mot dérivé est aussi attesté, roita- « poursuivre » (et non **raita).
Sous GIL, nous avons l'impression que geil est le pluriel du nom sindarin gîl « étoile » ; mais selon la connaissance que nous pensons avoir du sindarin, gîl devrait être le pluriel « étoiles » et geil sa forme au singulier « étoile » (bien qu'il faille plutôt lire gail si l'on veut employer la langue sindarine contemporaine au Seigneur des Anneaux ; c'était aussi la forme que ce mot avait dans la langue « gnomique » inventée par Tolkien dans sa prime jeunesse).
Le quenya helk « glacial » (KHEL, KHELEK) n'est pas, en fait, un mot possible en haut-elfique, où l'on rencontre difficilement un groupe de consonnes en finale d'un mot, et certainement pas lk. Lire par conséquent helka, comme dans LT1:254 et dans l'appendice linguistique du Silmarillion.
Le verbe sindarin gwedi « attacher ou lier », dérivé du radical WED, devrait de toute évidence être *gwedhi. Après une voyelle, le D primitif devient dh en sindarin. Dans ses écrits, Tolkien utilisait souvent la graphie ð pour ce son : considérer à titre de comparaison la forme de ce verbe au passé, gweðant. Un ð (dh) aura sans doute été pris par erreur pour un d, à moins que Tolkien lui-même n'ait fait la faute.
Sous KHAL, un mot sindarin orchel « supérieur, noble, éminent » est donné ; Christopher Tolkien admet en note que le e est d'une lecture incertaine. La racine KHAL suggère qu'il faudrait lire orchal 1, ce que confirme WJ:305.
Un autre cas où un a est pris pour un e se rencontre apparemment dans sogennen, le participe passé du verbe sindarin sogo- « boire » (SUK). Les autres examples de participes passés en sindarin tendent à suggérer qu'il faudrait plutôt lire sogannen. (Cf. mae govannen, et non pas *mae govennen, pour « heureuse rencontre » 2 dans le Seigneur des Anneaux).
La forme tolle comme pluriel de tol « île » (TOL2) devrait probablement être tolli, comme dans LT1:269. Les noms ne forment pas leur pluriel en -e en quenya.
Sous ÑOL, un mot quenya holme « odeur » est donné. Devrions nous-plutôt lire *ñolme ? Nous n'avons pas d'autre exemple de mot avec un Ñ à l'initiale en elfique primitif (par opposition à ÑG), de sorte que nous ne pouvons envisager avec certitude son évolution dans les langues elfiques. Corriger holme en *ñolme produirait un conflit avec un mot plus tardif pour « science », donné dans PM:360, mais ce n'est pas un élément concluant - tout au plus cela suggère qu'il peut être pratique pour nous de conserver holme sous cette forme. Tant que nous n'avons pas d'autre preuve que ce mot est incorrect, je dirais que nous pouvons accepter l'écriture holme, mais ce serait plus agréable si nous pouvions définitivement trancher la question.
3. De quel langue s'agit-il ?
Sous le radical NAR1, le mot sindarin (N) pour « soleil » est indiqué comme étant Anar, mais c'est en fait le terme quenya ; la forme sindarine est Anor, ainsi que cela est indiqué sous ANÁR : à comparer avec des noms comme Minas Anor dans Le Seigneur des Anneaux.
Sous KAL les noms propres Kalamor et peut-être aussi Kalamando sont marqués comme étant sindarins (N), mais ils sont manifestement en quenya : en sindarin, un m suivant une voyelle serait muté en v par lénition.
Eu égard à la formulation de l'entrée SKEL, le verbe helta- « déshabiller, mettre à nu » semble être sindarin, mais dans cette langue t devient normalement th après un l. Soit helta- est quenya, soit cette forme doit être considérée comme une erreur de lecture pour *heltha-. La première solution est plus probable. Tolkien aura simplement oublié de placer un Q devant ce verbe ; l'éditeur ne peut être tenu pour fautif dans ce cas.
Sous le radical YUL, les mots iolf « brandon » et iûl « braise, charbon ardent » sont indiqués comme étant ON, soit vieux noldorin (comprendre vieux sindarin). Il devrait probablement s'agir d'un N : ces mots semblent a priori noldorins.
4. Qu'est-ce que cela signifie ?
Sous le radical PHI, un mot quenya fion pl. fiondi ou fioni est indiqué ; sa définition était « malheureusement illisible ; l'interprétation la plus probable serait « hâte, précipitation » [anglais haste] 3, mais « faucon » [anglais hawk] est une autre possibilité ». Comme « hâte » n'aurait probablement pas de pluriel, nous devons définitivement lire « faucon ». En outre, un mot entièrement différent pour « hâte » est déjà donné sous la racine GOR.
Sous KHOR, le quenya hórea est glosé comme signifiant « impulsion » [idem en anglais]. Selon ce que nous pensons savoir de la formation des mots en quenya, la signification devrait plutôt être « impulsif » [anglais impulsive] : ce mot a toutes les apparences d'un adjectif dérivé du nom hóre « impulsion » [anglais impulse].
Le sens du radical KHUG (voir KHUGAN) est indiqué comme étant « aboyer ou glapir » [anglais bark, bay]. Certaines éditions de The Lost Road donnent l'anglais bar pour bark, à l'évidence une coquille d'impression.
Sous le radical YUK « employer, utiliser » [anglais employ, use], un verbe sindarin iuitho est donné ; sa définition était presque illisible, mais Christopher Tolkien a suggéré « apprécier » [anglais enjoy]. Compte tenu de la signification du radical, « employer » semble être une interprétation beaucoup plus probable. D'un autre côté, il paraît étrange que cette lecture apparemment évidente ne se soit pas imposée à l'éditeur lui-même, et il se peut par conséquent que le griffonnage en question ressemble effectivement davantage à l'anglais enjoy qu'à employ. Nous ne pouvons pas en être certain. Une édition en fac-similé des Etymologies serait définitivement du plus grand intérêt pour tous ceux qui étudient sérieusement les langues inventées par Tolkien.

Notes de traduction
1 A propos de la rectification de orchel en orchal, Helge Fauskanger s'avance un peu. Même si orchal est attesté dans WJ:305, cela ne veut pas nécessairement dire que la forme orchel est incorrecte. Elle peut être modelée à l'exemple de mots comme hathol « hache » (attesté dans WJ:234 et dans le nom d'un númenóréen, Hatholdir, UT:444), pour lequel nous trouvons aussi les graphies hathal (dans Hathaldir, nom d'un compagnon de Barahir, LR:433, non traduit mais très probablement apparenté) et hathel (LR:389). Sans entrer dans les détails, les mots de ce type se terminent en fait par une consonne « syllabique » (comme dans l'anglais people), dont la vocalisation peut vraisemblablement se faire de plusieurs manière en sindarin. La voyelle épenthétique est généralement un o, mais semble aussi pouvoir être un a ou un e. Le cas de l'adjectif orchal est d'origine différente, puisqu'il s'agit d'un mot composé dont le second élément est sans équivoque possible KHAL, mais il a pu par anologie être assimilé à cette famille de mots. Nous sommes donc en droit de penser que la forme orchel est peut-être une variante dialectale parfaitement valide.
2 Mae govannen : mot-à-mot « bien rencontré », en anglais well met.
3 Cette section portant sur des problèmes d'interprétation ou de lecture des définitions en anglais, nous y indiquerons systématiquement les termes anglais entre crochets.

APPENDICE
Cet appendice, réalisé par Didier Willis, relève quelques erreurs supplémentaires dans les Etymologies comme dans d'autres ouvrages de J.R.R. Tolkien.
D'autres erreurs de lecture
Le verbe eglehio « s'exiler » dans LR:368 (où il est dérivé de etledie) devrait vraisemblablement se lire *egledhio, à comparer avec neledhi « entrer » (lui-même dérivé de neledie) dans TAI:150. J.R.R. Tolkien a probablement oublié le d quand il a consigné cette entrée.
La lecture brerg « sauvage, féroce » dans LR:373 est assez étonnante. Le radical étant MERÉK, on s'attendrait logiquement à avoir *bereg ou plus probablement *brêg. Soit les e et les r ont été complètement mélangés, soit un accent circonflexe mal placé à été pris pour un r séparé.
Plusieurs mots sont écrits avec un accent aigu, et devraient en fait porter un accent circonflexe à la place : bór et son pluriel býr (LR:353), glúdh (LR:369) et mídh (LR:373). Comme Christopher Tolkien le note en introduction, son père n'était pas toujours très cohérent dans sa nomenclature.
Au delà des Etymologies
The Lost Road, avec son grand ensemble étymologique, est sans aucun doute notre principale source de mots elfiques. Mais de nombreux mots sont aussi dispersés dans plusieurs autres livres, et de temps à autres une erreur de lecture s'est glisée dans les textes publiés...
Le mot gorthob « horrible, effroyable » donné dans WJ:415 devrait probablement être corrigé en *gortheb, avec la terminaison adjectivale -eb que l'on retrouve par exemple dans aglareb « glorieux ». A comparer avec le toponyme Nan Dungortheb « Vallée de la Mort Effroyable », S:411. Il est probable que le e ait été assez arrondi dans le manuscrit, et qu'il ait alors été mal interprété par l'éditeur.
Le mot « serpent » dans l'appendice E du Seigneur des Anneaux est donné pour lyg dans les éditions récentes, mais était écrit lÿg (avec un accent circonflexe impossible à rendre en HTML) dans quelques éditions anciennes. Il est probable que l'accent ait été perdu lors d'une révision. L'appendice précise que la voyelle y dérive souvent d'anciennes diphtongues eu, iu ; ces diphtongues étaient longues en terme d'accentuation, et la voyelle définitive devrait peut-être conserver cette quantité. Pour un mot similaire, voir mÿl « mouette » dans WJ:418.
La forme nestedriu « en rapport avec la guérison, curatif », donnée dans WR:380 (à côté du nom/gérondif nestad) est probablement une erreur de lecture pour *nestedrin. Il s'agirait d'un adjectif pluriel, avec la terminaison adjectivale plurielle classique -rin (cf. Ered Mithrin « Montagnes Grises »). Nous pouvons même faire l'hypothèse de son singulier, *nestadren. Ce serait un autre cas où le n de Tolkien s'avère illisible.

* Article traduit de l'anglais, annoté et commenté par Didier Willis pour Hiswelókë et Ardalambion.fr, avec l'aimable autorisation de l'auteur. En complément à cet article, nos avons ajouté un appendice relevant quelques erreurs supplémentaires dans les Etymologies comme dans d'autres ouvrages de J.R.R. Tolkien. Les inexactitudes et les éventuelles erreurs sont entièrement de la responsabilité du traducteur. Les autres articles non traduits de Helge sont disponibles en Anglais sur son site Ardalambion, une véritable référence pour ceux qui s'intéressent aux langues inventées par Tolkien. Publié sur ce site avec l'aimable autorisation du traducteur (merci Didier !), cet article est aussi disponible sur Hiswelókë, le site de Didier Willis, ainsi que plusieurs articles très intéressants et un dictionnaire de Sindarin en ligne.

Index d'Ardalambion.fr


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# Posté le mercredi 25 juillet 2007 10:22

Modifié le jeudi 26 juillet 2007 15:28

Orkish Et Noir parlé

Orkish Et Noir parlé
Attention! ces deux articles tirés d'Ardalambion sont traduit de l'anglais par des anglais.
comprenez donc "elfe pour "lutin" ; "sombre pour foncé", etc...


Orkish et le discours noir - langue basse pour des buts bas


I : Orkish
Pour ce qui concerne la langue de l'Orcs en jours plus anciens « on lui dit qu'ils n'ont eu aucune langue de leurs propres, mais a pris ce qu'elles pourraient d'autres langues et ont perverti l'à leur propre aimer, pourtant elles ont fait seulement des jargons brutaux, à peine suffisamment même pour leurs propres n'a besoin, à moins qu'il aient été pour des malédictions et l'abus » (annexe F de LotR). Un exemple de leur prise « ce qu'elles pourraient d'autres langues et le pervertir [ing] » peut être trouvé dans UT : 92, où nous apprenons que Golug était un nom d'Orkish du Noldor, ont simplement basé sur Sindarin Golodh pl. Gelydh et apparemment une déformation arbitraire de ce mot de lutin. Cependant, on lui dit également que Morgoth, premier seigneur foncé, « avait fait une langue pour ceux qui l'ont servi » (VT39 : 27).
En jour de Frodo, la situation linguistique était inchangée : « Les orcs et les lutins ont eu des langues de leurs propres, aussi affreuses que toutes les choses qu'ils ont faites ou ont employées, et puisqu'un certain reste de bonne volonté, et une pensée et une perception vraies, est exigé pour maintenir même une langue basse vivante et utile même pour des buts bas, leurs langues ont été sans fin diversifiées sous la forme, car elles étaient monotones mortel prétendent dedans, fluent seulement dans l'expression de l'abus, de la haine et de la crainte » (P.M. : 21). En effet « ces créatures, étant rempli de méchanceté, détestant même leur propre sorte, ont rapidement développé autant de dialectes barbares car il y avait des groupes ou des règlements de leur course, de sorte que leur discours d'Orkish ait été peu utile à eux dans les rapports entre différentes tribus » (annexe F de LotR). Par conséquent il n'y a aucune langue de « Orkish » pour que nous analysent. La seule chose qui semble être vraie de toutes les langues d'Orkish est à tout moment qu'ils étaient « affreux et fétides et tout à fait à la différence des langues de l'endi de Q » (LR : 178). Rai en effet « d'Orcs et de trolls comme elles, sans amour des mots et des choses » (annexe F). Par conséquent leur attitude envers la langue était totalement différente de celle des elfes, qui ont aimé et ont cultivé leur langue. Tolkien était lui-même un philologue, qui intitulent impliquent littéralement l'amoureux ou l'ami des mots, et en son monde inventé, l'absence totale de l'amour pour la langue pourrait seulement être une caractéristique de mal.
La diversité et la mutabilité des langues d'Orkish étaient naturellement un obstacle pour une puissance foncée en utilisant Orcs en tant que ses donner l'assaut à-soldats de la cavalerie. Ainsi afin de l'administration efficace (totalitarisme absolu de Sc), Sauron a pris le temps de faire un espéranto pour ses domestiques. De cette manière il a apparemment imité son Morgoth principal original, de même qu'évident de VT39 : 27 ont cité en haut.

II : Le discours noir

« C'est que le discours noir a été conçu par Sauron en années foncées, » l'annexe F nous informe que, « et qu'il avait désiré lui faire la langue du tout ceux qui l'ont servi, mais il a échoué dans ce but. Du discours noir, cependant, ont été dérivés plusieurs des mots qui étaient dans le troisième âge répandu parmi l'Orcs, tel que le ghâsh le « feu », mais après que le premier renversement de Sauron cette langue sous sa forme antique a été oublié par tout sauf le Nazgûl. Quand Sauron a surgi encore, c'est devenu une fois de plus la langue de Barad-dûr et des capitaines de Mordor. » Plus tard on affirme que l'Olog-hai, est tombé Troll-course multipliée par Sauron dans le troisième âge, n'a connu aucune autre langue que le discours noir de Barad-dûr. Olog-hai était lui-même un mot noir de la parole. Le terme la « parole de noir » a pu ne pas avoir été le propre nom de Sauron pour sa langue, mais plutôt un donné au mépris par d'autres. D'une part, le nom noir de la parole de Barad-dûr était Lugbúrz, signifiant la tour foncée juste comme le nom de Sindarin, ainsi peut-être Sauron lui-même réellement aimé être associé à l'obscurité et au noir utilisé en tant que sa couleur officielle. Il semble certainement être la couleur dominante dans les uniformes de ses soldats.
Tolkien lui-même n'a pas aimé le discours noir du tout. Un admirateur lui a envoyé un gobelet potable en acier, mais à sa déception il a découvert qu'elle « a été gravée avec les mots terribles vus sur l'anneau. I naturellement n'ont jamais bu de elle, mais l'emploient pour la cendre de tabac » (des lettres : 422). Il évidemment a partagé l'opinion des elfes et des hommes en arrière dans le troisième âge, qui certainement n'a pensé aucun meilleur au discours noir qu'elles ont fait des autres langues employées par Orcs : « Il était si plein des bruits durs et affreux et des mots vils que d'autres bouches l'ont trouvé difficile à faire le tour, et peu étaient en effet disposés à faire la tentative » (P.M. : 35). Vu qu'il n'y a pas de des normes objectives pour ce qui constitue un bruit « dur et affreux » ou un mot « vil », ces rapports doivent être vus comme subjectifs, reflétant un préjudice général contre toutes les choses Orkish et tout procédant à partir de Sauron (bien qu'il peut naturellement discuter que ce préjudice était mille fois méritées). Il est difficile d'indiquer exactement « les bruits durs et affreux ». Le discours noir possède les plosives b, g, d, p, t, k, le Th de spirants, gh (et probablement f et kh, certifié dans les Orc-noms seulement), le l latéral, le r vibrant, les nasals m, n, et les sibilants s, z, SH. Ceci peut ne pas être une liste complète, donnée notre petit corpus. Les voyelles sont a, I, o, u ; la voyelle o est énoncée par Tolkien pour être rare. Le discours noir ne semble pas employer l'â d'E. longtemps et l'û sont certifiés (le dernier est ú également écrit, mais une introduction à P. de lutin 166-167 est probablement juste en supposant que c'est épellation simplement contradictoire de la part de Tolkien). Il y a au moins un diphthong, AI, et l'Au se produit dans un Orc-nom. (Car il est incertain à quelle langue de tels noms appartiennent, ils ne sont pas encore traités ici.)
Que, alors, a été perçu comme désagréable par les elfes ? On affirme que l'Orcs a employé un r uvular, comme le R qui est commun en français et allemand, et que l'Eldar a trouvé ce bruit désagréable. On l'a suggéré que c'ait été la prononciation standard de r dans le discours noir antique (une introduction à P. de lutin 166). Le discours noir a également eu certains faisceaux harmonieux qui ne sont pas apparus dans Sindarin contemporain : Sn, thr, sk au commencement et rz, zg finalement. Celui que la cause, la langue ait été généralement perçue comme singulièrement dure : Quand Gandalf a cité l'inscription sur l'anneau pendant le conseil d'Elrond, « le changement de la voix du magicien étonnait. Soudainement il est devenu menaçant, puissant, dur comme pierre. Une ombre a semblé passer au-dessus du haut soleil, et le porche pendant un moment s'est développé foncé. Tous ont tremblé, et les elfes ont arrêté leurs oreilles » - tout à fait une réaction ! La conclusion que ceci a été en grande partie basé sur la haine de tout « sous l'ombre » plutôt que de la laideur inhérente dans le discours noir elle-même semble indéniable.
D'où est-ce que le vocabulaire du discours noir est venu ? Sûrement Sauron n'a eu plus de « amour des mots ou des choses » que ses domestiques ont eu, et on pourrait jaillir pensent qu'il simplement a inventé des mots arbitrairement. Ceci peut être vrai dans certains cas, mais il s'avère qu'il a également sélectionné des mots de beaucoup de sources, même les langues de lutin : « L'uruk de mot qui se produit dans le discours noir, conçu (il est dit) par Sauron pour servir de lingua franca à ses sujets, a été probablement emprunté par lui aux langues de lutin des périodes plus tôt » (WJ : 390). Uruk peut être semblable à l'urco de Quenya, à l'orco ou à l'orch de Sindarin, mais il est identique au *uruk de lutin antique de forme (*urku de variantes, *uruku, d'où urco de Q, et *urkô, d'où peut-être orch de S). Mais comment Sauron a-t-il pu connaître Quendian primitif ? Était-il celui qui a pris soin des elfes Morgoth capturé chez Cuiviénen, et peut-être même responsable « de la génétique » qui les a transformés en Orcs ? Comme Maia, il aurait facilement interprété leur langue (WJ : 406). Aux premiers elfes, Morgoth et ses domestiques seraient *urukî ou « horreurs », parce que la signification originale du mot était que vague et général, et Sauron peut avoir enchanté dans dire aux elfes capturés qu'ils devaient devenir *urukî eux-mêmes. Dans son esprit, le mot a évidemment collé.
Mais il y avait également d'autres sources pour le vocabulaire noir de la parole. Le mot pour le « anneau » était nazg, très semblable à l'élément final dans le mâchananaškâd de mot de Valarin « le Sort-anneau » (WJ : 401, là légèrement différemment écrit). Étant un Maia, Sauron connaîtrait Valarin ; c'a pu en effet être son « mothertongue », pour employer le seul terme disponible. S'il semble blasphématoire suggérer que la langue des dieux ait pu avoir été un ingrédient dans le discours noir de Sauron, « complètement des bruits durs et affreux et des mots vils », il devrait se rappeler que selon Pengolodh, « l'effet de Valarin sur les oreilles de lutin n'était pas agréable » (WJ : 398). Morgoth, techniquement étant un Vala, doit avoir connu Valarin (ou au moins sélectionné le vers le haut pendant les âges il était captif dans Valinor). Selon LR : 178 il l'a enseigné à ses esclaves sous une forme « pervertie ». Si oui, le naškâd « anneau » de Valarin a pu avoir produit le nazg dans un dialecte d'Orkish du deuxième âge, duquel Sauron l'a pris.
Qu'est arrivé au discours noir après la chute de Sauron ? Sous de formes plus jamais rabaissées il a pu s'être attardé pendant un moment parmi certains de ses anciens sujets. Même aujourd'hui, il n'est pas complètement mort.
Le corpus analysé
« L'inscription sur l'anneau était dans le discours noir antique, » l'annexe F nous informe, « tandis que la malédiction du Mordor-orc… était sous la forme plus rabaissée employée par les soldats de la tour foncée, de laquelle Grishnâkh était le capitaine. Sharku [sic, lire le sharkû ?] dans cette langue signifie le vieil homme. » (Le moyen de « cette langue » noircit-il la parole comme telle ou forme rabaissée ? Les mots ne sont pas parfaitement clairs, mais probablement les derniers. Dans l'apostille dans LotR3/VI ch. 8, le sharkû - l'origine du surnom Sharkey de Saruman - serait « Orkish ».)
Notre exemple unique de discours noir pur, alors, est l'inscription sur l'anneau : Incinérer le durbatulûk de nazg, gimbatul de nazg de cendre, krimpatul de burzum-ishi d'agh de thrakatulûk de nazg de cendre. « Un anneau pour les régner tous, un anneau pour les trouver, un anneau pour les apporter tous et dans l'obscurité les lient. » (LotR1/II ch. 2) Nazg est « anneau », également vu dans Nazgûl « Anneau-wraith ». La cendre est le nombre « un », agh est le conjuction « et », fâcheusement semblable à l'og scandinave, och. Burzum est « obscurité », incorporant évidemment le même búrz d'élément, le burz- « obscurité » comme dans Lugbúrz « Tour-foncé », le nom noir de la parole que Sindarin Barad-dûr traduit. Par conséquent, - l'UM du burzum doit être un suffixe abstrait comme » - les ness " du mot anglais correspondant « obscurité ». Burzum a un ishi de suffixe « dans ». Dans la transcription il est séparé du burzum par un trait d'union, mais il n'y a rien qui correspond dans l'inscription de Tengwar sur l'anneau, ainsi ceci peut être considéré un postposition ou une fin locative. (Il est remarquablement semblable à Quenya - ssë et peut soutenir la théorie avancée par Robert Foster de son guide complet de la Moyen-terre, cela le discours noir dans une certaine mesure a été basé sur Quenya et une perversion de lui. Le burz- « obscurité » d'élément est également vaguement semblable à la tige de lutin pour le « noir », MOR.) bien que le burzum-ishi soit traduit « dans l'obscurité », là ne semble pas être quelque chose correspondant à l'article « », à moins qu'il soit incorporé de façon ou d'autre dans l'ishi. Mais l'évidence est que le discours noir ne marque pas la distinction entre les noms définis et indéfinis ; voir ci-dessous.
Dans le durbatulûk de mot « pour les régner les tous les » morphèmes peuvent être à titre d'essai segmentés comme durb-à-UL-ûk « règle-à-les-toute » (l'alternative est durb-a-tul-ûk, mais les suffixes de la voyelle-consonne de modèle créent un système plus rangé ; se rappeler que nous traitons une langue construite). De même nous avons gimb-à-UL « trouver-à-ils », thrak-à-UL-ûk « apporter-à-les-toute » et krimp-à-UL « lier-à-ils ». Verbes avec la fin - à sont traduits par des infinitifs anglais : durbat, gimbat, thrakat, krimpat = « à la règle, pour trouver, pour apporter, pour lier ». Par conséquent nous pouvons parler des verbes dedans - à comme les infinitifs, bien que ce puisse également être une forme « intentive » spécialisée indiquant le but : L'anneau a été fait afin de régner, trouver, apporter et lier les autres anneaux de la puissance. Le discours noir utilise non seulement un suffixe - UL pour les exprimer « », mais également, et plus remarquablement, un suffixe plutôt qu'un mot séparé pour exprimer « tous » : - ûk.
Alors il y a la malédiction du Mordor-orc : Skai de búbhosh de Saruman-goutte de pushdug de sha de bagronk d'Uglúk u (LotR2 III : 3). Dans le P.M. : 83, ceci est « Uglúk traduit au puisard, sha ! le dungfilth ; le grand Saruman-imbécile, skai ! » (Là existe également une autre traduction ; voir que ci-dessous.) ceci serait une forme « rabaissée » de discours noir, mais il est naturellement difficile que nous disent qu'il diverge de la norme originale de Sauron. Le bruit o est employé trois fois, bien que nous soyons dits que « dans [l'original ?] Le discours noir, o était rare ». Mais le bruit u est employé cinq fois (à l'exclusion du Mannish Saruman nommé), ainsi ceci ne peut pas simplement être dû à u ayant o devenu dans ce dialecte d'Orkish. Tolkien n'a pas déclaré qu'o était absent dans le discours noir (cf. le mot Olog-hai ci-dessous).
Les observations suivantes peuvent être faites : Sha et skai sont évidemment simplement des interjections du mépris ; ils ne sont pas traduits. Les composés se composant de deux noms ont leur bout principal d'élément, juste comme dans Quenya et anglais : par conséquent le « Saruman-imbécile » est Saruman-goutte plutôt que goutte-Saruman de **. (Par conséquent sac-ronk = « cess-pool » et pousser-creusé = des « fumier-ordures », segmentant à titre d'essai les éléments des composés de la manière qui semble très probablement - mais naturellement ce peut également être Ba-gronk ou bagr-onk, pushd-ug ou unité centrale-shdug). Les adjectifs suivent le nom qu'ils décrivent : « le grand Saruman-imbécile » est la Saruman-goutte de búbhosh plutôt que de *búbhosh de Saruman-goutte (cf. également Lugbúrz * " Towerdark », *Lug Búrz étant orthographié comme un mot). La traduction utilise trois fois l'article défini, mais elle n'a aucun équivalent dans les mots d'Orkish (u doit être la préposition « »). Ceci suggère que le discours noir ne marque pas la distinction entre les noms définis et indéfinis (qui n'est pas en soi un défaut, puisque c'est également le cas dans des langues principales comme russe et chinois). Il est moins probable que la tige nue du nom soit près défaut la forme définie, pour du fait le nazg de cendre de cas devrait traduire comme « un anneau », non « un anneau ». (D'une part, Gandalf a présenté sa traduction de l'inscription d'anneau avec les mots « que ce dans la langue commune est ce qui est dit, assez étroit », des mots qui suggèrent que la traduction ne soit pas 100 % précis. Dans la théorie c'est d'ailleurs une traduction d'une traduction, puisque Tolkien plus tard a rendu la version commune de langue apparaissant dans le livre rouge en anglais…) Nous notons qu'une préposition u « à » est employée, indiquant que le discours noir a des prépositions aussi bien que des postpositions suffixés comme ishi (ou celui-ci des points où ceci forme « rabaissée » de discours noir diffère de Sauron sont-ils standard ? Mai « au puisard » soit *bagronk-u dans le discours noir pur de Sauronian ?)
Une traduction tout à fait différente de la malédiction d'Orkish a été éditée dans Vinyar Tengwar : « Uglúk au fumier-puits avec les Saruman-ordures puantes, porc-entrailles, gah ! » Cette traduction semble être plus tardive que celle mentionnée ci-dessus. Il semble que Tolkien avait oublié la traduction originale et avait simplement composé un neuf. Nous choisissons d'accepter la traduction donnée dans le P.M. : 83 en tant que le véritable, bien que ce choix soit évidemment arbitraire.
Excepté l'inscription sur l'anneau et la malédiction, le corpus se compose peu de plus que les mots Olog-hai et Uruk-hai, dénotant des courses des créatures particulièrement dures et guerrières évidemment développées et multipliées par Sauron : variétés de trolls et d'Orcs, respectivement. Hai dénote évidemment des gens ou une course.
Il est remarquable que le mot Nazgûl soit employé dans un sens singulier et pluriel. Peut-être un nom simple n'est ni singulier ni pluriel, mais a un sens très général ou générique, et certain qualificateur comme la cendre « une » ou le hai « gens » est ajouté si la signification doit être encore indiquée. Ainsi quand la fabrication des rapports au sujet du Ringwraiths généralement de lui peut être CORRECTE pour dire simplement Nazgûl, mais un Ringwraith spécifique est *ash Nazgûl (peut-être signifiant « certain » de Ringwraith/« un Ringwraith » ou « l'un Ringwraith »). La « course » entière ou la catégorie de Ringwraiths peut être spécifiquement *Nazgûl-hai. Mais tout c'est spéculation. Nous n'avons jamais vu le mot Nazgûl dans un contexte noir de la parole.
(Pour une analyse indépendante de grammaire noire de la parole, voir l'opinion de l'article A deuxième sur le discours noir par Craig Daniel.)
Noircir la liste de mots de la parole
des Orc-noms, les significations dont être inconnu, sont exclus. Le moyen « discours noir rabaissé » de DBS et marque en effet des mots de la malédiction du Mordor-orc, excepté dans le cas du sharkû. Naturellement, certains de ces mots peuvent ne pas différer de leur forme dans le discours noir pur de Sauronian. Nous ne saurons jamais.
agh « et »
cendre « une »
- au suffixe d'infinitif, ou probablement à un suffixe « intentive » spécialisé indiquant le but : Incinérer le durbatulûk de nazg « un anneau pour les régner tous »
bagronk (DBS) « puisard », probablement bag+ronk « cess+pool »
búbhosh (DBS) « grand »
búrz « obscurité », (d'isolement dans Lugbúrz, q.v.), burzum « obscurité »
« ordures » creusées, à titre d'essai d'isolement dans le pushdug, q.v.
le durb- « règle », durbat d'infinitif, a seulement certifié avec des suffixes : durbatulûk « pour les régner tous ». Le durb- de verbe est remarquablement semblable au tur- de Quenya du sens semblable.
ghâsh le « feu » (donné pour être dérivé du discours noir, peut ou ne peut pas représenter la forme originale de Sauron du mot)
le gimb- « trouvaille », gimbat d'infinitif, a seulement certifié avec un suffixe pronominal : gimbatul, « pour les trouver »
goutte (DBS) « imbécile »
le gûl des « n'importe quels des domestiques invisibles principaux de Sauron a dominé entièrement par le sien la volonté » (une boussole P. 172 de Tolkien). « Wraith » traduit dans le Nazgûl composé, « Ringwraith ».
hai « gens », dans Uruk-hai « Uruk-gens » et Olog-hai « Troll-gens » ; cf. également Oghor-hai.
ishi « dans », un postposition suffixé : burzum-ishi, « dans l'obscurité ».
krimp- « grippage », krimpat d'infinitif, seulement certifié avec un suffixe pronominal : krimpatul, « pour les lier »
crochet « tour ». D'isolement dans Lugbúrz, q.v.
Lugbúrz la tour foncée, Sindarin Barad-dûr (Supporter-búrz « Tour-foncé »)
nazg « anneau » : nazg de cendre « un anneau », Nazgûl « Anneau-wraith »
Nazgûl « Anneau-wraith », nazg + gûl (q.v.)
Oghor-hai « Drúedain » (UT : 379 ; ceci peut ou peut ne pas être discours noir pur)
olog qu'une variété de Troll a apparemment développé par Sauron. Olog-hai « Olog-personnes ».
pushdug (DBS) « dungfilth », probablement push+dug « dung+filth »
ronk (DBS) « piscine », à titre d'essai d'isolement dans le bagronk, q.v.
interjection du skai (DBS) du mépris
interjection du sha (DBS) du mépris
sharkû (DBS ?) « vieil homme »
le snaga « slave » (peut être DBS.) a employé de peu de races d'Orcs (WJ : 390).
le thrak- « apportent », thrakat d'infinitif, seulement certifié avec des suffixes : thrakatulûk « pour les apporter tous »
u (DBS) « à »
- ûk « tout », suffixé aux suffixes pronominaux : - ulûk, « ils tous »
- l'UL pronominale les suffixent « ».
- ness d'UM « - » dans le burzum « obscurité ».
uruk une grande variété d'Orc. Selon WJ : 390, Sauron ont probablement emprunté ce mot « des langues de lutin des périodes plus tôt ».
ANNEXE : Le discours noir a-t-il été basé sur le Hittite/Hurrian ?
L'historien Alexandre Nemirovsky, qui se spécialise dans l'histoire des Hittites et du Hurrians qui ont vécu vers la fin de l'âge en bronze, croit que le discours noir de Tolkien peut être inspiré par les langues de ces peuples antiques. Comme nous savons, certaines des langues inventées de Tolkien ont été certainement influencées par les langues préexistantes ; il est bien connu que Quenya et Sindarin aient été à l'origine inspirés par finlandais et Gallois, respectivement. Ce qui suit est une version légèrement éditée de l'argument Nemirovsky m'a envoyé ; il m'a accordé la permission avec bonté de l'employer ici :
1. Sur l'ûk de morphème. Car c'est suffixe, pas un mot (Tolkien écrit tous les mots séparément dans sa transcription), il peut à peine exprimer « tous ». C'est parce que « tous », étant un pronom, resteraient, je pensent, un mot séparé. Je propose d'identifier cet ûk comme suffixe verbal avec la signification du plein accomplissement de l'action exprimée par la racine verbale, de sorte que littéralement elle soit traduite « complètement, entièrement », qui correspondrait bien à la traduction « toute », parce que « les régner entièrement » et « les régner toutes » signifient la même chose dans ce contexte.
2. Traits principaux de grammaire : des cas sont exprimés par des postlogs (ishi) ; seulement la forme nominative a une fin zéro (nazg) ; le dispositif le plus important est à mon avis que le pronom personnel appelant l'objet d'une action transitive est inclus sous la forme verbale seulement. Ce ne reste pas un mot séparé. D'ailleurs, quelques suffixes verbaux peuvent même venir après lui en ce cas (racine + UL « ils » + ûk « complètement, à la fin »). En d'autres termes, nous voyons une langue ergative agglutinative - c.-à-d. une langue du type non-Indo-Européen, vraiment étranger à presque tous les autres, et d'un type très archaïque.
3. Maintenant mon hypothèse principale est que ce discours noir a été conçu par Tolkien après de la connaissance avec des langues de Hurrian-Urartian. Sur la possibilité d'une telle connaissance voir la note 4 ci-dessous. Pour maintenant moi veux souligner que Hurrian est vraiment une langue ergative agglutinative, où des pronoms personnels sont inclus sous les formes verbales ; d'ailleurs, les formes jussive dans Hurrian n'incluent jamais le pronom exprimant l'agent/sujet d'une action transitive, mais incluent souvent le pronom, exprimant son objet. Cf. la présence de l'« elles » - formant, mais absence de tout formant exprimant l'agent, sous les formes verbales de l'inscription d'anneau. En Hurrian tous les cas excepté le nominatif sont exprimés avec de diverses flexions ; Le nominatif est exprimé avec la flexion zéro - encore juste comme dans le discours noir.
Naturellement, ici nous voyons seulement des parallèles grammaticaux ; mais beaucoup de mots du discours noir ont beaucoup en commun avec des mots de Hurrian-Urartian. Considérer la liste suivante (des formes noires de la parole sont données sous les formes audacieux, de Hurrian-Urartian en italiques) :
incinérer « un »/elle (racine sh-) « un »
durb- « au » de règle/turob- « quelque chose (désastreux), qui est prédestinée pour se produire ; ennemi ». (Ce rendu de la sémantique principale du turobe de Hurrian comme « a prédestiné le mal » plutôt que juste un « ennemi » est basé sur le contexte EL-Amarna de la lettre #24, où ce mot tourne vers le haut dans une construction d'un type « si le turobe se produira, - l'a laissé ne pas se produire ! - nous faciliterons un un autre avec les forces militaires ». Les verbes donnent l'impression que « un destin mauvais sous la forme d'un ennemi » est la signification du turobe.)
- le formant de jussive/a prévu le futur sous les formes verbales/E-D - au formant du futur dans les verbes
- UL « ils » comme objet d'action sous les formes verbales transitives/- lla, - l « elles » comme objet d'action sous les formes verbales transitives
- ûk « complètement » comme morphème sous une forme verbale/- formant correct avec une signification « entièrement, sincèrement, vraiment » sous une forme verbale
gimb- « pour trouver »/- ki (b) « pour prendre, au rassemblement »
le thrak- « pour apporter »/s/thar- (ik) - « demander, pour exiger d'envoyer quelque chose à quelqu'un », ainsi la signification « demander apporter de cause de for/to de quelque chose à quelqu'un » est impliqué.
agh « et »/Urartian oui, le même que le « MIT » et le « bei » en allemand
» « d'obscurité de burz-/wur- « à voir » en fait, mais la racine est présent dans le wurikk- « pour être aveugles » et vraiment exprimerait quelque chose vis-à-vis « voient, seeable » avec n'importe quelle particule négative, alors qu'il y a une particule z dans Hurrian avec la signification possible « à être à la limite même de, jusqu'à la fin de, complète ». Ainsi le wur + le z pourraient vraiment donner la signification « où voir est near/at ses limites » - naturellement pas Hurrian en tant que tel, mais un « jeu » tout à fait possible de tout linguiste avec le matériel de Hurrian.
le krimp- « pour attacher »/ker-imbu- « pour faire plus longtemps entièrement/complètement/irréversiblement », s'il respecte à une corde, par exemple, il bien adapte le concept de la « cravate étroitement »
D'ailleurs, Sauron le signifierait « qui est armé avec des armes », « il qui est armé » dans Hurrian (Sau « les armes » + - Ra, cas-fin comitative, + n - « il » ou - dessus, onne, une fin nominalizing). [Le Sauron nommé n'est pas discours noir, mais Quenya. L'observation de Nemirovsky intéresse tous mêmes. - HKF.] Uglûk peut être traduit en tant que « Effrayer-tout le monde ! », comme l'ugil- signifie « pour provoquer la crainte dans quelqu'un » dans Hurrian.
Tenir compte du fait que nous savons très peu de mots d'Orkish, ce nouveau fait que tellement bon nombre d'entre eux ont des parallèles possibles dans Hurrian-Urartian semble plus significatif que lui serait autrement, et il peut indiquer que nous faisons face ici à quelque chose coïncidence plus que pure.
4. Tolkien a-t-il pu savoir quelque chose au sujet de Hurrian ? Oui, certainement. Le problème d'identifier Hurrian en tant que la langue non-Indo-Européenne, le raccordement entre Hurrians et Aryens, les inclusions aryennes dans la langue de Hurrian - ces sujets ont constitué un des problèmes de dessus-priorité de la recherche indo-européenne, particulièrement par rapport à l'histoire antique, des années 20 et sur les années 40. Elle était juste un Semitist et un Bible-disciple anglais, Speiser (auteur d'un commentaire célèbre sur la genèse), qui était l'explorateur le plus actif de cette langue : En 1941 il a édité sa grammaire fondamentale de Hurrian, qui a fait une vraie révolution dans ce domaine. N'importe quel linguiste anglais profondément intéressé aux études indo-européennes, les langues et les études antiques de bible (et le Tolkien adapte parfaitement tous ces critères) pourrait non seulement, mais, je pensent, simplement ont dû savoir toute cette substance. Ainsi Tolkien a eu chaque occasion de lire le travail de Speiser (pour ne pas mentionner les travaux précédents), et de le lire avec l'intérêt.
Naturellement, il n'est pas plus qu'une proposition purement hypothétique. Mais tenant compte de tous les dispositifs communs de Hurrian et d'Orkish (d'ailleurs, leurs phonologies ont quelque chose en commun aussi, et les racines « des types CCVC », « CVCC » et « VCC » sont typiques à Hurrian - une langue très « dure » si comparé à d'autres langues de l'est antique) et de la position du problème de Hurrian dans quelques études linguistiques en Angleterre dans les années '20, les années '30 et les années '40, je ne peux pas mais se demander : Ce qui si JRRT employait vraiment un certain genre de connaissance avec Hurrian tout en concevant son discours noir ?
BIBLIOGRAPHIE
E.A.Speiser, introduction à Hurrian, l'annuaire des écoles américaines de la recherche orientale, V. 20, N.H. 1941.
M.E. La Roche Glossaire de la Langue Hourrite. Hittite de revue de // et tome XXXIV-XXXV, 1976-1977 d'Asianique
N.M.Hacikyan. Yazyki d'urartskij de Hurritskij i. Erevan, 1985.




UNE DEUXIÈME OPINION SUR LE DISCOURS NOIR

Par Craig Daniel
Édité par H.K. Fauskanger
[Au milieu de décembre '01, Craig m'ont envoyé cette analyse du discours noir. Tandis que je ne suis pas d'accord nécessairement avec toutes vues ici présentées, j'ai pensé que l'analyse était certainement assez bonne pour être éditée, et j'ai demandé à Craig si je pourrais la placer sur Ardalambion comme « deuxième opinion » sur le discours noir. Il m'a accordé la permission avec bonté de l'employer.]
C'est ma propre reconstruction du discours noir, du même corpus que celle de l'article d'Ardalambion (http://www.uib.no/People/hnohf/orkish.htm) mais avec une conclusion différente. Tandis que je me rends compte que Tolkien ait détesté le discours noir, je me rends également compte que ce soit sa manière de dépeindre Sauron comme caractère plus complexe - Tolkien lui-même était un conlanger avide, mais le discours noir, créé par Sauron comme langue auxiliaire pour ses dirigeants, est le seul conlang connu en tout de la terre moyenne.
CORPUS
Voici le corpus de toutes les citations noires de la parole :
Durbatulûk de nazg de cendre, gimbatul de nazg de cendre,
krimpatul de burzum-ishi d'agh de thrakatulûk de nazg de cendre
Un anneau pour les régner toutes, un anneau pour les trouver,
un anneau pour les apporter toutes, et dans l'obscurité les lient
Skai de búbhosh de Saruman-goutte de pushdug de sha de bagronk d'Uglúk u ! Cette citation a deux traductions différentes. Pour les raisons qui seront discutées ci-dessous, j'emploierai celui-ci : Uglúk au fumier-puits avec les Saruman-ordures puantes, porc-entrailles, gah !
LEXIQUE
De ceci, je fournis le lexique suivant des mots noirs de la parole, certifié ou implicite par les formes certifiées. Unattested des formes sont marqués par des astérisques. Ardalambion marque spécifiquement les mots « du discours noir rabaissé » parlé par l'Orcs chez Lugbûrz. Je pas, parce que je pense qu'ils sont pour parler avec la grammaire pauvre que pour ne pas être au moins raisonnablement près de la norme de Sauron. Tous ces mots dans la liste de mots d'Ardalambion qui n'apparaissent pas dans non plus des citations sont inclus ici avec leur signification ; elle a été à moi ont lu depuis longtemps les livres pour que je fasse n'importe quelle réclamation que la liste est complète.
agh - et
*at - fin indiquant la forme « intentive » de verbe. Je diffère d'Ardalambion, car je ne le pense pas raisonnable pour dire qu'une langue qui devrait être simple (pour le non-philologue Orcs) emploierait un suffixe d'infinitif. Il est beaucoup plus probable qu'un auxlang emploie la tige nue comme infinitif.
cendre - une
*bag - fumier
bagronk - fumier-puits (probablement sac-ronk)
*bûb - porc
bûbhosh - porc-entrailles (probablement bûb-hosh)
burz - obscurité (dans le nom de lieu Lugbûrz ceci est donné un macron, mais il n'est pas dans l'inscription d'anneau. Je traiterai la version d'inscription comme correcte, car ceci rapportera le tengwar correct pour le « burzum-ishi » dans TengScribe.)
burzum-ishi - dans l'obscurité (probablement ishi burz-UM)
*durb - règle
*dug - fin indiquant la forme de participe de verbe
*gimb - trouvaille
goutte - ordures
gûl - portion mauvaise Sauron d'esprit
*hai - course
*hosh - entrailles
*ishi - dans (postposition)
*krimp - grippage
*kû - homme
crochet - tour
*olog - troll
olog-hai - trolls
nazg - anneau
nazgûl - Ringwraith
*push - puanteur
pushdug - puant (pousser-creusé probablement)
*ronk - puits
sha - et (noms liants plutôt que phrases, pour lesquelles l'agh est employé) ; avec
*shar - vieux
sharkû - vieil homme (probablement shar-kû)
skai - [une interjection] (la traduction de « puisard » garde le « skai » comme forme anglaise ; la traduction de « fumier-puits » emploie le « gah ! ». La différence est probablement dans ce « gah ! » sera compris par les anglophones tandis que le « skai » pas.) Ardalambion choisit de l'appeler une expression du mépris, mais je dis que les avis qu'il exprime sont tels qu'elle est plus près de dégoût.
snaga - slave
*thrak - apporter
u - (préposition, mais utilisé probablement incorrectement comme tels et beaucoup plus probablement postposition sous le format standard de la langue.)
*ûk - tout
*ul - ils (bien que le reste du discours noir qui est connu ne marque pas pour le nombre, ainsi il est probablement un pronom générique de troisième-personne.)
*um - un suffixe semblable à l'anglais - ness.
*uruk - Orc
uruk-hai - Orcs
ANALYSE DE CORPUS
Des notes sur la grammaire probable du discours noir, dans rudement l'ordre j'ai travaillé aux divers aspects :
Dans le Lugbûrz nommé « tour foncée » l'adjectif suit le nom. Cependant, dans la malédiction d'Orc, l'adjectif précède le nom - probablement un exemple de la forme « rabaissée » du discours noir. Cependant, il y a une chance raisonnable qu'un nom de lieu serait dans un modèle quelque peu différent et plus poétique. La forme « de nom d'adjectif alors » est soutenue par des composés tels que le nazgûl (nazg-gûl, wraith d'anneau). Ainsi nous concluons que l'adjectif avant nom est la norme. Je diffère dans cette conclusion d'Ardalambion, qui ignore le cas du nazgûl.
Postpositions sont employés dans l'inscription d'anneau, comme dans le burzum-ishi « dans () l'obscurité ». Cependant, l'Orc emploie u comme préposition. C'est probablement la forme rabaissée élevant sa tête laide, car le *ishi-burzum balayerait également bien dans la poésie. Ceci nous apporte à la conclusion que, l'a eu parlant le discours noir standard, l'Orc aurait commencé par * ' l'u de bagronk d'Uglûk au lieu du « bagronk d'Uglûk u ».
Article ne paraît pas n'importe où. Ceci signifie que le discours noir, comme le Russe, n'a aucun besoin de marquer des noms pour la définitivité, ni il doit les marquer pour le nombre dans beaucoup de cas (qui est pas du tout peu raisonnable ; lojban pour un ne fait pas non plus).
Le mot « nazgûl » semble être employé en tant que le singulier et pluriel ; ainsi nous voyons que dans le seul cas dans lequel nous voyons tous les deux il n'y a aucune inscription plurielle. Je supposerai que c'est la norme dans le discours noir, car il n'y a également aucun article pour marquer le nombre. Ainsi l'UL ne le signifie pas réellement mais est plutôt un pronom générique de troisième-personne. Cependant, elle est traduite en tant qu'eux dans l'inscription d'anneau, où sa apparition est identifiée par l'ûk, qui la mesure spécifiquement en tant que pluriel.
Problèmes actuels de « Sharkû » et de « ishi ». Tous autres mots excepté des noms des courses sont monosyllabiques à moins qu'ils soient des composés. Ils tous décomposent d'une manière ordonnée en CVC forme. « Sharkû » se casse en *shar-kû ou *shark-kû. I concluent donc que le kû signifie l'homme, et des moyens shar vieux. Cependant, nous sommes laissés avec exactement un mot qui est bisyllabic et n'est pas un composé. le « ishi » devrait se casser en *ish-i, mais malheureusement le concept d'une chose étant dans des autres pas décomposent. Ainsi, nous sommes forcés de nous demander si notre analyse de « ishi » est correcte (mais aucun autre se présente, ainsi nous devrions supposer qu'il est par manque d'une alternative).
DUNGPIT CONTRE LE PUISARD
Il y a deux traductions de la malédiction de l'Orc. Je me référerai à elles par le premier mot content, qui est la traduction du « bagronk » composé. L'article d'Ardalambion sur le discours noir emploie la version de « puisard » ; J'emploierai le « dungpit » à la place.
Le « puisard » offre une traduction plus ancienne, mais il n'y a vraiment aucune bonne raison du choix non plus. Puisque j'apprécie le travail révélateur linguistique de déchiffrer le discours noir, le « dungpit » offre les avantages suivants :
Personne n'a déchiffré le discours noir avec l'utilisation de la version de « dungpit » avant.
« Dungpit » offre un modèle régulier des adjectifs précédant des noms, le « puisard » lui donne l'autre manière autour - cependant, il y a confirmation indépendante dans les utilisations du nazg de cendre « un anneau » au lieu de cendre de *nazg, et *gûlnazg fini de nazgûl, qui sont connus pour être discours standard de noir de Sauron-modèle.
Le « pushdug » ou le « bûbhosh » sera un mot composé se tenant prêt lui-même. Par conséquent, les différentes significations de l'autre deviendront utiles. Dans le « puisard », le bûbhosh signifie probablement « grand » tandis que dans le « dungpit » le pushdug de mot signifie « puer ». « Dungpit » offre donc une grammaire plus complète (nous indiquant comment former des participes) où le « puisard » nous offre un mot bisyllabic additionnel ce qui ne peut pas être un composé.
Pour ces raisons, j'ai choisi de différer de la reconstruction d'Ardalambion en employant la traduction de « dungpit ».
GRAMMAIRE
Pour conclure l'analyse ci-dessus, j'offre la grammaire rudimentaire et inachevée suivante :
Des tiges nues de verbe sont probablement employées pour former l'infinitif. Il y a deux suffixes connus de verbe. Fixation - à à un verbe donne l'intention (le durbatulûk de nazg de cendre signifie ainsi un anneau dont le but est de les régner tous). Ceci a pu probablement être simplement une forme de subjonctif, avec d'autres utilisations aussi bien. Pour former les participes présents, - creusés est ajouté. J'emploierai ceci également comme temps progressif, car il n'y a rien à suggérer qu'il y ait n'importe quelle forme de « à être » dans le discours noir (pourquoi est il des « Saruman-ordures, porc-entrailles » plutôt cette quelque chose qui signifierait des « ordures de Saruman, est-il des porc-entrailles » ? La version de puisard a le même problème, mais avec pousser-creusé à la place.)
L'UL de pronom est un troisième pronom générique de personne. Les noms et les pronoms n'ont aucun nombre, ainsi pour indiquer le « tout le » suffixe - l'ûk est employé. D'autres suffixes avec le but semblable ne sont pas donnés.
Le discours noir emploie l'ordre des mots de sujet-verbe-objet, comme l'anglais. Cette interprétation, avec le durbatulûk étant UL-ûk de durbat (où UL-ûk est l'objet du durb) est beaucoup plus probable que l'idée que l'objet soit une partie du verbe, quoiqu'on lui écrive comme si c'étaient le cas.
Les expressions de Postpositional viennent avant le verbe (« UL de thrakat d'ishi de burzum », pas « ishi de burzum d'UL de thrakat ») dans l'un cas certifié de eux se produisant ensemble. Ceci peut être un dispositif de la grammaire de la parole noire, ou il a pu avoir été fait pour faire la rime d'inscription. Ceci peut également être laissé jusqu'au modèle personnel. Je choisis de le traiter comme dispositif de la grammaire, car il n'y a aucune évidence à l'effet contraire et aucune raison de supposer qu'elle devrait suivre les normes anglaises. En dérivant des grammaires des langues inconnues (et de certains dirait dans la vie), naturellement, on doit toujours être circonspect de la poésie.
Des expressions de Postpositional sont constituées en mettant le postposition après son objet (par opposition aux prépositions de l'anglais). Cependant, le discours familier d'Orkish, le postposition se déplace à avant son objet.
Il n'y a aucun article. Les noms ne sont ainsi pas en soi marqués pour le nombre.
PHONOLOGIE
Maintenant déplaçons-nous au système sain de la langue.
Le discours noir a une structure de la syllabe CVC.
Nous supposerons pour le moment que le gh est un bruit, plutôt qu'un bruit de g suivi d'un bruit de h (qui serait imprononçable finalement).
Les consonnes suivantes sont certifiées : SH, d, r, b, Th, k, m, p, t, l, k, gh, z, g, n, h, S.
Nous savons que le l et les r sont prononcés au fond de la bouche (semblable à l'anglais mais sans exception) - ceci est un bruit que les elfes trouvent extrêmement désagréable.
Quelques faisceaux harmonieux se produisent ; ce sont thr, Kr, gl, sk au commencement, et zg, le mb, MP, rz, nk finalement. Les faisceaux harmonieux médiaux résultent habituellement de composer ou d'apposer. Quand ceci aurait comme conséquence une double consonne (note que ceci inclut des choses telles que le *ghgh) les bruits fusionner.
Il est probablement raisonnable de supposer que là existent *dh exprimé et des bruits de *zh et unvoiced le *kh, en tant que ceci est un auxlang et donc possède probablement une phonologie complètement régulière. le *Dhl (un bruit difficile à prononcer en utilisant un bandeau ou un l « clair » bruit, mais pas avec le l « foncé » plus arrière - qui peut être l'origine de cette prononciation de l et de r dans le discours noir) et le zg sont donc autorisés probablement au commencement, alors que les *ls (et probablement les *rs et *lz) et le *ng sont finalement autorisé *sk. Si oui, noter que le *ng serait comme celui du mot anglais « doigt » parce que ce serait /Ng/ plutôt que /N/.
Il y a cinq voyelles, a, I, o, u, û. La voyelle o est rare mais non inconnue ; e est absent. Il est raisonnable de supposer que l'Orcs, certains d'entre eux ayant été des elfes il était une fois, trouverait le discours noir plus facile d'apprendre si les voyelles a, I, o étaient comme dans Quenya. Cependant, pour distinguer mieux l'û et des lettres d'u, je serais disposé à deviner que l'u est relâché (penser u en anglais mis) au moins une fraction raisonnable du temps, alors que l'û est toujours long.
L'autre prétention raisonnable est qu'u représente la voyelle standard, et l'û est une voyelle avant arrondie (comme l'ü allemand), qui serait pour causer le sharkû d'être corrompue dans « Sharkey » car la voyelle la plus proche dans n'importe quelle autre langue en terre moyenne est I. [la note du rédacteur : La langue Sindarin de la Moyen-terre réellement a une voyelle semblable à l'ü, y normalement écrit, par exemple dans le yrch « Orcs ». Mais « Sharkey » doit être une forme de Westron présentée dans l'épellation anglicisée, et Westron apparemment n'a pas eu cette voyelle.]
Il n'est pas peu raisonnable de supposer que, dans le discours rapide, les voyelles fusionneraient comme le font les consonnes. Ainsi, j'emploierais le *shar-kûk pour « tous vieux hommes » au lieu du shar-kû-ûk.
Des règles pour l'effort ne sont pas données, car il n'y a pas assez de discours noir cité dans les livres à la garantie faisant ainsi. Par conséquent, cet aspect est un mystère à nous, mais puisque c'est un auxlang nous peut supposer que celui qui les règles soient elles sont tout à fait régulières.
Vérifions une deuxième fois que c'est une phonologie raisonnable en calculant le nombre de monosyllabes autorisés (s'assurer là ne sont aucun faisceau permis dont nous sommes ignorants, et résoudre peut-être le mystère du « ishi »)
Il y a 20 consonnes qui peuvent être initiales ou finale. En outre, il y a 6 faisceaux initiaux et 10 faisceaux finals. Ceci rapporte 27 initiales possibles (les mots peuvent commencer par des voyelles) et 31 finales possibles (elles peuvent également finir avec des voyelles). Il y a cinq voyelles, plus deux diphthongs (AI et Au), pour un total de sept. Puisque chaque racine a un de chacun, ceci rapporte 27 x 6 x 31 mots possibles, qui vient à 4522 mots monosyllabiques possibles de racine, signifiant que les syllabes ci-dessus expliquent seulement environ la moitié d'un pour cent des possibilités. C'est sensiblement plus de qu'assez, faisant à ishi plus d'un mystère que jamais.
CORPUS RÉVISÉ
Tandis que les mots sont légèrement courus ensemble dans le rendu de Tolkien du Tengwar de l'inscription de l'anneau, je propose la forme suivante et plus divisée à la place :
Incinérer le nazg durb-à UL-ûk, le nazg de cendre gimb-à l'UL, nazg de cendre thrak-à UL-ûk, ishi de burz-UM d'agh krimp-à l'UL.
Les traits d'union ont été employés ici pour séparer des frontières de morphème dans des mots ; des verbes ont été séparés de leurs objets (c.-à-d. durbatulûk - > durb-à UL-ûk). Mes exemples ci-dessous emploieront cet arrangement de mise d'un trait d'union, pour convertir en attache standard d'écriture tous les pronoms dans l'objet en verbe, pour enlever tous les traits d'union, et pour employer un trait d'union au lieu d'un espace pour séparer des postpositions des mots qu'ils suivent immédiatement. Cependant, quand en utilisant l'expression familière de l'Orc de les employer comme prépositions, je les séparerai du prochain mot avec un espace.
Être la malédiction d'Orkish, pareillement divisée en ses racines constitutives et avec sa grammaire corrigée de nouveau au niveau de Sauron et voici repunctuated pour suivre des conventions anglaises :
le sha du sac-ronk u de *Uglûk pousser-a creusé la goutte de Saruman, bub-hosh. Skai !
PHRASES D'ÉCHANTILLON
Pour examiner dehors si cette grammaire est raisonnable, j'ai remonté quelques phrases d'échantillon en utilisant seulement le vocabulaire ci-dessus. Tristement, alors qu'il est facile d'exhaler des sentiments à un avec ce vocabulaire, il est difficile de ne pas parler des choses viles. Clairement il y a beaucoup plus de mots qui n'apparaissent pas dans le seigneur des anneaux.
Shar-kûk de krimp d'ishi de goutte d'Uruk.
L'Orc lie tous vieux hommes dans les ordures.
Uruk-sac de sha d'olog-hosh de gimb d'ishi de ronk de Nazgûl.
Le Ringwraith trouve les entrailles de troll et le fumier d'Orc dans le puits.
Shar-gûl thrak-a creusé le nazg.
Le vieux wraith apporte l'anneau.



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# Posté le mercredi 25 juillet 2007 15:34

Modifié le jeudi 26 juillet 2007 15:31

Kuzdhul

Kuzdhul
Les Cirth ont été créées par les Sindar. Les séries 13-17 et 23-28 apparaissent quand les Noldor d'Eregion crééent le système actuel, tandis que celles numérotées 37, 40, 41, 53, 55 et 56 sont des additions faites par les nains de la Moria. Les nains d'Erebor ajoutèrent les 57 et 58. Les Cirth Nains plus tardives, les Angerthas de la Moria, incluent les nouvelles formes et utilisent des sons modiviés, représentés ici après le tiret.
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# Posté le jeudi 26 juillet 2007 14:36

Kuzdhul02

voici l'aphabet Kuzdhul:

Kuzdhul02
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# Posté le jeudi 26 juillet 2007 14:43

Modifié le jeudi 26 juillet 2007 15:03